Où suis-je ?

En consultant cette page, vous pourrez savoir dans quel pays je me trouve et avoir ainsi de mes nouvelles. Durant mes voyages, à l'aide de mon petit ordinateur portable, j'essaye de la mettre à jour au moins une fois par semaine…
Vous pouvez aussi m'envoyer un message (cliquez en bas de page sur " N'hésitez pas à me contacter "), cela me fera toujours très plaisir.



22/04/18

Au Népal du mercredi 18 au mardi 24 avril 2018 (huitième semaine) :

Mercredi 18 : Pour une fois, je me repose correctement, jusqu’à 7H. Il fait beau. C’est le dernier jour, le neuvième, de Bisket Jatra. Après une bonne douche chaude, je travaille tranquillement et suis à jour à 10H. Peu après, avec Ghislaine, nous rejoignons la place des potiers, noire de monde, et grimpons au troisième étage du café des potiers. A peine sommes nous arrivés que nous voyons vaciller le mât/lingam qui s’écroule ave grand bruit. A se demander comment les gens ont pu s’écarter au dernier moment pour ne pas être blessés ! En tout cas, ils se précipitent pour récupérer une des branches attachées au mât : elles portent bonheur.

Tout le monde s’éparpille et nous passons à la boutique de Shyam où je discute avec Bishesh et son père. Sushant m’y rejoint pour m’apprendre que finalement je ne peux déposer plainte à Bhaktapur pour le vol de mon téléphone, il me faut aller à Katmandou. La guigne, je suis un peu découragé ! Nous passons alors chez Rajani, elle n’est pas là mais me rejoindra à Katmandou. Et, le hasard fait bien les choses, je rencontre là Karan, que j’essayais justement de joindre. Il m’accompagnera à Katmandou alors que Ghislaine, de nouveau fatiguée, reste se reposer.

Jeune Newar, Bhaktapur  Abattage du mât/lingam, Pottery Square, Bhaktapur  Karan, Katmandou

Après un arrêt chez le photographe, où je récupère une trentaine de photos pour mes amis, je gagne donc, avec Karan, le terminal de bus du Sida pokhari. Pas trop mal installés heureusement, il nous faut tout de même une heure et demie de bus pour rejoindre Katmandou dans les embouteillages. Nous retrouvons Rajani assez facilement et, après 15 mn de marche, nous voilà au bureau de police touristique. Bon accueil. En une demi-heure tout est bouclé, j’ai déposé plainte pour les deux téléphones, le mien et celui de Rajani. On m’appellera si on les retrouve (je n’y crois guère) ; dans le cas inverse, après un mois, je recevrai par courriel le rapport de police.

Il est déjà 15H et nous déjeunons juste en face de momos et riz frit. Puis, à la station de bus, Rajani part d’un côté pour rejoindre la maison d’un oncle maternel tandis qu’avec Karan nous regagnons Bhaktapur en 45 minutes seulement. Marche jusqu’à ma guesthouse, il fait chaud et je suis fatigué.

Nous ressortons un peu plus tard avec Ghislaine pour aller voir la dernière bataille de chariot. Assez bien placé. Une équipe d’hommes tire d’un côté, une autre de l’autre, le chariot bouge peu mais finit par disparaître au coin d’une rue, en heurtant une maison avec son tout qui se disloque (vidéos : https://youtu.be/q9xgRWBVjkM et https://youtu.be/h9JSuJ8gWTA)

Après 45 minutes bousculés par la foule, nous rentrons. Travail. Je ressors tout seul vers 20H pour manger des momos.

Tirage du chariot, Bisket Jatra, Bhaktapur  Le chariot, Bisket Jatra, Bhaktapur

 

Jeudi 19 : Couché tôt (22H30), levé tôt (5H30) : l’avenir m’appartient ! C’est mon 300ème jour au Népal (en comptant mes huit voyages cumulés).

Aujourd’hui, après les derniers jours de fête, c’est encore la fête chez les Newars, le Dukupuja (qui signifie rituel des chèvres) : sacrifice de la chèvre (ou bouc) au temple, puis repas familial avec la famille élargie. En partant prendre notre petit-déjeuner nous croisons beaucoup de Newars en habit de fête ; les fillettes, notamment, sont très belles.

Sur la place Taumadhi trône le grand char à la mine dépitée : il a perdu une partie de sa toiture dans le combat d’hier soir (je ne sais pas à quelle heure il s’est terminé).

Travail dans ma chambre où Karan et Bijesh me rejoignent puis repartent inscrire Karan au permis de conduire voiture. Restaurant avec Ghislaine : momos et hamburger pour moi. 

Le chariot après la bataille, Bhaktapur  Fillette Newar, Bhaktapur  Fillettes Newar, Bhaktapur

Rajani me rejoint en milieu d’après-midi à la boutique du père de Bijesh. Là, avec la maman et la sœur de Bijesh, nous discutons des études à venir de ce dernier, qu’ils sont incapables de payer : il veut étudier « hotel management ».

Plus tard, Hari, Nirajan et Anoj passent me voir. Hari récupère un sac où se trouvent nos affaires pour le village où il se rend demain en bus, alors que nous irons, Ghislaine et moi, en kayak. Cela nous rend ben service.

Il se met à pleuvoir. Restaurant à quatre, avec Hari et Nirajan : daal bhaat à un euro chacun ! De retour à la guesthouse, les propriétaires nous donnent de la nourriture, dont du bouc (très fort) et du yaourt. Mais nous sommes déjà rassasiés ! Plus tard c’est Bijesh qui arrive avec de la viande de chèvre. C’est gentil !

Je suis crevé ce soir… Le stress…

Dans la rue, Bhaktapur  Masques, Bhaktapur

 

Vendredi 20 : Je me lève de bonne heure, il fait déjà jour et plutôt beau. J’essaye de manger un peu de viande de bouc d’hier soir mais n’y arrive pas, c’est beaucoup trop fort. Mon gros sac, que je laisse ici, est bouclé et, avec mon petit sac et Ghislaine, je quitte ma guesthouse vers 6H45.

Nous arrivons sur la grand-route en avance, le bus réservé au kayak et rafting nous récupère à 7h30. Chandra, notre accompagnateur, nous présente Bikram qui aidera Ghislaine à descendre en kayak. Nous sommes bien installées. A l’arrière du bus chante un groupe de jeunes qui part faire du rafting pour la journée.

Après Banepa et Dhulilkhel le bus prend à gauche vers le nord. Arrêt petit-déjeuner vers 8H30 (les chauffeurs de bus ne peuvent s’empêcher de faire des stops pour manger, le repas leur étant offert si certains passagers mangent aussi).

Puis continuation jusqu’à Dolalghat où nous arrivons vers 9H30. Les quatre kayaks sont déchargés du toit du bus qui continue sa route avec les jeunes. Nous nous baladons un peu dans ce petit village typique. Restaurants et poissonneries, la rivière doit être poissonneuse. Nous la prenons en photo du pont qui le surplombe. Pendant ce temps Chandra et Bikram déjeunent de nouveau ( ! ) puis descendent le matériel sur la plage. 

A Dolalghat  Poissons, Dolalghat

A 10H15 nous sommes au bord de la Sunkoshi, emballons nos affaires dans des sacs étanches, essayons les kayaks et nous équipons avec jupe, casque et gilet. Vous le savez, dès qu’il y a une femme dans un groupe, le temps de préparation s’allonge à l’infini.

Il est 11H lorsque nous embarquons, couvert de crème solaire bien entendu. Le soleil tape vraiment, il fait au moins 30 degrés. Je me suis baigné juste avant de partir, je n’en pouvais plus (non, ça n’a pas retardé le départ).

Mon kayak n’est pas très stable, contrairement à ceux que je possède à Niolon. La position de mes jambes est un peu difficile à tenir, ça tire un peu, surtout sur mon genou.

La rivière, ocre de terre et de sable, est trop calme par endroit et trop rapide à d’autres. D’ailleurs, par sécurité, nous passerons d’ailleurs deux rapides à pied par un chemin la longeant. 

Préparation à la descente de la Sunkoshi River, Dolalghat  Ghislaine, descente de la Sunkoshi River

Ghislaine a très peur de la vitesse et passe tous les rapides accrochée au kayak d’un des accompagnateurs. Quant à moi, je me retourne bêtement à la fin d’un rapide, n’arrive pas à me remettre hors de l’eau et m’affole un peu pour décrocher la jupe qui me tient au kayak. Je m’en sors finalement, après avoir bu la tasse et perdu mes belles lunettes de soleil. Totalement essoufflé par l’effort fourni, épuisé même, je me raccroche au kayak de Bikram venu à mon secours. Du temps pour retrouver mes esprits. Il faut alors accoster et vider mon embarcation. Je me retournerai une seconde fois plus tard mais me décrocherai plus vite.

La navigation nous semble longue, Ghislaine en a marre au bout de deux heures, moi je tiens le coup mais fatigue aussi, d’autant plus que la descente est monotone et les paysages sans grand intérêt. Mais il faut bien continuer…

Enfin, soulagement, voici Lubughat. Il est 16H40, nous avons donc pagayé plus de cinq heures et demi.

Certains gamins du village, avertis par Hari et Nirajan, guettent notre arrivée. Cet accueil me fait plaisir. C’est vraiment fourbu que je sors du kayak. Mal de partout éraflé sur une jambe (toujours la même). Les enfants nous aident à monter les kayaks et le matériel plus haut, à l’abri. Bon point : nos affaires sont restées au sec ! 

Didier, descente de la Sunkoshi River  Moulin à eau, descente de la Sunkoshi River

Nous gagnons le village, en saluant les habitants que je connais, et gagnons la guesthouse. Je m’installe dans ma chambre habituelle, Ghislaine dans celle mitoyenne. Confort très rudimentaire comme vous le savez déjà. J’explique à ma compagne les habitudes et règles de vie du village.

Un peu de repos malgré l’excitation des jeunes autour de nous. Notre hôtesse mettant malheureusement deux heures à préparer notre daal-bhaat je suis prêt à me coucher sans manger. Dès que je m’allonge on m’avertit que c’est prêt. Dernier effort de la journée, je n’ai plus vraiment faim. Diner avec Hari, Nirajan et un autre jeune.

A 21H, je suis couché et dors déjà. Je vieillis…

Descente de la Sunkoshi River   Arrivée en kayak à Lubughat

 

Samedi 21 : Réveil vers 5H30 après une bonne nuit, mais j’ai encore mal un peu partout. Il paraît que j’ai ronflé (mais beaucoup moins fort que son mari, dixit Ghislaine). Petit-déjeuner local, (omelette, curry de pommes-de-terre, thé au lait et sel (beignet) en compagnie de six gamins du village (moins de 5 euros pour huit personnes).

Chandra, qui est originaire de Lubughat, et Bikram nous rejoignent vers 8H, nous avons en effet convenu dans notre forfait d’une demi-journée d’apprentissage de kayak pour les jeunes du village. C’est Nirajan et Hari qui se sont occupés de les prévenir. A 9H nous sommes au bord de la rivière, les jeunes, tout excité, y ayant redescendu le matériel. 

A Lubughat  Kayaking pour les jeunes, Lubughat

Durant trois heures, ils se succèdent plus ou moins longuement ; environ 25 d’entre-eux, âgés de 12 à 25 ans, profitent de cette opportunité (aucune fille n’est venue). Casque sur la tête et gilet de sauvetage de la taille aux épaules, ils vont pagayer à tour de rôle. Seuls les plus grands mettent la jupe, les autres n’en ont pas besoin. L’endroit choisi est calme, le courant peu fort. Trois kayaks seulement sont utilisés, le quatrième restant à disposition en cas de problème. Mais, heureusement, il n’y en aura aucun.

En tout cas, la plupart des garçons apprécient et semblent très heureux ! Mais le plus heureux, je crois, c’est moi !

Il fait une chaleur incroyable ce matin, pas un brin d’ombre, je cuis mais préfère rester là par sécurité. A midi, les instructeurs s’en vont par la rivière jusqu’à Nepalthok, accompagnés de deux jeunes qui reviendront à pied ; de là ils prendront un bus pour Katmandou. 

Kayaking, Lubughat  Kayaking, Lubughat

En remontant, je me lave la tête à la fontaine du village, que ça fait du bien cette eau fraiche sur le crâne ! Déjeuner de momos puis sieste de plus d’une heure dans ma chambre de tôle trop chaude. Presque un four… Je rêve d’un ventilateur et d’une boisson glacée !

Vers 16H, lorsque le soleil passe derrière la montagne nous partons nous promener le long de la rivière. Ghislaine est suivie de quelques fillettes (qui m’évitaient quand j‘étais seul). Personne ne travaille au sable aujourd’hui. Moment de tranquillité, rare ici.

Puis nous grimpons au village majhi que je veux faire connaître à Ghislaine. Belles rencontres, nous sommes invités un moment dans la cour d’une maison. Puis redescente à Lubu et retour à la guesthouse où je travaille une bonne heure sur mes photos avant de diner de chowmein (sept à table).

Puis je continue mon travail, je suis pratiquement à jour mais impossible de me connecter à Internet alors que j’y arrivais, difficilement il est vrai, un mois plus tôt. Je perds beaucoup de temps et me couche vers 22H.

Kayaking, Lubughat  Ghislaine et ses jeunes amies, Lubughat

 

Dimanche 22 : Bonne nuit mais réveil vers 5H30 : bruit infernal sur la piste devant, je ne sais ce que c’est (pelleteuse ?). En l’espace d’un mois, des trous ont été creusés en trois endroits du village pour les fondations de nouvelles habitations. Si je reviens ici dans un an ou deux, je risque de trouver beaucoup de choses changées et l’électricité aura peut-être été branchée, qui sait ?

Après le petit-déjeuner, plusieurs essais infructueux d’Internet. Aujourd’hui c’est l’heure des cadeaux : après avoir acheté pantalon et chemise à deux gamins du village à Bhaktapur, je continue les achats ici. Mais c’est beaucoup plus cher, évidemment (le transport) ! Douze autres enfants et adolescents sont équipés aujourd’hui. La plupart portaient toujours les vêtements que je leur avais achetés en 2016 (en dehors de l’uniforme scolaire ils n’en ont pas d’autres) ! Vos imaginez leur joie. Mais tout le plaisir est pour moi. 

Quelques-uns des enfants nouvellement habillés, Lubughat  Un enfant joue, Lubughat

Puis je pars à la rivière me raser et faire ma toilette. Ghislaine m’y rejoint une demi-heure plus tard, guidée par quelques gamins. Retour à l’heure du déjeuner. Momos de poulet, comme hier : ils sont si bons ici !

Je dormirai bien, mais impossible de rester dans ma chambre avec cette chaleur. Aussi décidons-nous d’aller vers la rivière. Nous nous arrêtons au commerce de chaussures de  Nanimaya, la maman de Nirajan, et finalement restons là plus d’une heure.

 

Ne vous inquiètez pas, tout va bien, mais je suis dans un village où Internet ne fonctionne guère. A bientôt...

 


 

 
17/04/18

Au Népal du mercredi 11 au mardi 17 avril 2018 (septième semaine) :

Mercredi 11 : Réveil de bonne heure. Vers 7H nous partons, Ghislaine et moi, prendre notre petit-déjeuner local ; Ghislaine n’apprécie pas trop. Puis, sur la place Taumadhi, occupée par les vendeuses de légumes, nous observons les gens venir se prosterner au temple et/ou offrir des donations à des gamins qui se trouvent à la proue du grand chariot. Puis nous assistons pendant un quart d’heure au déplacement de ce dernier. Tout un art pour le faire tourner… ( voir ma vidéo https://youtu.be/7-N-W2vrsPw )

A la recherche d’un ATM pour Ghislaine : la plupart sont fermés où ne fonctionnent pas ; nous allons très loin pour en trouver un. Du coup je montre à Ghislaine les deux pokharis proches, Guhya et Sidda. Puis retour à l’hôtel.

Bijesh et Bibek viennent récupérer Ghislaine pour lui faire une courte visite de la ville en deux heures, dont elle reviendra enchantée. Quant à moi, resté dans ma chambre, je fais quelques courriers et bouquine. Courte visite de Bishesh.

Offrandes à Bhairav, place Taumadhi, Bhaktapur  Le grand chariot, place Taumadhi, Bhaktapur

Vers 13H45, Sushant arrive nous prendre, nous allons déjeuner chez ses parents, dans leur nouvelle maison remplaçant le baraquement en tôle ondulée que je leur avais offert après le tremblement de terre et la perte de leur appartement. Il châle d’abord Ghislaine, sur la moto d’un ami, puis revient me chercher un quart d’heure plus tard. La maman a préparé un petit daal bhaat au buffle, assez simple mais bon. Nous goûtons la bière de riz, puis un alcool de riz plus fort ; je n’aime pas. Quant à la maison de briques, bâtie au milieu de champs, elle est assez grande, trois pièces dans une cinquantaine de m². Nous en repartons vers 16H, à pied car nous voulons un peu marcher et regarder les alentours. Mais j’ai vite quelques douleurs au genou. Une demi-heure plus tard, nous sommes place Taumadhi où nous avons rendez-vous avec Rajani, puis Roshani et Janani. Ghislaine leurs offre quelques vêtements.

Diner de momos. Aucunes nouvelles du sac de Ghislaine. A 20H30 nous sommes dans nos chambre respectives. Je suis assez fatigué ce soir mais travaille encore jusqu’à 23H passé.

Famille de Sushant et Didier, Bhaktapur  A la campagne, Bhaktapur

 

Jeudi 12 : Encore une courte nuit, il faut que je me couche plus tôt car je suis réveillé tous les matins par la cloche vers 4H30 (je ne parle pas de Ghislaine, je parle de la cloche à l’entrée du petit temple en bas de ma guesthouse). En fait, moi qui ai l’habitude d’être libre, de faire ce que je veux quand je veux ou je veux (un peu comme la CGT mais sans emmerder le monde), je me sens responsable de mon amie et, blessé, ne peux pas faire avec elle tout ce que j’avais prévu. Ce me perturbe, beaucoup, beaucoup…

Nous allons cette fois prendre un petit-déjeuner continental dans mon ancienne guesthouse. Ghislaine préfère, mais il n’y a évidemment pas l’ambiance locale de mon boui-boui (ni les mêmes tarifs…). Puis nous partons nous promener, d’abord place Taumadhi, toujours aussi vivante, où le chariot repose un peu plus bas, puis en direction de l’est. Arrêt chez mon Indien préféré pour déguster un verre de jus de canne à sucre, un délice pour moins de 0,50 €. C’est la première fois que Ghislaine en boit et elle se régale, me dit-elle. 

Dans la rue, Bhaktapur  Un couple sympathique, Bhaktapur

Nous continuons par la visite rapide d’un temple bouddhiste de style newari, le Mangal dharam deep mahavihar. D’autres temples jalonnent notre chemin (il y en aurait plus de 2 000 à Bhaktapur). Autre arrêt pour visiter le temple de Dattatraya, qui siège sur une grande place. Deux gamins d’une douzaine d’années nous approchent pour nous donner des explications mais surtout pour nous demander de l’argent (lorsque je refuse, ils s’en vont…)

Fabrication de jalebis, Bhaktapur  Dieux hindous, temple de Dattatraya, Bhaktapur

Vers 10H30, après 3 km de balade environ, nous arrivons enfin au temple de Brahmayani, celui où se déroule en autome la fête de Dashain, la fête du nouvel an newari. Sacrifices. Un buffle sacrifié est recouvert de paille puis brûlé pour enlever les poils avant de préparer la comida. Un enfant s’amuse à tirer la langue de la tête du buffle sacrifié, qui repose devant le temple. Ghislaine découvre le vrai Népal…

Temple de Brahmayani, Bhaktapur  Sacrifice d'un poulet, temple de Brahmayani, Bhaktapur

J’appelle le service bagages de l’aéroport, le sac de Ghislaine est arrivé cette nuit (ils auraient dû m’appeler !). Comme ils ne livrent pas, nous prenons de là un bus pour l’aéroport. Que de temps perdu (et de fatigue pour moi qui devrais me reposer !). Le sac est là, propre, ok. Il est déjà 12H30 et nous déjeunons d’un excellent Chowmein dans un restaurant choisi au hasard sur l’avenue principale. 

Enfant à la tête de buffle, temple de Brahmayani, Bhaktapur  Avec Ghislaine dans le bus pour l'aéroport, Bhaktapur

Puis retour en bus jusqu’à Bhaktapur. Raccourci pour rejoindre notre guesthouse et nous tombons, toujours par hasard, sur une petite place où ont lieu des sacrifices. Nous y restons une heure et Rajani vient nous rejoindre. Sacrifice d’un poulet et d’un jeune buffle. C’est épouvantable mais il faut bien y assister, cela fait partie des traditions du Népal. Bon, nous avons la même chose en France : corridas et boucheries halal. Le pire ce sont les habitants qui rient et chahutent, surtout les nombreux enfants. Vidéo sur https://youtu.be/Q-CwvpopRPE (âmes sensibles s’abstenir !)

Face à la maison de la femme de Bhairav, Bhaktapur  Sacrifice d'un buffle, Bhaktapur

Retour à notre guesthouse vers 16H15. Ghislaine repart avec Rajani. Je n’ai pas le temps de me reposer, travail sur mon ordi. Je suis crevé, sommeil. Mais ce soir nous sortons ! Vais-je tenir ce rythme ? Nous sommes invités à diner dans la famille de Rajani et nous y rendons vers 19H. Tous sont là : les parents (Narayanprasad et Ranjana) et les trois sœurs (Rajani, Roshani et Janani) ; seul manque Tej Ram (évidemment, il étudie à Paris).

Accueil de Didier, chez Rajani, Bhaktapur  Baji de poulet, chez Rajani, Bhaktapur

Accueil chaleureux, bénédictions, remise du tika et cérémonie de l’œuf et du poisson durant laquelle, pour ne pas tenter Ghislaine, l’alcool de riz est remplacé par du Coca. Elle, qui connaît bien Tej Ram, est très émue par cet accueil, elle ne pleure. Puis nous dinons d’un baji, des flocons de riz battu séché accompagné de différents légumes et de poulet. C’est excellent mais un peu épicé (cette fois c’est moi qui ai les larmes aux yeux). Notre main droite sert de couvert.

Rajani et Roshani nous raccompagnent jusqu’à notre guesthouse vers 21H30.

Travail jusqu’à 23H passé mais, fatigué, je n’avance pas… (je m’étais promis de me coucher tôt !). Au fait, pour ceux qui s’étonnent de me voir en photo toujours avec le même pull-over : je n’en ai qu’un, mais j’essaye tout de même de le laver une fois par mois.

Accueil de Didier, chez Rajani, Bhaktapur  La famille, chez Rajani, Bhaktapur

 

Vendredi 13 : Jour de chance ? En tout cas, ici au Népal, dernier jour de l’année 2074 et quatrième du Bisket Jatra.

Toujours fatigué, je n’arrive pas à me reposer, à récupérer. Travail jusqu’à 8H, sans terminer, puis petit -déjeuner au boui-boui (Ghislaine s’habitue, elle n’est pas difficile. D’ailleurs, pour venir me rejoindre ici, il ne faut pas être difficile). Puis tour sur la place Taumadhi où les gens affluent près du chariot pour les offrandes. Nous rejoignons Pottery Square (la place des potiers) où doit être dressé le premier mat. Sushant nous a dit d’y être à 8H30 : or, rien n’est prêt ! Renseignements pris, cela devrait avoir lieu à 11H30 !

Petite balade, le marché bat son plein (comme chez nous pour le nouvel an). Je vois même des Jean’s pour enfants à moins de 4 euros ! Achat de quelques bananes pour Ghislaine (je ne sais pas ce qu’elle fait avec !). Puis nous retournons à la guesthouse où je peux un peu continuer mon journal de bord durant deux heures.

Marchands de ballons, Bhaktapur  Petit chariot de Bisket Jatra, Bhaktapur  Jeune vendeur, Bhaktapur

Lorsque nous revenons à la place des potiers un peu avant 11H, la foule est si dense que nous avons du mal à nous frayer un chemin pour rejoindre le Pottery’s Café où se trouve une terrasse, au quatrième étage, surplombant la place. La levée du mât (qu’on appelle ici lingam, le symbole du sexe de Shiva, signe de fertilité) est commencée, mais ce n’est que vers midi et demie qu’il sera enfin droit, si l’on peut dire… Les gens utilisent des cordes et des trépieds pour cela mais il n’y a pas assez de profondeur de champ, donc ce travail est difficile. Bon, évidemment, si je les aidais, ça irait beaucoup plus vite (mais avec mon problème de jambe, restons sérieux !). La sécurité n’est pas du tout assurée, la foule se tient en partie sous le mât. Si ce dernier s’effondrait ou se cassait, ce serait un très mauvais présage pour l’année à venir, un signe de malchance ; surtout pour ceux qui se trouveraient en-dessous ! Mais cela ferait sans aucun doute de belles photos, non ? Ce rouge sang mélangé aux diverses couleurs, ces cris… oui, vous avez raison, une vidéo serait beaucoup plus adéquate. La seule que j’aie pu prendre est celle-ci, forcément moins réussie : https://youtu.be/JgmRnZKna2s

Montée du mât, Pottery Square, Bhaktapur  Montée du mât, Pottery Square, Bhaktapur

Une fois le mât levé à la verticale, des jeunes grimpent par les cordages et mettent des billets dans le nœud ou en jettent dans la foule. Personne ne s’écrase, mais qu’y faire ?

Ghislaine et moi allons déjeuner ensuite au Purple Love. Elle veut continuer son apprentissage de la cuisine népalaise et principalement newari. Nous prenons un chattamari (la galette-pizza) et un bara (genre d’omelette à la pâte de lentilles). Elle aime bien (mais sera malade en fin d’après-midi). Nous entrons ensuite à la guesthouse prendre deux heures de repos puis ressortons vers 15H30 pour la suite des cérémonies de ce quatrième jour de Bisket Jatra. Mais le chariot qui doit être tiré en descente jusqu’à la place Yoshingkel vers 16H n’est pas prêt. Renseignements pris, ce sera à 17H. OK, c'est noté.

Foule, Pottery Square, Bhaktapur  Jambes d'un buffle sacrifié, Bhaktapur

En attendant, nous allons alors nous balader jusqu’au Sida pokhari, le plus grand bassin, sacré, de Bhaktapur, que Ghislaine connaît déjà. Sur le chemin, je m’achète aussi une ampoule plus puissante pour éclairer mon lit (lecture) mais, comme je l’apprendrai ce soir, je la paye trois fois son prix (je m’en doutais un peu) !

Lorsque nous revenons à l’heure dite à Taumadhi, ô désespoir ! le chariot n’est plus là. Nous avons raté la plus spectaculaire partie du festival et je m’en veux terriblement (pour Ghislaine, moi j’ai déjà vu cela à deux reprises) ; je sais pourtant que les horaires népalais sont très flexibles.

Sida pokhari, Bhaktapur  Barbe à papa, Bhaktapur

Nous rejoignons alors, parmi la cohue, la place Yoshingkel où l’on commence à monter le second mât-lingam, encore plus grand et en forme de croix. Autour du char, les gens se font bénir par les deux prêtres présents, habillés de blanc et la tête couverte d’une coiffe rouge.

Ghislaine étant malade et moi vraiment très fatigué, à bout de force même, nous préférons rentrer, car cela risque de durer longtemps ; et, en effet, le mât sera hissé presque trois heures plus tard, vers 19H45 seulement, j’entendrai les cris de joie de la foule depuis ma chambre. Mais au moins j’aurais pu un peu me reposer (tout en travaillant) en attendant Bijesh chez qui nous sommes invités à diner ce soir pour le réveillon du jour de l’an.

Montée du mât, Pottery Square, Bhaktapur  Jeunes courageux, Pottery Square, Bhaktapur  Prêtre sur le chariot, place Yoshingkel

Celui-ci arrive à 20H, avec une heure de retard. Ghislaine, bien fatiguée, s’est déjà couchée, c’est dommage. Moi je fais un effort d’autant plus que c’est la première fois depuis cinq ans que je les connais que je suis invité chez eux ; en fait Bijesh, qui est pauvre et très (trop) fier, a honte de sa maison qui, pourtant, est plutôt correcte d’après les normes népalaises (il a même sa propre chambre de 5 m²).

La maison a quatre étages étroits, reliés par des escaliers pentus, presque des échelles, comme chez Rajani et la plupart des maisons ici (gain de place). A premier et second étage, une petite chambre (Bijesh et, au-dessus, sa grande sœur Bizeshna) ; au troisième la cuisine et salle à manger, bien plus grande et, encore au-dessus un grenier ; les parents ont une chambre avec leur dernier fils Bishesh (quelle originalité !) dans la maison d’à côté (tout appartient en fait à l’oncle, assez fortuné) ; toilettes dans la cour et douche extérieure dans le jardin ; bref, maison typique de Bhaktapur. Mais elle a souffert du séisme, murs fendus ; ils ne pourront pas y habiter longtemps, il faudra bien la réparer ou peut-être même la reconstruire un jour).

Bon accueil bien entendu, tika que m’appose la maman, bénédiction, collier de fleurs, etc… Le repas, comme hier soir, et un baji copieux, non pimenté cette fois, accompagné de deux viandes de buffle cuisinée différemment et de poulet. Le baji est le repas de fête typiquement néwari. Seul Bishesh est absent, fêtant le réveillon ailleurs.

Bijesh me raccompagne jusqu’à la guesthouse vers 21H40 avant d’aller faire la fête avec ses amis, normal à son âge. Quant à moi, une demi-heure plus tard, je dors. Pas de force pour travailler ce soir…

Bijesh et ses parents, Bhaktapur  Baji, chez Bijesh, Bhaktapur

 

Samedi 14 : Happy New Year 2075 ! Eh oui, aujourd’hui commence la nouvelle année au Népal. Sur ce point, ils sont bien en avance sur nous ! Pour comprendre, il faut savoir que quatre calendriers ont cours au Népal : le calendrier national népalais (Bikram Sambat) qui est lunaire et dont on souhaite la nouvelle année aujourd’hui ; le calendrier néwari (Nepa Sambat), lui aussi lunaire, dont le jour de l’an est en automne ; le calendrier tibétain (utilisé par l’ethnie Sherpa) ; et enfin le calender grégorien, le nôtre, qui n’est utilisé qu’en relation avec l’étranger. C’est un peu compliqué, non ?

Je me suis bien reposé cette nuit, je vais mieux (heureusement !). Et il fait beau ! De ma chambre je peux apercevoir le sommet du mât-lingam de la place Yoshingkel.

A 7H30, avec Ghislaine, qui va mieux aussi bien que toujours barbouillée (depuis le temps que je lui dis qu‘elle devrait se débarbouiller !), nous allons prendre un frugal petit-déjeuner en face du supermarché : un café au lait et une tranche de pain de mie brioché. Et nous faisons là une sympathique rencontre : une famille de cousins de Rajani qui me reconnaît !

Cousins de Rajani et Tej Ram, Bhaktapur  Sur la place Yoshingkel, Bhaktapur

Après quelques courses au supermarché, nous nous rendons par la place Taumadhi jusqu’à la place Yoshingkel. Que de monde dans la descente, sur la place et aux alentours ! Offrandes et sacrifices de poulet, effectués par des adolescents, sur le grand char. Offrandes et sacrifices dans les temples. Orchestre de rue. C’est assez fascinant de voir cette foi, ces croyances ancestrales toujours aussi vivantes et qui les aident sans doute à vivre et à supporter leur condition.

Retour à la guesthouse vers 9H. Des orchestres de rue défilent, suivis de familles, et ce sera ainsi toute la journée un peu partout en ville ( https://youtu.be/197Qh5g_r9Y ).

Rajani nous rejoint et emmène Ghislaine se promener, c’était prévu, tandis que je reste pour reposer un peu mes jambes (mais, en fait, non, je passe ma matinée assis devant mon ordinateur). Elles s’en vont vers 9H30 et reviennent à 13H avec quelques fleurs de rhododendrons après avoir mangé un morceau. Où j’apprends que Ghislaine, arrivée au sommet d’une colline, s’est évanouie (zut, j’ai raté un bouche-à-bouche !). Bon, maintenant elle va mieux et rentre ravie de sa balade.

Sacrifices sur le grand chariot, Bhaktapur  Grand chariot, place Yoshingkel, Bhaktapur  Sur la proue du petit chariot, place Yoshingkel, Bhaktapur

Quant à moi, je pars déjeuner avec deux jeunes du village venus me souhaiter la bonne année. Chowmein correct dans un minuscule restaurant situé tout près. Puis je reviens dans ma chambre et continue mes textes.

Vers 16H30 nous descendons par des rues fort encombrées jusqu’à la place Yoshingkel et nous faufilons dans la foule jusqu’à un endroit assez bien placé pour faire des photos (l’idéal aurait été de connaître l’un des habitants d’une maison encadrant la place). Et, debout, l’attente commence. 40 minutes plus tard, sous de grandes ombrelles vertes et rouges, arrivent les prêtres. Vers 18H20, enfin, des gens commencent à tirer sur le mât qui, après avoir vacillé plusieurs fois, finit par s’écraser à 20 mètres de nous dans un nuage de poussière ( https://youtu.be/iIuljtbnbxU ). Il ne s’est pas brisé, l’année sera bonne. La foule hurle. De nombreux spectateurs, qui se sont retirés au dernier moment pour ne pas se faire écraser, se précipitent alors pour recueillir des feuilles, porte-bonheur, du haut du mât. La folie !

Orchestre de rue, place Yoshingkel, Bhaktapur  Mât-lingam, place Yoshingkel, Bhaktapur  Bhairav sur le grand chariot, Bhaktapur

Aussitôt d’autres personnes s’attellent aux cordes du grand chariot et tirent, tirent, pour le faire remonter jusqu’à la place Taumadhi ; ça va grimper ! ( https://youtu.be/uHh0pYay5NI ). Nous nous frayons parmi les milliers de gens pour rejoindre la rue qui monte à notre guesthouse. Il est de plus en plus difficile de se balader à Bhaktapur à cause de la multitude de motos (aucun trottoirs) ; mais là, même sans les motos, on fait presque du sur-place.

Quelques minutes dans nos chambres avant de repartir pour rejoindre la maison de Rajani après un arrêt au supermarché. Nous sommes de nouveau invités à diner. Le baji, que Rajani a entièrement cuisiné, est vraiment excellent ! Bravo ! Après le repas, Rajani fait visiter l’autre pèce de la maison, au premier étage (la cuisine/salle à manger étant au quatrième, les second et troisième étages étant habités par d’autres familles). Nombreuses photos de moi (oui oui !). Pus Rajani et Roshani nous raccompagnent jusqu’à la guesthouse, avec un détour pour la place Taumadhi où le grand chariot est en train d’arriver (il est 21H30 !). Travail jusqu’à 23H30.

Arrivée des prêtres, place Yoshingkel, Bhaktapur  Chariot et offrandes, Bhaktapur  

 

Dimanche 15 : Réveil trop tôt, à 5H15. Tout ça parce que je n’ai pas fini mon travail hier soir, ça me perturbe !

En ce sixième jour de Bisket Jatra la fête est en partie délocalisée à Thimi et Bode, deux villages à l’ouest de Bhaktapur (et cela risque d’être fatigant à cause de l’attente). A 7H30, Ghislaine et moi nous rendons sur la place Taumadhi, où le marché bat son plein tandis que les offrandes affluent près du chariot (enfin remonté), puis petit-déjeuner.

Le grand chariot, Bhaktapur   A Thimi

A 8H, Rajani nous rejoint. Nous gagnons ensemble la route principale (Banepa-Katmandou) pour prendre un bus et choisissons finalement un taxi (deux euros) pour rejoindre Thimi. A l’arrivée, beaucoup de monde grimpe au village, orchestres aussi. Nous croisons des gens recouverts de poudre orange (faites à partir de briques concassées, paraît-il) : c’est que la fête de Sindur Jatra bat déjà son plein.

Vidéos : https://youtu.be/WHDCBqH1j5A   https://youtu.be/_51SKl_PDM8 

Festival à Thimi  Festival à Thimi

Sur une place de Thimi, des groupes de musiciens et d’hommes (surtout) déambulent autour d’un temple en portant un genre de chaise à porteurs contenant un petit temple de Ganesh, le dieu à tête d’éléphant, et en envoyant de la poudre orange. Cette foule, qui bouge et bouscule, est fascinante (bien que j’aie peur de la foule et que je doive faire attention à ma jambe convalescente).

Les touristes sont une cible de choix : on aime les barbouiller de couleur (nous avons mis des vêtements qui craignent peu). Cible de choix aussi pour les pickpockets : il y a trois ans je m’étais fait dérober mon argent et, aujourd’hui, rebelote, mon iPhone 6 disparaît de ma poche sans que je ne m’en aperçoive ! Je me maudis : comment ne l’ai-je pas mieux protégé ? Je le prends très mal et ma journée est gâchée.

Festival à Thimi  A Bode (photo Ghislaine)

Depuis que je suis au Népal, la malchance me poursuit :

- mon guide habituel me lâche deux jours avant mon trek

- je me fais une entorse du genou, avec épanchement de Synovie, le premier jour de mon trek

- je suis obligé de renoncer à ce trek au bout de trois jours (800 euros de perdu !)

- je tombe malade, grosse crise de foie durant trois jours

- je casse le téléphone d’un ami et dois lui remplacer (120 €)

- je heurte un pilier sur le trottoir : plaie et jambe gonflée, hôpital, traitement insuffisant

- dix jours plus tard, on sauve ma jambe après trois jours d’hospitalisation (et ce n’est pas fini…)

- du coup je dois acheter un billet d’avion pour revenir à Katmandou

- et, aujourd’hui, au festival de Thimi, on me dérobe mon iPhone 6 plus (plus de 1000 euros), dont j’ai besoin ici.

Quand ça va mal, ça va mal…

A Thimi  Festival à Thimi  Jeunes tisserands, Thimi

Renseignements pris, il me faut redescendre déposer plainte au poste de police sur la route. Mais des policiers nous indiquent qu’il faut aller à Katmandou, à 45 mn, dans un service spécial avec le n° de série de l’appareil, que je n’ai pas. J’abandonne ; de toute façon ça servirait à quoi ? Rajani a appelé mon numéro, il est déjà déconnecté.

Nous remontons au village mais évitons la place et la foule par des ruelles détournées. Le moral n’y est pas, il est à peine 10H, et nous gagnons à pied un autre village, Bode, où se déroulera la fête de Balkumari Jatra. Arrêt sur le chemin devant un temple puis un bon moment dans un atelier de tissage où travaillent de nombreux enfants rieurs à l’agilité surprenante. Evidemment, être tisserand à 10 ou 12 ans n’est pas idéal mais nous sommes au Népal : c’est ça ou rien à manger. En tout cas ils n’ont pas l’air désappointés, sont très joyeux et plein d’ardeur. Vidéo : https://youtu.be/jBBGLfViMrw

Nous arrivons à Bode un peu avant midi. Il fait beau et chaud. Ici la fête continue. Quelques chaises à porteurs contenant l’effigie de Ganesh sont exposées. Une vieille maison a été détruite, quintuplant le volume de la place où doit se tenir le « spectacle » prévu entre midi et une heure (Népali time !). Beaucoup de monde évidemment, mais nous trouvons à nous asseoir à l’ombre sous un abri où nous sommes de plus en plus esquichés. Et nous patientons…

La cohue, Bode  Dans la foule, Bode (photo Ghislaine)

Déjeuner de bouts de pain de mie et de biscuits. Vers 13H, nous nous installons contre la plate-forme surélevée où viennent prendre place trois prêtres à coiffe rouge et fleurie. On nous dit que finalement cela ne commencera qu’à deux heures. L’attente est longue, debout dans la cohue.

Vers 14H, mouvement de foule énorme : nous pouvons heureusement nous accrocher à la plate-forme. Dieu que je n’aime pas ça ! C’est le « fakir » qui arrive (je ne sais comment l’appeler ni quelle est sa véritable fonction). Il salue à plusieurs reprises la foule sous les vivats, s’exprime par signe mais ne parle pas, gardant la bouche fermée ; je pense qu’elle contient de l’anesthésiant. Puis c’est le clou du spectacle, si l’on peut dire : avec un aide, il traverse sa langue d’une grosse aiguille (le trou devait être déjà présent, puisque c’est la même personne qui fait ça chaque année). Bon, finalement, rien de bien impressionnant ; combien se font de tels piercings de nos jours ? C’est l’ambiance qui est belle (malheureusement, en contrebas et un peu à contre-jour, je ne peux réussir de belles photos).

Prêtre, Bode  Le fakir, Bode  Langue percée, Bode

Puis les mèches à huile d’une grande demi-roue en osier sont allumées ; le fakir descend de son estrade (encore des mouvements de foule) et, aidés par des prêtres, portent cet « ustensile » sur son épaule, tel Jésus portant sa croix, et part faire un grand tour dans le village. Il est 14H40, nous filons le plus rapidement possible sans nous faire écraser, regagnons la rue principale du village où, surprise, nous croisons de nouveau le fakir avec son cortège. Comment a-t-il pu arriver si vite ici ? Il y a un peu de magie dans tout ça…

Longue attente d’un bus qui nous ramène, pour trois fois rien, à Bhaktapur. Je suis épuisé, vraiment, et Ghislaine aussi (toujours ses problèmes gastriques). Avec Rajani nous nous renseignons quand même dans deux boutiques sur les téléphones mobiles et leur prix, puis elle appelle un cousin qui a une occasion, un Samsung Galaxy J7 à environ 100 euros ; je demande à voir…

A Bode  Le fakir, Bode

Retour dans ma chambre, il n’est pas 17H mais je suis crevé, moralement et physiquement. Toujours aimable et pleine d’attentions, Rajani part récupérer le Samsung, acheter une carte Sim et du crédit ainsi qu’un chargeur, qui est manquant. Puis Bijesh arrive et nous aide à paramétrer l’engin : clavier azerty français mais pas de possibilité d’instructions en français sur l’écran, Facebook, Messenger, WhatsApp, entrée de quelques contacts téléphoniques pour demain etc… Ca marche, je devrais juste faire changer la vitre du capteur photo, environ cinq euros paraît-il.

Pas le courage de ressortir : Bijesh va acheter trois plats de momos que nous mangeons dans la chambre. Quant à Ghislaine, sa chambre semble éteinte, elle doit déjà dormir.

Il est toutefois plus de 23H quand j’arrive enfin à me coucher !

Le bébé, Bhaktapur  Hirondelles du Népal, Bhaktapur

 

Lundi 16 : C’est aujourd’hui la fête des mères au Népal. Ah Maman, si tu étais encore là ! Comme tu me manques !

Lever comme d’habitude, peu après 5 heures. L’état de ma jambe a l’air de s’améliorer (à part l’épanchement qui ne dégonfle pas) mais mon traitement antibiotique se termine aujourd’hui.

La fête de Bisket Jatra continue : aujourd’hui et demain sont des jours de grande dévotion. Les gens, et particulièrement les femmes, se rendent aux temples faire des offrandes.

Vers 8H, Ghislaine, Rajani et moi partons en bus pour Katmandou. Après l’aéroport, il faut en changer. C’est là que nous rejoint Hari, qui restera avec nous le reste de la journée. Et, malheur, Rajani s’aperçoit dans le second bus que son téléphone a disparu alors qu’elle l’a utilisé juste avant de s’installer. Nous le cherchons, mais rien. Perte ? Vol ? Décidément, c’est la guigne ! La pauvre ! Je me sens responsable car elle est là pour nous, nous consacrant finalement ses cinq jours de vacances.

Ghislaine au temple en face de notre guesthouse, Bhaktapur  Boucherie, Bhaktapur

Nous débarquons vers 10H30 au stupa de Bodnath (également appelé Bouddhanath). Rajani et Hari repartent jusqu’au précédent changement de bus afin de retrouver le téléphone, on ne sait jamais.

Pendant ce temps, je commence à faire visiter l’endroit, où je suis déjà venu plusieurs fois, à Ghislaine.

D’après Wikipedia : Bodnath est l'un des principaux sanctuaires bouddhistes de la région de Katmandou (plus de 10 000 Tibétains ont rejoint cette région depuis la fuite du 14ème Dalaï lama en 1959). Son stupa du XIVème siècle, représentant un mandala géant, est l'un des plus grands au monde. 108 niches contiennent chacune une statue de Bouddha. Bodnath est l'un des 10 emplacements au Népal inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Il est l'un des sites touristiques les plus populaires de la ville de Katmandou. L’ensemble est imposant et remarquable. Son sommet a été rénové après le tremblement de terre de 2015.

Nous en faisons le tour une première fois, avec un arrêt au grand temple où des moines vêtus de rouge prient et jouent de la musique. Des pèlerins bouddhistes déposent des offrandes, allument des lampes à huile et font tourner les moulins à prières. D’autres utilisent des planches sur lesquels ils s’allongent pour prier et se relèvent constamment, sacrée gymnastique ! Beaucoup de dévotion en tout cas.

Stupa de Bodnath, Katmandou  Au monastère tibétain, stupa de Bodnath, Katmandou

Rajani et Hari reviennent alors que nous bouclons notre premier tour ; ils sont bredouilles, évidemment. Nous faisons ensemble un second tour de ce monument. Ghislaine prend beaucoup de photos. J’aime tout particulièrement les yeux dessinés sur le stupa, les yeux du Bouddha avec le troisième œil sur le front.

Stupa de Bodnath, Katmandou  Repas au monastère Dilyak, Bodnath, Katmandou

Il est presque midi lorsque nous rejoignons, par une rue adjacente, deux monastères. L’un abrite une école (mais ce sont les vacances) ; dans la cour du second, de nombreux moinillons, assis par terre, mangent leur daal bath. Il commence à faire faim et nous rentrons dans le premier restaurant tibétain : repas de chowmein (pour Ghislaine, toujours fatiguée) et de shapale (se prononce chapalé) pour les autres. Je ne me souvenais plus de ce plat : c’est un genre de samossa géant rempli de viandes hachées de buffle, et c’est excellent. Ça cale !

Moulin à prières, monastère tibétain, Katmandou  Dans un monastère de Bodnath, Katmandou  Au Durbar square, Katmandou

Taxi pour le Durbar Square de Katmandou qui avait été presque entièrement détruit lors du séisme. Peu de monuments ont été reconstruits sur cette immense place, quel dommage ! Ce qui n’empêche pas les autorités de nous faire payer 8 euros de droit d’entrée. Je me souviens de la beauté de cet endroit (même si j’ai toujours préféré le Durbar Square de Bhaktapur). Vivement que tout soit restauré !

Evidemment l’endroit, tout comme Bodnath, est très touristique : aux alentours ce ne sont que boutiques de souvenirs avec des prix qui doublent ou triplent pour les touristes. Des sadhus habillés en orange, la face peinturlurée, interpellent les visiteurs pour se faire prendre en photo moyennant finance : ce sont donc de faux sadhus, les vrais ne quémandent pas, ils ont fait vœux de pauvreté.

Au Durbar square, Katmandou  Sadhus, Durbar square, Katmandou

A la sortie de cet ensemble se trouve la « New Road », la rue commerçante de la capitale, surtout en ce qui concerne les produits techniques. Un immeuble de six étages abrite une bonne centaine de boutiques de téléphonie qui vendent toutes la même chose. Le téléphone d’occasion que j’essaye depuis hier soir ne fonctionne pas bien et je préfère mettre 0 euros de plus pour en acheter un neuf : Huawei (c’est chinois). Ou plutôt deux neufs, le second étant pour Rajani, elle ne peut rester sans téléphone.

Cloches  Temple de Shree Tanadevi, Durbar square, Katmandou

Bus pour Thamel, le quartier touristique. J’ai rendez-vous avec Sarbendra pour récupérer la facture de mon trek avorté, puis avec Shirish, le patron de Nepal River Runner, la compagnie avec qui je dois faire une journée de kayak avec Ghislaine ce vendredi sur la rivière Sunkoshi jusqu’à Lubughat où nous resterons quelques jours. Il est venu avec l’accompagnateur pour nous le présenter et mettre au point la logistique. Ce sera un peu plus cher que prévu car Ghislaine les effraye et il va mettre un second accompagnateur juste pour elle. Problème pour les bagages, mais Hari me promet de trouver une solution pour les faire parvenir au village. Tout semble au point et nous réglons la facture.

Puis nous faisons quelques courses, notamment pochettes étanches et un blouson pour moi

Bas-reliefs, Bhaktapur

La nuit est tombée et nous rejoignons, à 20 mn de marche, le terminal des bus pour Banepa. Hari prend un autre bus. Arrivée à Bhaktapur vers 20H. Je suis fourbu, vraiment, mais Rajani insiste pour que nous allions assister chez elle à la cérémonie de fête des mères. Pas trop envie, mais nous y allons quand même un peu plus tard. Chacune des trois filles bénit ses parents puis nous dinons d’un bon baji copieux avec beaucoup de morceaux de viande. Je tombe de sommeil et nous rentrons vers 22H40.

Plus tard, tonnerre. Et, bien que crevé, je travaille deux heures, jusqu’à 0H45. Je ne suis pas raisonnable !

Shapale, Bodnath, Katmandou  Fête des mères chez Rajani, avec Janani, Bhaktapur

 

Mardi 17 : Je me lève vers 6H et travaille. Du retard ! Ne plus être seul perturbe toujours, forcément, mon emploi du temps.

Il a plu durant la nuit, mais le ciel est dégagé ce matin.

Ghislaine et moi rejoignons Rajani devant chez elle vers 8H. Ensemble, avec le papa et le (petit) grand-père, nous nous rendons un peu plus loin à un terrain constructible de 3,60 m de façade dont le papa ne possède que les deux tiers. Il voudrait un jour pouvoir construire sa maison là. Mais comment construire sur 2,40 m de large (sur 7 de long) ?

Nous nous baladons : de petits temples provisoires sont installés un peu partout ; accueillant les croyants. Des orchestres de rue sillonnent la ville, on dirait que toute la population est dans la rue !

Nous allons aussi m’acheter une paire de chaussures légères pour le kayak (à moins de six euros) et retournons à notre guesthouse. Peu après, vers 9H30, Ghislaine repart avec Rajani : elles vont visiter le monastère de Namobuddha, à deux heures de bus environ, tandis que je préfère me reposer. 

Avec le grand-père de Tej Ram et Rajani  Orchestre de rue, Bhaktapur  Dévotion, Bhaktapur

En fait de repos, j’essaye de me mettre à jour et travaille jusqu’à 14H avant d’aller déjeuner près du pokhari. J’avais envie d’un bon burger, il n’y en a pas !

Au retour, je rencontre Sushant qui m’accompagnera demain porter plainte pour le vol de mon téléphone, si je reçois entre-temps le n° de série que j’ai demandé à mon neveu de se procurer chez moi (ce qu’il fera, merci). Je laisse aussi quelques photos à imprimer pour donner à des amis.

Les trois sœurs, Bhaktapur  Offrandes au temple, Bhaktapur

Toujours beaucoup de monde dans les rues, et les petits groupes musicaux jouent de partout. Tout ce rouge et noir, c’est beau ! Les robes traditionnelles des femmes newaries sont noires avec un liserai rouge. Les autres femmes sont en rouge. Quelle ambiance ! Je ne me souvenais plus de cette ferveur du huitième jour de Bisket Jatra. Sur Thaumadhi, des chèvres tenues en laisse par leur maître, attendent leur exécution.

De retour dans ma chambre vers 16H alors que le ciel se couvre et que le tonnerre gronde à loin. Je continue mon travail (texte, courriels, déclarations d’assurance pour mes accidents etc). Le temps passe vite, c’est fou !

Orchestre de rue, Bhaktapur  Fête de Bisket Jatra, Bhaktapur

Rajani et Ghislaine sont de retour vers 17H15, ravies, avec les aléas de transport (voyage en bus, taxi, sur le toit d’un autre bus, à l’arrière d’un camion-benne) et malgré la pluie qu’elles ont eue alors qu’elles étaient sur le toit du bus. Ghislaine a beaucoup aimé le monastère et son site (où je m’étais déjà rendu deux fois) et a ramené de jolies photos. Au retour, elles se sont arrêtées, entre Banepa et Bhaktapur, à la statue géante de Shiva. Ghislaine semble en forme, en tout cas !

Le tonnerre gronde, et voilà la pluie ! Anoj passe me voir un peu plus tard et fait connaissance avec Ghislaine. Puis, cette dernière et moi, allons diner (American chopsuey) alors que la pluie s’est arrêtée. De retour vers 21H, je travaille encore. Au moment où je veux me coucher, je perds tous mes podcasts d’iTunes : et voilà, une heure de travail supplémentaire pour récupérer tout ça ! 23H30, au lit…

Fillettes, Bhaktapur  Orchestre de rue, Bhaktapur


 
10/04/18

Au Népal du mercredi 4 au mardi 10 avril 2018 (sixième semaine) :

Mercredi 4 : Je me sens un peu mieux et, c’est décidé, je pars faire ma balade habituelle à Pokhara, celle de Naudanda à Sarangkot. Vers 9H, après avoir empaqueté mon bagage qui reste à l’hôtel, je pars en taxi qui, pour une dizaine d’euros, m’emmène en 45 minutes à Naudanda par une route en partie élargie ces trois dernières années. De là, je prends la route nouvellement bitumée et marche à mon rythme, en m’arrêtant pour prendre des photos, jusqu’à Kaskikot, à 4 km. J’aime beaucoup cette région de champs et de rizières, aux belles fermes blanches et ocres, où les coutumes restent bien ancrées. Mais maintenant que la route est goudronnée, il est moins agréable d’y marcher et c’est moins calme car il y a un peu de circulation. De nouvelles maisons sont en construction mais, malheureusement, la plupart ne respecte plus l’architecture locale. Et puis je rencontre plusieurs groupes de touristes, chose que je n’avais jamais eu avant. Bref, je suis un peu déçu.

Quelques belles rencontres toutefois. Sans aucun problème au niveau genou, j’arrive à Kaskikot vers 11H et m’installe dans une chambre de la guesthouse, au-dessus du restaurant. J’ai déjà dormi là en 2015 et connais les propriétaires, des Brahmines.

Les vieux, vers Naudanda  La maman, vers Naudanda

Peu après mon arrivée, le tonnerre tonne et il se met à pleuvoir à verse. Et cela dure pratiquement jusqu’en fin d’après-midi. Impossible donc de monter jusqu’au temple dédié à Kali. Je déjeune de riz frit au poulet : le riz n’est pas frit et le poulet a dû s’enfuir de la cuisine. En plus ici, je le savais, le tarif du restaurant, où je suis seul, sont élevés (et ça ne s’est pas arrangé).

Je n’ai pas pris de pull et la température s’est considérablement rafraichie. Rien de particulier à faire, aussi je passe l’après-midi sous la couette : sieste et lecture. Un peu plus tard arrivent trois jeunes avec une petite guitare ; j’en profite pour jour deux ou trois chansons (devant leurs yeux émerveillés, cela va sans dire).

Chowmein le soir, c’est pire qu’à midi. Pâtes de soupe chinoise, pleines de petits os avec quelques bouts de poulet (ils ont dû le rattraper !). Discussion sympathique avec le patron. Je me couche de bonne heure en espérant que le soleil brille demain.

Sur la route de Kaskikot  Sur la route de Kaskikot

  

Jeudi 5 : Nuit un peu dure (au vrai sens du terme). Il fait beau ce matin, génial ! Petit-déjeuner d’un thé et d’une brioche achetée au commerce à côté. Vers 8H je monte avec Nilkantha (le fils de l’aubergiste, 16 ans et déjà porteur d’une barbe) et quatre amis jusqu’au temple de Kali. Un quart d’heure de grimpette facile jusqu’à la crête (marches la plupart du temps). Le temple a été bien arrangé depuis la dernière fois et la cour, où sont fait les sacrifices (des animaux la plupart du temps), est maintenant entièrement dallée. Nilkantha et son père, en tant que Brahmine (= brahmane), ont la responsabilité de ce temple (et sont payés pour). Lorsqu’il n’a pas cours, c’est Nilkantha qui monte là tous les matins prier pour les gens du village et apposer le tika sur le front des éventuels pèlerins (autrement c’est son père qui monte). A 500 m de là, autre temple (Shiva) et, au village, plusieurs autres petits temples (Kali et Shiva). 

Temple de Kali, Kaskikot  Nilkantha appose le tika, temple de Kaskikot

J’aime beaucoup cet endroit car, outre le temple assez simple, on y jouit d’une vue époustouflante sur la vallée de Naudanda d’un côté, sur le village de Kaskikot, la vallée de Pokhara et son lac de l’autre et les montagnes enneigées out au fond. C’est magnifique ! En plus, les rhododendrons sont en fleurs !

Redescente une heure plus tard. Je règle ma note (époustouflante elle aussi) et reprends la route vers 9H40. 7 km à faire en près de deux heures, c’est tranquille. Ah, ces véhicules, quelle plaie ! Encore quelques constructions modernes, qui défigurent le paysage. A en pleurer…

Rhododendron et neige, temple de Kaskikot  Lac Phewa, Pokhara, vu depuis le temple de Kaskikot

A 11H30, en ayant pris tout mon temps, je suis à Sarangkot, le point de vue favori des touristes pour assister au lever du soleil et aux illuminations progressives des montagnes (j’y ai assisté ici plusieurs fois). Ça a beaucoup construit ici aussi, il y aurait maintenant une vingtaine d’hôtel dont le hideux hôtel japonais qui était en construction lors de mon dernier passage.

Le père de Sandip m’attend, il a grossi (je ne suis donc pas le seul) mais reste toujours aussi jovial, maniant un bon anglais (il a une petite boutique d’objets touristiques). C’est par lui que j’ai pu réserver un vol en parapente. J’ai de la chance, le temps s’y prête bien, même s’il y a une légère brume. J’ai eu un prix spécial, 35 € (et ce n’est pas du vol, moitié moins cher qu’il y a trois ans, beaucoup de concurrence maintenant et trois aires d’envol !)

Sur la route de Sarangkot  Parapentes, Sarangkot

L’organisation laisse vraiment à désirer et je dois attendre une heure et demie. Il faut dire qu’avec le mauvais temps d’hier les vols se sont reportés aujourd’hui. Pour moi ce sera la première fois ! Je n’appréhende pas (sauf pour ma jambe). Une fois équipée, le moniteur dans mon dos, la voile est levée ; deux trois pas et c’est bon, je n’m’enfuis pas, je vole !

Vol en parapente de Sarangkot à Pokhara  Vol en parapente de Sarangkot à Pokhara

Nous grimpons, grimpons, puis redescendons vers le lac Phewa, en-dessous. Quelques figures acrobatiques me soulèvent le cœur, je n’ai heureusement pas déjeuné (impressions de grand huit !). Je fais durant mon vol quelques photos et une vidéo, mon moniteur aussi (que j’aurais demain j’espère). Et puis voilà, nous nous posons tout en douceur. Le vol n’a duré que 20 minutes mais m’a paru bien plus long. En tout cas j’ai beaucoup aimé (https://youtu.be/fM2RcChDb3o couper son). 

Bon, il me reste encore beaucoup d’autres choses à faire et découvrir, entre autres : le parachutisme avec ma nièce, le saut à l’élastique, la montée au sommet du Kilimandjaro, le tour du monde en patins à roulettes, un petit trek sur la lune ou sur Mars, etc…

En parapente de Sarangkot à Pokhara  En parapente , survol de Sarangkot

Un véhicule me ramène en ville, avec beaucoup d’autres parapentistes, jusqu’au bureau où je dois régler mon vol. Là encore organisation lamentable, j’y perds plus d’une heure !

Finalement, il est 14H30 passé lorsque je vais déjeuner, à côté, au Bella’s Garden : un daal bhaat un peu cher (pour le Népal) mais vraiment excellent, un des meilleurs jamais dégusté.

En parapente au-dessus du lac Phewa, Pokhara  Avec mon pilote de parapente, Pokhara (oh, la dégaine !)

Je rejoins ma guesthouse, assez proche, vers 16H et récupère ma chambre toute propre, qui n’a visiblement pas été utilisée la nuit précédente. Mon sac est toujours là.

Travail tout l’après-midi, lenteur exaspérante du Wifi, photos de mon vol assez ratées.

En soirée je me rends au Fewa Lake Restaurant & Bar, à cinq minutes de ma guesthouse où je dine d’un steak de buffle (à moins de 5 €) ; mais, comme d’habitude, je suis déçu : c’est une vraie noix d’entrecôte de bœuf dont j’ai besoin !

Rentré, je continue mon travail, sans le terminer, jusqu’à 23 H.

Femme, à Kaskikot (hier)  Naga à cinq têtes, temple de Kaskikot (hier)  Rhododendrons, temple de Kaskikot (hier)

 

Vendredi 6 : Réveil vers 4H pour je ne sais quelles raisons. J’en profite pour ôter le bandage de ma jambe et enlever les pansements de papier que je portais depuis une semaine du genou au bas du tibia. Pas facile, c’est bien collé aux poils. Constatation : j’ai une grosse boule juste sous le genou assez dure et qui ne fait mal que si je la touche (c’est déjà ça), le tibia est toujours endolori tout le long de l’os, j’ai la cheville et le pied enflés et, chose curieuse, un trou un peu au-dessus rempli de liquide (genre ampoule) que je perce facilement et qui se vide. Cela fait trois jours que mon traitement est terminé mais je pense retourner à l’hôpital lorsque je rentrerai à Bhaktapur, tout ça n’est pas bien normal. Je me demande de nouveau si je n’ai pas une phlébite.

Mais au moins je peux, maintenant que j’ai débandé, prendre une vraie douche, ça me manquait !

Daal Bhaat, Bella's Garden, Pokhara  Steak de buffle, Fewa Lake Restaurant & Bar, Pokhara

Ciel bien gris au lever du jour, va-t-il encore pleuvoir ? J’espère que non, car en fin d’après-midi il paraît qu’il va y avoir une petite fête le long du lac. Ayant récupéré vidéo et photos de mon vol, je travaille toute la matinée, me voilà à jour !

Après le déjeuner, je décide de me rendre à l’hôpital, ma jambe a réellement des problèmes et je ne voudrais pas la perdre bêtement, elle peut encore servir. Quelques difficultés pour contacter mon assurance voyage, celle de ma carte Visa Infinite LCL (que, stupidement, je n’avais pas contactée jusqu’à présent) : ça sonne, décroche et me mets en attente plusieurs fois, et le compteur tourne (communication internationale). Je finis par les avoir et on me propose de me rappeler, ok ; heureusement, car il faut un certain temps pour répondre aux questions, d’abord au standard, puis à la personne qui me prend en charge chez Groupama Assistance. Plus tard c’est le correspondant népalais qui me rappelle, puis de nouveau lorsqu’il a trouvé un hôpital possédant un échodoppler à Pokhara : de toute façon il n’y en a qu’un, c’est le Ciwec Hospital, établissement privé).

Jeune fille, Pokhara  Ma jambe malade (à droite), Pokhara  Dans l'ambulance du Ciwec hospital, Pokhara

Peu après 17H, une ambulance de l’hôpital vient me récupérer (un taxi aurait suffi) : il me faut m’y allonger car, assis, ma tête touche le plafond. Pin-pon, pin-pon, l’hôpital n’est pas très loin, une dizaine de minutes. C’est un établissement récent, visiblement réservé aux touristes (et peut-être aux Népalais aisés) : la chambre y est à 800 US dollars la nuit !

Je remplis une fiche, patiente puis vois le médecin : inflammation ou phlébite, that’s the question ? Donc prise de sang et échographie. Pour cette dernière, je dois attendre le médecin spécialiste, à 20H30, puis reporté à 21H15. En attendant je vais diner à proximité de spaghettis sauce champignon assez dégueu, avec une glace pour faire passer cela.

Heureusement, l’échodoppler est rassurant : pas de phlébite, c’est déjà ça. Quant à la bosse sous le genou, elle contient du liquide ; d’âne je passe au statut de chameau ! Il faut m’hospitalier, à priori trois nuits et deux jours, afin d’avoir des antibiotiques par perfusion intraveineuse, pour un meilleur résultat. J’apprends qu’en fait j’avais bien pris des antibiotiques il y a 10 jours, en plus des anti-inflammatoire.

Ambulance du Ciwec hospital, Pokhara  Ma première chambre, Ciwec hospital, Pokhara

Vers 22H30, me voilà en chambre individuelle avec salle de bain, c’est propre et correct (heureusement, vu le tarif !). Les infirmières, tibétaines, me font tout un tas d’examens, mesurent la longueur et le diamètre de mon membre (la jambe). Le docteur vient ensuite avec une grande seringue (mon Dieu, quelle aiguille !) me faire une ponction du liquide synovial de ma bosse. Après trois essais (ouille ouille ouille, dirait Alex) il abandonne, disant que le liquide est trop épais mais il arrive à sortir par pression sur le genou pas mal de sang et liquide (beurk).

Enfin, une infirmière me plante, après quelques difficultés (car je n’ai pas de veine), une aiguille dans la main gauche pour la perfusion.

Et me voilà allongé sur le dos pour la nuit, la main bloquée, ce n’est pas trop confortable. Allée et venue des infirmières pour différents contrôles. Je leur demande aimablement de me laisser dormir jusqu’à demain (ce qu’elles feront).

Une infirmière tibétaine, Ciwec hospital, Pokhara  Au Ciwec hospital, Pokhara

  

Samedi 7 : Pas facile de dormir sur le os, la jambe surélevée et une perfusion dans la main. De plus, ils ont dû mettre un aphrodisiaque dans leur perfusion : je me suis endormi dans mon lit, je me suis réveillé sous une tente ! Peu dormi. Mon état est inchangé, ce qui est normal, il faut du temps.

Les soins reprennent, le docteur vient me voir et me présente son remplaçant du week-end. Puis j’ai droit à un petit-déjeuner moyen. Dehors, il pleut à verse (et ça durera jusqu’à 11H) !

Un ami va à la guesthouse récupérer mes affaires (c’était trop tard hier soir) et régler la facture. Et je me fais escroquer : le tarif de nuitée out compris (avec petit-déjeuner et taxes) de 13 dollars, discuté avec Raju, le propriétaire que je connais depuis des années, n’est plus appliqué, on y rajoute d’abord le petit-déjeuner, je laisse un message à Raju, qui supprime ce rajout mais compte 10% de taxe. Je suis vraiment outré et déçu de ce comportement de la part de quelqu’un que je trouvais sympathique et que j’estimais. Profiter ainsi d’un client qui ne peut se déplacer parce qu’hospitalisé ! Mon ami est obligé de payer pour pouvoir récupérer mes affaires. C’est le second problème de ce type que j’ai cette année à Pokhara. Envie de meurtre, vraiment.

Bon, pas de photo prise aujourd’hui. Quelques portraits :

    

A part ça, j’ai du travail : dossier assurance à remplir, courriers et mise-à-jour de mon site. Cela prend pas mal de temps et la position assise ne m’est pas recommandée. Le correspondant de l’assureur m’appelle pour prendre de mes nouvelles et me demander des renseignements supplémentaires. Déjeuner d’une assiette de poulet tandoori, c’est bon.

Mon ami est allé acheter mon billet de bus pour lundi matin mais n’a pas réussi à avoir la place que je désirais : je ne sais pas si j’arriverai à m’asseoir à cet endroit, au second rang (surtout avec ma jambe handicapée).

Et puis autre problème : je m’aperçois que je suis en train de perdre un inlay (pourvu que je ne l’avale pas avant mon retour). Quand ça ne va pas ça ne va pas !

Lecture l’après-midi. Un autre ami, Sandip, passe me voir en soirée, c’est vraiment sympa. Plus tard, diner d’un mauvais chickenburger et de bonnes lasagnes de buffle. La journée s'est passée...  

   

 

Dimanche 8 : Nuit tranquille mais toujours inconfortable, bien sûr, bien que je n’aie plus de perfusion durant la nuit. L’hôpital n’a que huit chambres je crois, mais je suis le seul patient à avoir dormi ici. Soin dès 6H (ça a l’air d’aller mieux) et, plus tard, bonne douche chaude. Même breakfast qu’hier.

Après avoir consulté le médecin, comme je n’ai plus d’argent sur moi, je sors vers 9H juste pour me rendre à l’ATM le plus proche, à 300 m de l’hôpital, par une rue bordée d’hôtels et de guesthouses. Je marche sans aucun problème ni douleur (ce qui était déjà le cas avant mon hospitalisation).

Il fait assez beau ce matin, je bouquine ensuite une demi-heure dans le petit jardin à l’entrée. Un peu de travail jusqu’à midi et repas d’une excellente pizza aux champignons, la meilleure mangée au Népal (j’ai droit de choisir ce que je veux sur la carte d’un hôtel proche).

Repos tout l’après-midi, ponctué chaque seconde par le bruit de l’aiguille de l’horloge en face de mon lit. C’est un peu angoissant : chaque seconde est perdue, me rapprochant inexorablement de la délivrance.

A ma demande, un ami va annuler le ticket de bus pour demain, ne me sentant pas de voyager mal installé durant neuf heures, et va m’acheter un billet d’avion (100 dollars au lieu de 7 pour le bus), c’est évidemment bien plus cher mais bien plus prudent aussi (j’ai suivi le conseil de ma sœur et d’amis).

Diner de lasagnes et poulet tandoori, excellent.

Le Ciwec hospital, Pokhara  Excellente pizza, Ciwec hospital, Pokhara

 

Lundi 9 : Nuit calme, je n’ai pas été dérangé. Comme hier mes soins commencent dès 6H, perfusion d’antibiotique, cachet, température, tension etc… Puis petit-déjeuner copieux et douche.

Coup de téléphone de l’agence : mon vol, prévu à 12H15, partira finalement à 10H30. J’ai suffisamment de temps pour me préparer et, après avoir vu le docteur qui me remet mon traitement (notamment antibiotiques pour cinq jours), je rejoins la re principale où je prends un taxi pour l’aéroport. J’y suis vers 9H30 ce qui est largement suffisant pour les vols intérieurs. Une fois mon bagage enregistré et ma carte d’embarquement de la compagnie Simrik en poche (sans numéro de siège), je franchis facilement le contrôle de sécurité, très laxiste ; tout passe : mes deux bouteilles d’eau, mon ordinateur etc…

Curieusement mon vol n’est pas affiché sur le panneau dans la salle d’embarquement. Toutefois, quinzaine minutes avant le départ, les passagers sont appelés et rejoignent à pied l’avion, parqué un peu plus loin. C’est un Beechcraft 1900C à hélices de 19 places datant de 1990 ! (28 ans, je ne savais pas qu’un avion était autorisé à voler aussi longtemps !). Je suis le premier à embarquer et choisis une place au fond coté gauche afin d’avoir une vue parfaite sur la chaîne de l’Himalaya. Nous ne sommes que 11 passagers. Au bout d’un moment, l’hôtesse nous apprend que le vol est retardé d’une heure à cause d’une saturation de trafic à Katmandu. Compte-tenu de la chaleur, tous les passagers rejoignent la salle d’attente. Je reste seul dans l’avion avec l’hôtesse.

Elle me chatouille ! Ciwec hospital, Pokhara  A l'aéroport de Pokhara  A Bhaktapur

Plus tard, les passagers reviennent, nous sommes maintenant 16 et je ne peux que penser que le seul motif du retard était de récupérer d’autres passagers. Décollage à 11H35. Entre-temps le ciel s’est couvert et je n’ai aucune vue sur l’Himalaya, c’est dommage. Bonbon, verre d’eau et coton pour les oreilles. Vol tranquille et atterrissage à 12H05. Débarquement et bus jusqu’au petit terminal des vols intérieurs. Bagage récupéré rapidement (remorque accrochée au bus).

Maintenant il s’agit de trouver un taxi à un prix raisonnable, c’est un peu la mafia. Une fois installé dans l’un d’eux, le tarif augmente, arnaque courante avec les touristes. Je n’hésite pas, je sors, récupère mes bagages et prends un autre taxi qui, pour le prix convenu, m’emmène en 45 mn jusqu’à mon hôtel où je récupère ma chambre. Tellement heureux d’être revenu à Bhaktapur ! Je repars aussitôt déjeuner de momos et d’un yaourt, fais un petit tour au pokhari puis rentre m’allonger à peu près à l’heure où mon amie Ghislaine, qui me rejoindra demain après-midi à Katmandou, s’envole de Marseille-Provence (Air India ayant modifié l’horaire de son second vol, elle aura une très longue attente de 14H à Delhi).

Plus tard, Rajani passe me voir et reste un long moment, elle m’a apporté du yaourt et du gurpakh, un dessert népalais très sucré. Tant mieux parce que je suis fatigué et ne désire pas sortir pour diner ce soir.

A Bhaktapur  Grand chariot de Bisket Jatra, place Taumadhi, Bhaktapur

 

Mardi 10 : Bonne nuit, enfin ! Très beau ciel bleu ce matin. Aujourd’hui, deux évènements importants pour moi ici :

- le premier jour de la fête de Bisket Jatra, qui tombe chaque année durant le nouvel an népalais

- l’arrivée décalée de mon amie Ghislaine à 16H15 à l’aéroport (horaire qui va me faire rater les premières festivités)

Mais qu’est-ce que Bisket Jatra ?

Bisket Jatra est une fête tantrique newar de Bhaktapur et Thimi coïncidant (par hasard) avec le nouvel an Népalais et commémorant la grande bataille et victoire du bien sur le mal de Mahabarath. Les moments forts en sont, d’une part, les défilés de chariots des effigies des dieux hindous Bhairav et Bhadrakala, avec une parodie de lutte rappelant une guerre qui a eu lieu il y a plusieurs siècles entre les parties est et ouest de Bhaktapur et, d’autre part, l’érection et la destruction de deux lingams de 25 m de haut (des mâts en fait). J’ai déjà assisté deux fois à cette fête impressionnante.

Devant le temple de Bhairav, place Taumadhi, Bhaktapur  Place Taumadhi, Bhaktapur  Fête de Bisket Jatra, Bhaktapur

Au programme :

- aujourd’hui : rituel tantrique exceptionnel au temple de Bhairav (sur la place Taumadhi, proche de ma guesthouse). Bhairav et Bhadrakala seront ensuite placé chacun sur un chariot. Puis première bataille de chariots (avec malheureusement de fréquentes bagarres de gens ivres durant la nuit).

- vendredi 13 : dernier jour de l’an népalais, montée des mâts (le matin à Pottery square, le soir à Yoshingkel) et, l’après-midi, chariots tirés de Taumadhi à Yoshingkel. Un mois plus tard, on fêtera plus discrètement mon anniversaire.

- samedi 14 : jour de l’an népalais (2075). Vers 17/18H, abattage (toujours impressionnant) du mat de Yoshingkel. Puis remontée des chariots jusqu’à Taumadhi.

- dimanche 15 : fête de Sindur Jatra vers 8/9H au temple de Balkumari, à Thimi. De la poudre orange est jetée (attention aux appareils photo). Défilé de 32 petits chariots. Vers 12/13H, à Bode, un « fakir » se perce la langue au cour d’une longue cérémonie suivie d’une procession aux flambeaux.

- mercredi 18 : dernier jour de Bisket jatra. Vers 9/10H, abattage du mat de Pottery square. Le soir aura lieu la dernière bataille de chariots. 

Fête de Bisket Jatra, Bhaktapur  Animaux à sacrifier pour Bisket Jatra, Bhaktapur

Je me sens mieux ce matin et, à 8H, vais prendre mon petit-déjeuner habituel et faire un tour sur la place Taumadhi, où va se dérouler la fête. Comme tous les matins, beaucoup de vendeuses de légumes mais, en plus, pas mal de monde autour et sur les deux chariots. Un long défilé passe, des enfants d’une école, des femmes en habits traditionnels newars, précédé d’une fanfare. Des hommes, qui avec une chèvre, qui avec une poule, se rendent dans la cour intérieure du temple de Bhairav où ont lieu les sacrifices rituels.

Je reste allongé le reste de la matinée, jambes en l’air, puis sors déjeuner. Tonnerre. Je rentre par la place Taumadhi. En vue des bagarres de ce soir, certaines rues sont bloquées par des barricades de sacs de ciment, les commerçants protègent leur devanture par des plaques de tôle, la police est omniprésente. Sur la place même, on termine les préparatifs : la stèle de Bhairav a été repeinte, sa statue sortie du temple est maquillée puis hissée à l’avant du grand chariot, lui-même en train d’être fignolé en peinture. Un ensemble musical, assis à même le sol, joue. Quelques gouttes commencent à tomber, je retourne dans ma chambre.

Groupe musical, place Taumadhi, Bhaktapur  Bisket Jatra, place Taumadhi, Bhaktapur

Je retourne sur la place Taumadhi vers 15H30. Les festivités n’ont pas vraiment commencé, on en est au stade des discours (et, ici, ça peut durer longtemps). La place est noire de monde ainsi que les marches de l’un des temples. Rajani me rejoint un peu plus tard et nous marchons jusqu’à la route principale. Là, nous prenons un bus pour l’aéroport et y sommes à 15H45. L’avion de mon amie Ghislaine a atterri une demi-heure plus tôt mais nous attendons un moment, la délivrance du visa est longue. Elle ne sort qu’à 17H30 : son bagage n’étant pas arrivé, elle a dû faire une déclaration (et la compagnie ne livre pas, il faudra revenir à l’aéroport ! La tuile !). Malgré tout Ghislaine est contente d’être arrivée et, comme elle aime bien Tej Ram, ravie de faire la connaissance de Rajani qui lui passe un coller de fleurs autour du cou. Namasté Ghislaine !

Bisket Jatra, place Taumadhi, Bhaktapur  Arrivée de Ghislaine, avec Rajani, aéroport de Katmandou

C‘est en taxi que nous rejoignons notre guesthouse à Bhaktapur. Ghislaine choisit une chambre parmi quatre disponibles, celle juste à côté de la mienne (j’espère qu’elle ne ronflera pas trop fort !). Le temps qu’elle s’installe e qu’elle écrive à son mari et nous repartons avec Rajani. Le chariot a été déplacé dans une rue et revient, tiré par de nombreux jeunes et faisant effondrer un petit toit (pas de blessé). Les spectateurs sont en nombre impressionnant et je me méfie beaucoup des mouvements de foule à cause de ma jambe. Vidéo : https://youtu.be/suG7Y-hdR6E

Nous rejoignons ensuite un restaurant alors que Rajani rentre chez elle. Deux amis viennent nous rejoindre puis nous raccompagne jusqu’à la guesthouse. Il est 21H30 et je travaille jusqu’à minuit.

Police, vers la place Taumadhi, Bhaktapur  Chariot de Bisket Jatra, Bhaktapur


 

 
03/04/18

Au Népal du mercredi 28 mars au mardi 3 avril 2018 (cinquième semaine) :

Mercredi 28 : Nuit très difficile, comment placer mon genou sans trop souffrir ? Au petit matin, qu'est-ce que j'ai mal ! Je ne sais pas si j'ai un ménisque touché, une simple bosse avec un super-hématome (très dur), un épanchement de synovie... Et où aller consulter ici, dans quel hôpital ? Dois-je contacter mon assurance carte bleue ? Une vraie galère et je suis un peu découragé. Le pire c'est que je ne peux même pas rentrer en France, une amie venant me rejoindre le 10 avril, dans deux semaines.

Je sors toutefois pour prendre mon petit-déjeuner, il faut bien que je m’alimente un peu (photo de la cuisine, ça craint un peu mais il y a pire !). J’arrive à marcher, en boîtant, mais je ne veux pas forcer et, dès sustenté, retourne dans ma chambre. 

Cuisine du petit-déjeuner, Bhaktapur  Marché, place Taumadhi, Bhaktapur

Ciel gris et légère brume toute la journée ; toutefois la température grimpe jusqu’à 26°. Je reste allongé, à bouquiner, toute la matinée puis me rends pour 13H chez Rajani. Rentrée du collège, elle prépare avec son père un bon baji, le plat traditionnel de fête newari. Janani, sa petite sœur de 11 ans, revenue de l’école, nous rejoint.

Mon assiette contient plusieurs sortes de légumes (petits pois, lentilles, épinards, pommes de terre, haricots, gingembre, piment grillé etc), un bout d’omelette et des morceaux de buffle, mais c’est le chiura (riz battu séché) qui est à la base du plat. Spécial mais excellent !

Narayanprasad, Rajani et Janani, Bhaktapur  Baji, plat traditionnel newari, Bhaktapur

Accompagné de Rajani, qui me servira d’interprète, je retourne ensuite dans ma chambre où je reçois Amraj qui vient me faire un petit compte-rendu sur les soins de sa maman. Il nous parle aussi de ses propres projets, puisqu’il ne veut plus retourner au collège : aller, en compagnie de son père, à son village, à 14 heures de bus, afin d’obtenir sa carte d’identité ; puis, le rêve de beaucoup de jeunes ici, partir travailler trois ans à l’étranger (Dubaï, Qatar, Malaisie, Arabie Saoudite… des pays riches qui, à mon humble avis, feraient mieux d’accueillir d’abord les multiples réfugiés musulmans qui envahissent l’Europe).

Reste de l’après-midi dans ma chambre. Diner au Purple Love d’un chattamari à l’œuf (la pizza/crêpe népalaise).

Échoppes, Bhaktapur  Chattamari à l'œuf, Bhaktapur

 

Jeudi 29 : Malgré mes boules Quiès, je suis réveillé trop tôt, 4H30, par des fidèles agitant les cloches du temple en face. Impossible de me rendormir, je bouquine. Au point de vue santé, je suis dans le même état qu’hier : dès que je me lève mon genou m’élance fortement. Je ne sais pas ce que j’ai mais le moral reste bon.

Après le petit-déjeuner, je passe voir mon ami commerçant Shyam pour savoir à quel hôpital aller : il me conseille le Madyapur Hospital, à Thimi, près de Bhaktapur. Bishesh, son fils de 14 ans, petit mais très dégourdi, m’y accompagne (heureusement car, à l’hôpital, c’est un peu compliqué). Marche d’un kilomètre puis 25 minutes de bus et nous y voilà. Il faut d’abord attendre à un guichet, y donner les renseignements civils, régler environ 4 € pour l’ouverture d’un carnet de soin et la visite du docteur, traverser la rue pour rejoindre un autre bâtiment où je rencontre une interne qui me prescrit une radiologie, retraverser la rue, retourner au guichet, repayer pour la radio (de nouveau 4 €), aller à la salle de radiologie (porte en contreplaqué), retourner voir l’interne de l’autre côté de la rue, voir un médecin qui me dit que je n’ai rien de cassé ni d’épanchement de synovie, mais une infection interne provoquant une inflammation. Il me prescrit trois médicaments dont des antibiotiques pour 5 jours et fait relever du liquide sur ma petite plaie pour le faire analyser (résultat par téléphone dans 72H). Je dois ensuite repasser à la caisse pour un coup de tampon puis à la pharmacie pour acheter mes médicaments, délivrés au nombre prescrit, sans gaspillage donc (le poste le plus cher, environ 10 €).

Au Madyapur Hospital, Thimi, Bhaktapur  Au Madyapur Hospital, Thimi, Bhaktapur

Retour à Bhaktapur en taxi (négocié par le gamin). Moins de deux heures au total et 20 € de dépenses, bus et taxi compris. Si le traitement est aussi efficace que cet hôpital, je n’ai rien à craindre…

Je suis rassuré et invite Bishesh, qui s’est vraiment débrouillé comme un chef, à déjeuner (American chopsuey, mais trop de sauce tomate et pas assez de pâtes, dommage). Puis je lis un peu près du pokhari, mais trop de vent, et je préfère rentrer à la guesthouse.

Mais, dans l’après-midi, je m’aperçois que contrairement à ce qu’il m’a dit, le docteur ne m’a pas prescrit d’antibiotiques mais des anti-inflammatoires, alors que je lui ai bien signalé que je ne pouvais pas en prendre avec mon traitement anticoagulant ! C’est d’ailleurs bien marqué sur la notice. Zut et rezut, je ne sais plus quoi faire : dois-je continuer ce traitement qui risque de me rendre malade ? Dois-je retourner à l’hôpital demain ? Décidément…

A part ça, pas grand-chose… Diner de momos, suivis d’une glace achetée au supermarché.

Bishesh, Bhaktapur  American chopsuey, Bhaktapur

 

Vendredi 30 : Tonnerre et orage durant la nuit. Mon genou va un peu mieux ce matin, je ne retournerai pas à l’hôpital et vais poursuivre ce traitement anti-inflammatoire de cinq jours, malgré les problèmes qu’il pourrait me poser au niveau sanguin. Curry et sels de bonne heure, parmi une multitude de vieux (de mon âge) en tenue newarie, le topi aux dessins géométriques roses et noirs sur la tête. Petit marché aux légumes mouvementé et folklorique sur la place Taumadhi. Des musiciens jouent et chantent près du petit temple en face de ma guesthouse.

Reconstruction du Durbar Square, Bhaktapur  Temple, Bhaktapur

Ciel gris (qui s’éclaircira de temps en temps dans la journée avec quelques gouttes de pluie en fin d’après-midi).

Bibek, un ami étudiant à Katmandou, me rejoint pour déjeuner puis m’accompagne pour acheter mon billet de bus pour Pokhara dimanche matin (depuis un an, plus besoin de se rendre à Katmandou, une compagnie part directement de Bhaktapur, c’est bien pratique).

Retour dans ma chambre, repos et lecture. Je ressors vers 19H pour me rendre au restaurant où je goûte pour la première fois un bara, espèce de grosse omelette (très bonne). Ma jambe me refait mal ce soir, j’ai peut-être trop forcé.

Chants religieux, Bhaktapur  Bara, Bhaktapur

 

Samedi 31 : Toujours au même point : ma blessure stagne et j’ai mal jusqu’à la cheville. Il fait beau ce matin. Petit-déjeuner habituel (trois beignets et un curry de pois-chiche) puis, comme je ne dois pas forcer, matinée dans ma chambre à bouquiner. Visite de Sushant, que je n’avais pas encore vu. Puis restaurant avec Rajani.

Dans l’après-midi Sushant m’emmène sur sa moto pour voir une guérisseuse qui examine ma jambe, me masse un peu, me passe une lotion marron préparée avec des herbes et me fait un bandage que je dois garder une semaine. Mais elle me dit que ce n’est pas beau et que je peux mourir dans les 15 jours, ce qui ne me réconforte guère. Puis rencontre avec Karan, un jeune que je connais depuis des années et qui va passer son permis de conduire autocar. Très fatigué le soir.

Petit-déjeuner habituel (sels et curry de pois chiche), Bhaktapur  Femmes newaries, Bhaktapur

 

Dimanche 1 avril : C’est pas que je sois très en forme, c’est pas que je sois motivé, c’est pas que… A 5H30 Rajani m’appelle ; comme convenu, mais je suis déjà réveillé depuis une demi-heure (ce sont des horaires normaux pur des Népalais). Je quitte ma chambre dès 5H45 pour rejoindre la route principale où je dois prendre le car pour Pokhara. Un ami m’accompagne jusque là².

Bonnes fêtes de Pâques mes amis. Ici, peu de communautés chrétiennes, je ne les fêterai donc pas. Et je n’aurai non plus ni lapins en chocolat, ni roulée d’œufs. Une fois de plus… La roulée était une tradition dans ma famille, je perdais toujours, mais j’aimais voir ces œufs superbement décorés.

Je suis dans mon car à 6H30, que quatre passagers ; mais il se remplira au fur et à mesure de la douzaine d’arrêts entre Bhaktapur et Katmandou. Il est assez confortable et j’ai bien la place que j’avais choisie à l’achat, celle donnant sur la porte, la plus grande pour les jambes. Par contre le Wifi indiqué sur le billet n’existe pas !

Circulation dense pour traverser Katmandou et bouchon de 20 mn à sa sortie. Dans les rues, des militaires font leurs exercices. Plus loin, une nuée de femmes manifeste (pour quoi ?)

Gamin newari, Bhaktapur  Jeune fille, Bhaktapur  Garuda, Bhaktapur

Arrêt de 25 mn pour le breakfast à 10H40 ; je n’en profite pas. Juste avant midi, nous passons devant la montagne de Manakamana. Le soleil tape, il commence à faire chaud. La petite vieille Tamang, à côté de moi, attise cette chaleur. Le bus met la clim, ça va mieux. Autre arrêt de 40 mn vers 13H, déjeuner ; je me contente d’un paquet de biscuits.

Ma jambe est toujours au même point qu’hier, elle m’élance ; je suis inquiet : comment la douleur d’une si petite blessure peut-elle autant s’étendre ? Le voyage me semble bien long. Et il l’est : nous arrivons enfin au terminal de Pokhara à 15H20. Presque 9 heures pour parcourir 215 km !

C’est à pied, en un petit quart d’heure, que je rejoins mon hôtel habituel, où j’ai réservé hier. Il est en plein travaux, deux nouveaux bâtiments sont en construction et il n’y a plus, pour le moment, de restaurant. Zut. Je m’installe dans la chambre que j’occupe chaque fois, au second étage. Puis je bouquine au soleil sur la terrasse non privative, avant de faire un (tout) petit tour aux environs. Je regarde les prix des restaurants : c’est deux fois plus cher qu’à Bhaktapur. Il faut dire que Pokhara est LA station touristique du Népal. Finalement, le soir, je dine d’un biryani de poulet, réchauffé au micro-onde : pas fameux.

Militaires, Katmandou  Sur la route de Pokhara

 

** Quelques mots sur Pokhara (d’après Wikipedia et d’autres sources) :

Pokhara est une ville du centre du Népal, à 198 km à l'ouest de Katmandou. Sa population est d’environ 300 000 habitants, la plaçant au deuxième rang des villes népalaises. Située à 900 m d’altitude, elle est bordée au sud par le lac Phewa (d'une superficie de 4,4 km²) ; au nord, à une altitude de près de 1 000 m, la périphérie de la ville touche le pied de la chaîne des Annapurna. Il n'y a pas d'autres endroits au Népal où les montagnes s'élèvent aussi vite. Dans cette zone, sur moins de 30 km, l'altitude passe rapidement de 1 000 m à plus de 7 500 m. Le Dhaulagiri, la chaîne des Annapurna et celle du Manaslu, qui culminent chacun à plus de 8 000 m d'altitude, sont visibles depuis Pokhara. Les montagnes dominent l'horizon nord de la ville. Le climat est de type subtropical mais les températures sont modérées à cause de l'altitude : entre 25 °C et 35 °C en été et 5 °C et 15 °C en hiver.

Pokhara est l'une des destinations touristiques les plus populaires du pays.

Vue depuis l'hôtel, Pokhara

 

Lundi 2 : Je me sens un peu mieux au réveil. Jambe toujours douloureuse, bien sûr. Je dois m’habituer. C’est surtout le moral qui en a pris un coup : tout le programme que j’avais prévu durant ce voyage s’effondre au fur et à mesure (sans compter la perte d’argent pour mon trek avorté). Même pas eu le courage hier de vous faire un poisson d’avril, c’est dire !

Vers 6H10, je suis sur le toit-terrasse de mon hôtel pour voir le lever de soleil ; malheureusement, une légère brume cache les sommets enneigés (ce qui est souvent le cas). Mais cela me permet de constater que cela a beaucoup construit, et de plus en plus haut, à Pokhara. Dans le parc en face de l’hôtel, des enfants s’entrainent au Taekwando (à 6H du matin !)

Petit-déjeuner dans le jardin. A 9H30, je prends un bus direct jusqu’à la grotte de Mahendra, une heure de route en traversant cette énorme ville. Puis je continue à pied dans la jolie vallée de Kali Khola que j’aime beaucoup : rizières, buffles, pâtres. Des jeunes m’appellent, ils jouent de la guitare sur la terrasse de leur maison, je reste un moment avec eux. Moment sympathique. Leurs parents nous rejoignent et j’interprète deux chansons.

Lever de soleil, Pokhara  Cours de Taekwondo, Pokhara

Plus loin, je descends à la rivière, un ruisseau en ce moment. D’habitude cet endroit est très calme mais aujourd’hui de nombreux hommes et femmes font leur lessive. Je déjeune de biscuits, ça me suffit. Assez mal installé sur des rochers, je bouquine à l’ombre. Il fait chaud (32°, ça vous fait rêver ?).

Je repars par le bus de 17H, puis emprunte un second bus jusqu’au lac qui me dépose près d’un nouvel embarcadère où je fais un tour. Rue bordée de nombreux petits restaurants qui font des grillades. Je me prends une brochette de buffle (que c’est bon !) et un chowmein végétarien. Mon Dieu, mon Dieu, que de touristes ! (ce que je n’aime pas)

De là, je rentre à mon hôtel à pied en 40 minutes, ce qui me permet de voir l’évolution de cette rue hyper-touristique qui borde le lac : c’est, sur plusieurs kilomètres, une suite de boutiques, d’hôtels (plus d’une centaine), de restaurants chers et de spas. Beaucoup d’endroits ont été refaits, plutôt chics, et de nombreuses constructions ont vu le jour depuis mon dernier passage en 2015. Je vois même deux nouveaux hôtels de six étages (jusqu’à présent, les bâtiments étaient limités à quatre étages) !

A l’hôtel vers 19H30, gros coup de fatigue, obligé de m’allonger, je dors une heure. Puis deux heures de travail.

Vallée de Kali Khola, Pokhara  Buffles, vallée de Kali Khola, Pokhara

 

Mardi 3 : Bien dormi, bien reposé (à priori). Ma jambe a l’air d’être un peu mieux, mais mon traitement anti-inflammatoire est terminé. Question : dois-je commencer un traitement antibiotique ou non ? Mon journal de bord se transforme en journal de soin, c’est affligeant !

Même ciel au lever du sommeil, dommage ! Petit-déjeuner léger et coûteux. Je termine un livre intéressant et bien documenté de Matthieu Ricard : « Plaidoyer pour les animaux ». Mais j’aime trop la noix d’entrecôte, le saucisson et le foie gras pour devenir végane (à moins d’un très très gros effort).

Barques, lac Phewa, Pokhara  Moines bouddhistes, lac Phewa, Pokhara

En fin de matinée, je pars avec un ami jusqu’à l’embarcadère et nous louons (je loue) une barque pour deux heures. Il fait chaud mais le ciel est assez couvert, dommage. Nous ramons (je rame) jusqu’à l’île où se trouve le petit temple. Puis mon ami se baigne un peu avant que nous ne rentrions. Peu après notre retour, c’est le déluge : orage d’une demi-heure durant lequel nous nous sommes abrités dans une boutique affichant des soldes jusqu’à 70 %, mais il n’y a pas ma taille (évidemment !). Retour à l’hôtel sous les dernières gouttes de pluie. Puis visite de Sandip, mon plus ancien ami du Népal, qui est maintenant en dernière année de licence d’ingénieur ponts et chaussées. Bon daal bhaat local. Galère Internet.

Sur le lac Phewa, Pokhara  Daal Bhaat, Pokhara


 

 
27/03/18

Au Népal du mercredi 21 au mardi 27 mars 2018 (quatrième semaine) :

Mercredi 21 : Journée ordinaire : après ma toilette au bord de la rivière, j’y reste pour bouquiner toute la matinée. Momos pour le déjeuner. Autre endroit près de la rivière l’après-midi, là où les petits camions viennent se charger de sable. Technique d’un autre temps : hommes et gamins jettent le sable et les galets à travers un tamis artisanal puis chargent le sable dans les véhicules. Ils travaillent souvent en famille et gagnent une trentaine d’euros par camion chargé (cinq mètres cube ?). Le tout est transporté dans les villages, là où il y a des besoins, et revendu environ le double. Evidemment, pour nous cela semble très mal payé ; mais pour les Népalais c’est beaucoup, une famille arrivant à préparer et charger deux camions de sable par jour.

Et toujours d’énormes difficultés le soir pour arriver à avoir quelques minutes d’Internet. Ce qui est assez pénible aussi est de supporter tous ces gens qui viennent voir par-dessus mon épaule ce que je suis en train de faire sur mon ordinateur, surtout lorsqu'ils commencent à baragouiner trois mots d'anglais et que je dois leur répondre par politesse.

Tamisage du sable, Lubughat   Chargement du sable, Lubughat

 

Jeudi 22 : Une camionnette, qui sert aussi pour le transport de passagers, étant tombée en panne hier soir, une douzaine de personnes se sont installées dans ma guesthouse, quatre dans la chambre d’à côté, les autres sur un grand lit devant ma porte. Vu l’épaisseur des « murs » et malgré mes boules Quiès, la nuit n’a pas été très reposante.

Au matin je pars faire ma toilette : soleil voilé et petit vent. Je rentre vers 11H, alors que commence à tomber quelques gouttes éparses. Petite averse. Pas d’Internet. Le village est presque désertique, la plupart des enfants sont à l’école (sauf les tout-petits bien sûr). Mais quelques-uns, à partir de 12-13 ans, n’y vont plus, ils préfèrent travailler. Ici, j’ai l’impression d’être au XIXème siècle ! Déjeuner de momos, ils sont bons ; alors pourquoi m’en priver ?

Pas mal de tonnerre et quelques petites averses l’après-midi, ce qui n’empêche pas les travailleurs de charger leurs camions de sable. Quel travail !

En fin d’après-midi des gamins, de retour de l’école, font leur lessive ; c’est comme ça ici (et c’est une bonne éducation, ça les rend débrouillards et vite autonomes)

A Lubughat  Lessive, Lubughat

 

Vendredi 23 : Temps superbe et journée ordinaire, je repose mon genou qui a retrouvé son allure habituelle. Mais je me demande si je pourrai, d’ici une dizaine de jours, refaire un petit trek.

Il y a quelques jours, je me suis fait piquer par des fourmis (rouges ?), elles sont féroces et je suis toujours enflé (oreille et dos). Pourquoi faut-il toujours que quelque chose aille mal ?

Je profite du soleil pour faire une grande toilette et laver du linge à la rivière. Moyens du bord… Momos au déjeuner. Plus loin, camions ensablés, cela arrive plusieurs fois par jour et les chargeurs de sable perdent un temps précieux.

Le soir, Internet rame toujours, aussi je fais court. Pas pu ouvrir mon Facebook depuis mon arrivée au village !

Préparation de momos, Lubughat  Camion ensablé, Lubughat

 

Samedi 24 : Encore du très beau temps, il a fait même chaud. Coup de soleil sur la figure, réverbération de l’eau sans doute. Comme les jours précédents, repos presque absolu et lecture près de la rivière, un des seuls endroits où il y ait un peu d’ombre. Dans la matinée, enfants chahuteurs dont j’ai un peu de mal à me débarrasser pour être un peu tranquille. Le samedi correspond ici à notre dimanche, donc pas de classe (toutefois demain dimanche, il n’y aura exceptionnellement pas classe). Momos au déjeuner, je ne m’en lasse pas. Par contre le chowmein d’hier soir n’était pas fameux.

Soirée photos avec des gens du village : je fais défiler les photos prises les années précédentes (je suis venu ici pour la première fois en avril 2013). Puis bon daal bhaat. 

Pêche au filet, Lubughat   Sumitra, Lubughat

 

Dimanche 25 : C’est décidé, je rejoindrai Bhaktapur demain. Depuis quatre jours, à court de médicaments (notamment anticoagulant), je jongle, espaçant mes prises de 36 heures au lieu de 24. Ce repos forcé a eu du bon : je remarche normalement ; mais je ne sais pas si j’aurai le courage de retenter un trek d’une semaine à Pokhara, où je devrais me rendre dans quelques jours. 

Maisons détruites, Lubughat   Phulmaya et les chèvres, Lubughat

Ce dimanche fut encore une belle journée, bien ensoleillée, que j’ai occupée de la même façon que les précédentes. A la rivière, j’ai même essayé de faire un peu de lessive : pas facile quand on n’a pas l’habitude ni le savon approprié. Ah, si j’avais une femme !

Momos à midi, partagés avec Soroj (celui qui recharge mes batteries) et deux gamins.

Femme Tamang, Lubughat  Fillette Majhi, Lubughat  Jeune Lama, Lubughat

Un peu fatigué l’après-midi, le soleil et la chaleur je pense. Peu de camions aujourd’hui ; bizarre que cette récolte de sable soit devenue la principale activité du village alors qu’elle n’existait pas avant.

Petit cadeau pour les jeunes du village : un ballon de volley (ils ont visiblement laissé tomber le foot dont le terrain de sable, il est vrai, est de plus en plus rongé par l’extraction de sable).  

Pour ce dernier jour, j’offre un chowmein à quelques gamins du village (ça ne me coûte pas grand-chose : on peut ici manger à 20 personnes pour le prix d’un petit menu de restaurant en France).

Jeune Tamang, Lubughat  Perché, Lubughat  Fillette, Bhaktapur

 

Lundi 26 : Petit-déjeuner pris, facture payée (90 euros pour ce séjour de dix jours en pension complète !), il est temps de partir. Mais avant, Phulmaya, mon hôtesse Tamang (bouddhiste), me passe un khata autour du cou (l’écharpe tibétaine). Un moment émouvant. Plus bas, à la sortie du village, c’est au tour de Nanimaya, elle aussi Tamang, à m’offrir un khata. C’est vraiment sympa !

A Lubughat  Remise du khata, Lubughat

Traversée du pont suspendu au-dessus de la rivière Sunkoshi. Quelques enfants m’accompagnent jusqu’en haut de la côte, là où stationne le bus direct pour Bhaktapur. Ce dernier, datant du siècle dernier, démarre à 9H30. Ce n’est qu’un aurevoir… Mauvaise piste perchée au-dessus d’un précipice avant de rejoindre la route principale. Il ne faut pas avoir le vertige !

Les enfants, Lubughat  Krishna, Lubughat

Trois heures plus tard, après avoir été bien cahoté sur un siège qui ne tenait pas bien, me voici à Bhaktapur. J’ai terminé la lecture du très long roman dont j’ai déjà parlé (très bien).

Rajani, de retour du collège, vient me rejoindre près de l’arrêt de bus et me conduit, à ma demande, à un restaurant typiquement newari où nous déjeunons d’un khaza de mouton, c’est bon et ça change des momos et du daal bhaat.

Puis je récupère ma chambre à la guesthouse, juste avant qu’un déluge accompagné d’éclairs et de tonnerre ne s’abatte sur la ville une bonne partie de l’après-midi. Heureusement, le Wifi fonctionne bien (pour une fois !). J’arrive à sortir lors d’une éclaircie pour faire quelques courses et retirer de l’argent à un distributeur.

En soirée, le ciel s’est éclairci (si l’on peut dire) et je me rends à mon restaurant habituel ; mais je suis très déçu du hamburger qui m’est servi.

Martin-pêcheur, Lubughat  Khaza, repas newari, Bhaktapur

 

Mardi 27 : La journée avait bien commencé, beau temps, visite chez des amis… Avec Bishesh, je pars me balader jusqu’au Kamal pokhari (bassin), en passant par le beau temple hindou de Dattatreya. J’essaye de retrouver Karan, un jeune que j’avais aidé pour son permis de conduire (pour être chauffeur poids-lourds). Je ne le trouve pas, mais laisse mes coordonnées dans un restaurant où il a l’habitude de manger.

Déjeuner au Pond Station Restaurant d’un chatamari, un genre de pizza fine népalaise, très bonne (je ne connaissais pas). En revenant vers le centre, distrait, je heurte un potelet sur le trottoir et me fais très mal au genou, celui qui allait bien mieux. J’ai vu mille étoiles, vraiment ! 

Enfant newari, Bhaktapur  Porte-bonheur, Bhaktapur  Ecolier, Bhaktapur

Arrêt près de mon pokhari préféré, où je bouquine à l’ombre. En moins d’une heure mon genou a doublé de volume, je ne m’y attendais pas. Rajani vient me rejoindre et nous allons à une pharmacie qui me vend une crème anti-inflammatoire. Sur le chemin du retour, yaourt dans mon boui-boui habituel. Je marche en clopinant et Rajani me raccompagne jusqu’à ma guesthouse. Sur la place Taumadhi, des hommes commencent la fabrication du chariot géant qui sera utilisé durant Bisket Jatra (fête du nouvel an népalais) ; seules les roues géantes des années précédentes sont récupérées.

Fin d’après-midi et soirée dans ma chambre, je souffre pas mal et, si j’arrive à plier ma jambe, impossible de l’étirer. Deux amis passent me voir un moment. Je ne sors pas pour diner, tant pis. Si ça ne va pas mieux demain, il me faudra aller à l’hôpital ; j’espère ne pas m’être pété un ménisque. Dur de vieillir !

Temple de Dattatreya, Bhaktapur  Préparation du chariot de Bisjet Jatra, Bhaktapur


 

 
20/03/18

Au Népal du mercredi 14 au mardi 20 mars 2018 (troisième semaine) :

Mercredi 14 : Une journée de plus à Bhaktapur. Avec Rajani, je vais visiter l’endroit où habite Amraj : presque un bidonville, où les bidons sont remplacés par des murs de briques non cuites surmontés de tôle ondulée. Un abri de 6 m² où Amraj vit avec ses deux petits frères, sans fenêtre et où la porte n’est qu’un simple rideau. Le père et la mère ont eux aussi une pièce du même gabarit. Je ne m’attendais pas à ça. Le père est contremaître dans la briquèterie voisine, la maman de 39 ans est malade, arthrose prononcée, et paraît dix ans de plus. Une famille que je vais essayer d’aider.

Bidonville d'Amraj, Bhaktapur  Fabrication de briques, Bhaktapur

Déjeuner avec Rajani, Amraj et Hari. Ce dernier, que je parraine depuis deux ans, veut entamer de coûteuses études de médecine que sa famille ne peut absolument pas financer. Rien de spécial autrement…

Porte d'Or, Bhaktapur  Rémouleurs, Bhaktapur

 

Jeudi 15 : Temps gris. Passé une partie de ma matinée à réserver les vols de mon prochain voyage (Indonésie) ; une bonne chose de faite. Déjeuner de burger de buffle dans un petit restaurant récent : excellent, le meilleur mangé au Népal jusqu’à présent. Vers 15H30 je prends le bus pour Katmandou. Embouteillage comme d’habitude. A Thamel je fais plusieurs boutiques avant de dénicher des shorts à ma taille (XXL). J’en achète quatre, je suis ainsi pourvu pour plusieurs années. Je rencontre par hasard Prodip, un sympathique guide que j’avais eu en 2014. Puis une autre connaissance. Et encore une autre (c’est fou !). Je discute aussi avec le patron d’une agence de kayaking et rafting (j’envisage de faire une ou deux journées de kayak. Enfin, à 18H30, je me rends à une soirée au « Classic Buffet Point » pour fêter le Bratabanda (genre de confirmation hindoue) de deux neveux de mon ami Sarbendra, Samyak et Sampanna. Au moins 500 invités, excellent buffet d’amuse-gueule et autre de différents plats népalais. Discussion avec Sarbendra, son ami journaliste et une jeune guide. Vers 20H je prends un taxi et rentre à Bhaktapur.

Samyak et Sampanna Pachhai, soirée de Bratabanda, Classic Buffet Point, Katmandou  Soirée de Bratabanda, Classic Buffet Point, Katmandou

 

Vendredi 16 : Malade toute la nuit, le foie et les intestins ; je ne comprends pas bien pourquoi, peut-être le bon hamburger de midi ? Mais il me faut bien me lever, des amis m’attendent pour me rendre à leur village. Premier bus à 8H jusqu’à Banepa. De là autre bus, direct, pour Lubughat. C’est la première fois que je prends ce bus direct, bien pratique ; il n’y en a que deux par jour mais il ne faut pas voir la frousse sur la piste montagneuse à l’arrivée. Je sommeille les trois quarts du temps, je suis très mal installé et KO.

Je n’avais pas prévu de venir ici maintenant, mais comme j’ai le temps suite à mon entorse j’en profite. Je m’installe dans ma chambre habituelle, si l’on peut appeler ça une chambre : murs et toit en tôle ondulé, séparation avec les autres chambres en contreplaqués très fins et troués. J’ai acheté mes propres draps (j’avais acheté un matelas fin l’an dernier pour améliorer le quotidien). Je dors pratiquement tout le reste de la journée, sauf quelques sauts intempestifs aux toilettes à la turque à 100 m de là. Dans les conditions actuelles j’aurais préféré un siège. Mais c’est toujours mieux que d’aller le long de la rivière comme la plupart des autres villageois.

En soirée, l’électricité solaire ne fonctionne pas dans ma chambre. Je dine d’une petite assiette de riz et de lentilles, je ne sais pas si c’est bon pour le foie (c’est tout ce que j’ai mangé de la journée).

Lubughat  Pont suspendu de Lubughat

 

Samedi 17 : En pleine nuit, je dois absolument me lever et débarricader comme je peux la porte de la guesthouse. Arrivé aux toilettes, la clé a disparu ! Tant pis, le champ fera l’affaire.

Je croise un homme qui chante dans le village en soufflant dans une trompette. Je le prends pour un homme soûl. J’apprendrai le lendemain qu’il s’agit du « jogi », une sorte de sorcier qui vient ici et tourne autour des maisons pour chasser les mauvais esprits (les gens y croient).

J’ai du mal à me lever le matin, coups de couteaux dans le ventre. Vient un chaman qui, en marmonnant, aspire les maux de mon ventre. Je me laisse faire, qu’est-ce-que je risque ? Peu après les douleurs disparaissent mais je suis toujours malade. Depuis hier matin je me soigne : ercéfuryl, immodium, plâtre intestinal, comprimés pour le foie ; pas d’un grand effet. J’enrage un peu. Si demain je ne vais pas mieux, je rentrerai à Bhaktapur.

Je petit-déjeune de deux tranches de pain de mie. Je ne sais pas ce qui est bon pour moi. Je me sens un peu mieux et vais à la rivière faire ma toilette (pas d’autre moyen ici). C’est sale et je demande aux enfants de nettoyer la rive, ce qu’ils font sur une cinquantaine de mètres (vous verriez ce qu’ils ont ramassé !). L’eau ne me paraît pas très claire mais, bon…

Les enfants sont contents, ils ont pu récupérer la culotte de leur grand-mère, emportée par les eaux (photo plus bas).

Un chauffeur de 15 ans, Lubughat   Gamin dans la rivière Sunkoshi, Lubughat

Deux ou trois nouvelles maisons ont été construites ; beaucoup d’autres ne sont toujours pas réparées des conséquences du tremblement de terre. Et l’électricité, qui aurait dû arriver l’an dernier, n’est toujours pas là : les poteaux arrivent jusqu’au village mais les fils électriques stoppent à une centaine de mètres et es travaux sont arrêtés. L’an prochain, espèrent les habitants. Une nouvelle route devrait aussi passer par ici. Mais quand ?

Reste de la journée à lire ou à dormir. Ça va un peu mieux le soir, mais quel gargouillis dans mon ventre ! Je travaille même un peu sur mon ordi. Pas d’Internet ici. Mon téléphone ne passe pas, sauf sur le pont suspendu au-dessus de la rivière. Je vais essayer… 

Me voilà assis par terre sur les ferrailles du pont, fort inconfortables. Et la nuit tombe ! Ça marche mais très lentement, 10 minutes pour chaque photo ; j’abandonne… 

Retour du chaman, comme promis, pour une seconde séance ; il ne veut pas d’argent mais accepte une bière. Riz au repas. Soirée tranquille, lumière non réparée dans mon taudis : « demain ». C’est ce qu’on m’a déjà dit hier… Cela dit mon taudis coûte moins de deux euros la nuit !

Balade à travers champs, Lubughat  Ils ont retrouvé la culotte de la grand-mère !, Lubughat

 

Dimanche 18 : Je vais bien mieux ce matin, à priori retour à la normale. Par précaution je vais toutefois continuer mon traitement jusqu’à demain. Discussion avec Namraj, le père d’Hari, qui est le pharmacien du village ; non pas au sujet de ma maladie mais au sujet de deux projets que j’avais pour Lubu. Le premier est l’installation de tonneaux-poubelles (vu la saleté régnante) avec récupération pour recyclage des cannettes, verres et surtout plastiques : il semble irréalisable pour le moment, peur notamment que les poubelles disparaissent puis que personne en s’en occupe. Le second est la construction de toilettes et douches publiques ; en effet seules quelques maisons disposent de toilettes et les gens vont donc au bord de la rivière. Là encore il est trop tôt pour cela, d’autant plus que j’apprends qu’un projet de barrage hydro-électrique est en cours et que, si cela se faisait, une grosse partie du village disparaitrait. Rien de sûr encore, comme pour la nouvelle route prévue, de huit mètres de large : ça peut durer des années ou ne jamais se faire (corruption notamment).

A Lubughat   Ricochets, Lubughat

Bref, incertitude totale ici, tout stagne, le village n’a même pas de leader, de représentant politique, donc n’avance pas. Chacun fait son business à sa manière, avec les moyens du bord. C’est pourquoi peu de maisons ont été reconstruites ou réparées depuis le séisme…

Reste de la matinée et début d’après-midi à bouquiner au bord de l’eau, au calme. Des enfants pêchent ou se baignent un peu plus loin. Puis, à la guesthouse, j’arrive à avoir par intermittence la 3G. Le temps de me mettre presque à jour et la batterie de mon ordinateur est vide. On ne peut plus recharger dans le village, paraît-il : il faut grimper de l’autre côté du pont suspendu où l’électricité arrive. Ce que je fais. Pour rien, coupure d’électricité ! Une heure de grimpette et de redescente pour rien. Ce qui me permet de voir que on genou, qui a bien dégonflé maintenant, tient le coup même si j’ai une petite douleur de temps en temps (due à l’opération des ménisques subies il y a 40 ans).

Soirée à bouquiner, rien de spécial. Ah si ! On a réparé ma lumière ; comme quoi tout arrive !

Temple de Ganesh, Lubughat  La viande de buffle sèche, Lubughat

 

Lundi 19 : Excellente nuit. Bonne surprise au petit matin : Soroj, que j’ai surnommé Mr Momo parce qu’il les aime, le voisin chez qui j’avais dormi quelques jours après le tremblement de terre, me propose de charger mes appareils chez lui. Je dois toutefois aller acheter un transformateur qui peut se brancher sur la batterie de son solaire, ce que je fais avec lui. Et ça marche ! Je suis ravi.

Labourage, Lubughat

Comme hier, je vais m’installer au bord de la rivière, à l’écart du village, près d’une bande de langurs, pour la matinée. Je peux y faire ma toilette en toute tranquillité et bouquiner : je suis environ à la page 1 100 de « Un garçon convenable », un roman indien fort intéressant qui en comporte plus de 1 800 !

Déjeuner d’une assiette de momos, j’essaye de faire un peu la diète. Puis je longe la rivière dans l’autre sens, là où de petits camions viennent faire le plein de sable (par des jeunes du village). Petit tour en fin d’après-midi au village majhi, quelque peu désert à cette heure (mais beaucoup de porcs, de truies et de progéniture).

Soirée Internet : j’arrive à avoir de la 3G par intermittence. Résultat : il me faut à peu près 1 heure pour faire ce que je fais chez moi en moins de cinq minutes. Je pique des crises par moments ! C’est très pénible, vraiment…

Langurs, Lubughat  Ramassage de sable, Lubughat

 

Mardi 20 : Journée de repos, toujours par beau temps (mais, même si Lubughat n’est qu’à 530 m d’altitude, il n’y fait pas encore trop chaud en mars). J’ai bien récupéré, il me semble, de mes problèmes de santé. Courte balade et lecture près de la rivière. Pas grand-chose d’autre à faire.

Déjeuner de momos au poulet à midi (pour environ 0,50 €), ils sont vraiment très bons ici. Trois enfants les confectionnaient avec soin ce matin ; je me demande s’ils se sont lavés les mains avant (j’en doute un peu).

Réussi à faire charger tous mes appareils, à droite et à gauche. Au retour de l’école, des enfants partent pêcher, soit avec un simple fil, un hameçon e un insecte, soit avec un petit filet, assis sur une chambre à air qui se laisse entrainer par les flots de la Sunkoshi. Pas d’école au village ; celle située un peu plus haut dans la partie majhi, pourtant en bon état, est fermée (pas assez d’élèves sans doute). Ils ont donc deux possibilités : se rendre dans une école privée après Nepalthok à environ 45 mn de marche, soit grimper jusqu’à l’école gouvernementale de Khanipani, un village perché bien plus haut à une heure de marche (un peu moins pour revenir). Aucun moyen de transport prévu, évidemment.

Lubughat est habitée de personnes venant de plusieurs ethnies, et qui ont l’air de bien s’entendre ensemble : des Tamangs ou/et Lamas (ethnies mongoles), des Khadkas, des Thapas, des Pandeys et, j’en ai déjà parlé, des Majhi qui sont majoritaires. Ces derniers sont originellement des pêcheurs, mais ils pratiquent aussi l’élevage et l’agriculture. C’est une famille majhi qui possède une bonne partie des terrains ici.

Enfant Majhi, Lubughat  Fillette Khadka, Lubughat  Vieille Tamang, Lubughat 


 

 
13/03/18

Au Népal du mercredi 7 au mardi 13 mars 2018 (seconde semaine) :

Mercredi 7 : Mauvaise nuit, heures blanches à penser au lendemain : dois-je continuer ce trek compte-tenu d’une part de la mauvaise entente avec Suman et, d’autre part, de mon mal au genou ? Je n’arrive pas à me décider, j’avais tellement envie de le faire, besoin aussi de d’aérer mon corps et de perdre quelques kilos (au minimum 6 ou 7) ; et puis tout est payé, et ce n’est pas rien. Je me lève très fatigué, vraiment, et complètement découragé : je boîte encore, comme hier après-midi. Ah, cette maudite chute ! Quant à notre différend, je ne peux même pas appeler l’agence, aucun moyen de communication ici. Que feriez-vous à ma place ? Petit-déjeuner d’un thé, d’un pain tibétain et d’une omelette de pommes de terre. Je discute avec le jeune couple de Français qui ont tous deux une formation médicale : ils me conseillent d’essayer de marcher aujourd’hui, en ne forçant pas (comment pourrai-je ?) et en m’arrêtant si je suis fatigué. Bon, j’y vais…

Sources chaudes, Tatopani  Pont suspendu sur la Buddhi Gandaki, chemin de Dohban

Nous partons vers 7H50, toujours autant de mules. Peu après Khorlabeshi, l’armée coupe la route et nous oblige à grimper abruptement par une déviation 150 m plus haut suivie d’une descente casse-gueule au possible. Je fulmine : juste ce qu’il ne me fallait pas ! C’est fou, d’autant plus que les mulets et muletiers ont continué leur chemin par la piste du bas (et ont pris beaucoup d’avance). A 10H, arrivée à Tatopani (ce qui veut dire « Sources chaudes », il y a beaucoup de Tatopani au Népal). Il s’y trouve en effet une source chaude qui arrive dans un petit bassin aménagé qui donne presque envie de se doucher. Après ces deux heures de marche, je me sens déjà fatigué et mon genou m’élance un peu, je fais très attention à chaque pas. On entend des déflagrations au loin, la dynamite. Quelques singes s’amusent dans un arbre.

Après un court arrêt, nous continuons. Depuis ce matin, tout comme hier, le chemin est assez désagréable : jonché de caillasses, de filets d’eau, d’endroits boueux ou défoncés par les mules ; même les escaliers sont presque entièrement détruits. J’essaye d’éviter tant que possible les crottins de mules. Et cette odeur permanente de pisse ! Ces mouches de partout (mais qui restent fort heureusement au sol, trop occupées à dévorer les excréments) ! Chaque fois que passe un convoi de mules, il nous faut nous ranger où l’on peut, sous peine de tomber ou de se faire précipiter dans le vide.

Femme sur la piste de Khorlabeshi  Muletière, vers Tatopani  Macaque, vers Tatopani

A force de mesurer chacun de mes pas, je peine vraiment (quand je pense à mon allant d’hier matin !). Nous arrivons au village de Dobhan (1070 m) à 11H50, après juste quatre heures de marche, à mi-chemin de l’étape prévue. Je ne veux pas forcer et décide de rester là : je verrai demain si je vais mieux. Petite chambre de deux lits étroits à l’hôtel Royal Mountain (hôtel est un bien grand mot). Aucun confort. Les murs de séparation entre les chambres sont un simple contreplaqué. Heureusement nous y sommes (et resterons) seuls. Je m’allonge aussitôt et m’endors, réveillé un peu plus tard pour le déjeuner, un bon et copieux daal bhaat que nous prenons à l’extérieur dans la cour. Puis je me rendors jusqu’à 16H ; c’est dire ma fatigue… Juste derrière ma chambre, pré pour les biquettes (d’où une floppée de mouches) avec un terrain de volley au milieu sur lequel, en soirée, viendront jouer les ados du village.

En fin d’après-midi, une grosse heure de travail sur mon ordi, dans la cour de cette guesthouse en U. Plus tard, excellent plat de spaghettis. Ici, l’électricité est solaire et fonctionne bien, la gentille patronne me laisse recharger gratuitement toutes mes batteries (c’est souvent payant). Je ne me couche pas trop tard, avant 22H.

Récapitulatif jour : 4H de marche, dénivelé +590m : +350m/-240m - Cumul : 9H45, dénivelé +1510m : +930m/-580m

Hôtel Royal Mountain, Dobhan  Mon genou gauche (à gauche) bien enflé ce soir  

 

Jeudi 8 : Excellente nuit, j’ai bien récupéré et me sens en forme. Mais mon genou m’élance, je ne peux plus le plier et je suis inquiet pour la suite. Vous ne me croirez pas : le pire est d’aller aux toilettes à la turque (comme partout ici) : je n’arrive pas à m’accroupir normalement. Alors, pour viser… Et pour me relever c’est la galère ! (ça vous fait rire ? Pas moi…)

Petit-déjeuner correct (omelette et pancake) et départ à 7H35. Temps superbe. Ça a l’air d’aller, je marche doucement, en faisant attention à chacun de mes pas ; je ne peux risquer le moindre faux-mouvement et, pourtant, cela arrive. Suman reste constamment près de moi depuis hier et m’aide à plusieurs reprises, notamment quand je perds l’équilibre ; il est très attentif et gentil (notre dispute est loin). Je pourrai prendre un bâton, mais cela me gênerait plus qu’autre chose : mes mains, libres, servent souvent à me rattraper.

Beaucoup de convois de mules ce matin, c’est assez pénible car nous devons nous arrêter à chaque fois pour les laisser passer. Ces bêtes sont en général très belles et font un sacré travail sur ces sentiers défoncés encombrés de pierres. Elles peuvent porter jusqu’à 80 kg (40 de chaque côté) et ce sont souvent des matériaux de construction (ciment notamment).

Sur le chemin de Thulo Dhunga  Mules, chemin de Thulo Dhunga

Nous atteignons le lieu-dit Syauliabhatti à 8H30, un lieu sans doute récent qui ne figure pas sur ma carte, où un lodge rudimentaire a été construit après le séisme de 2015 (l’épicentre du séisme était dans cette région de Gorkha). Après le passage d’un gros éboulis, continuation avec de plus en plus de mal jusqu’au petit village de Thulo Dhunga, où nous sommes à 10H, environ à mi-chemin de Jagat, où il était prévu que je dorme hier soir.

Nous poursuivons un quart d’heure encore et, là, je pense prendre une bonne décision : je fais demi-tour. Il est absolument impossible que, sans plusieurs jours de repos, je puisse remarcher normalement et, sans une bonne forme, que ferai-je quand je serai à 4 ou 5 000 mètres d’altitude ? Inconcevable. Je suis triste, bien sûr, mais je ne peux tenter le diable ! Il faut encore que j’arrive à redescendre jusqu’à Soti Khola où se trouvent les Jeep. En combien de jours ? J’ai le temps maintenant. Mais je suis pratiquement certain que je ne pourrai plus faire de long trek de ma vie ; quel dommage !

Nous repassons à Thulo Dhunga. Petit arrêt au restaurant, où un bébé dort dans son panier-berceau. Des brochettes de morceaux de poissons de rivière grillent sur le feu, ainsi que deux minuscules poulets.

Cuisine et poulets, Thulo Dhunga  Bébé, Thulo Dhunga

Encore beaucoup de mules sur le sentier. Retour difficile pour moi, mais je me sens libéré du poids de l’indécision. J’aperçois enfin Dobhan au détour de la vallée. Des paysans labourent un terrain sablonneux pour sans doute y planter du maïs. Ils sont aidés d’adolescents ; pas d’école aujourd’hui : c’est la journée de la femme. Sous le pont suspendu qui traverse une petite rivière des enfants pêchent ; belles prises. Et, à 12H25, nous voilà revenus à notre point de départ. Je reprends la même chambre au Royal Mountain.

Déjeuner d’un daal bhaat, douche froide et bonne sieste pendant laquelle il se met à pleuvoir. Vers 16H30 des jeunes viennent jouer au volley ; compte-tenu de leur petite taille (les Gurungs, d’origine mongole, sont trapus et dépassent rarement 1,60 m), ils jouent bien et ils en veulent, surtout après une journée de travail aux champs ! Je leur laisse de quoi s’acheter un nouveau ballon.

Comme hier soir, puisqu’ils étaient bons, je dine de spaghettis puis travaille une bonne heure avant de me coucher.

Récapitulatif jour : 4H50 de marche, dénivelé +300m : +150m/-150m - Cumul : 13H35, dénivelé +1810m : +1080m/-730m

Travail au champs, Dobhan  Partie de volley, Dobhan

 

Vendredi 9 : Nuit moyenne, mon genou m’élance trop souvent. Bon petit-déjeuner et départ à 7H30 sur le chemin du retour. Dès ma masse musculaire chauffée (masse : c’est le terme), je marche plutôt bien, toujours en faisant très attention. Nous repassons dès 9H15 à Tatopani et laissons les eaux chaudes et les singes derrière nous. Toujours de nombreux convois de mulets qui nous retardent. Lorsque l‘un se casse une jambe, il ne l’achève pas, il le balance en contre-bas ; quelle fin horrible ! Et alors que ça se mange !

Un peu plus loin nous sommes bloqués par l’armée qui veut nous faire prendre la déviation qui passe bien au-dessus des travaux de construction de la piste, comme à l’aller (avec une descente très pentue). Ou alors il nous faut attendre une heure (jusqu’à 11H) la pause-déjeuner des ouvriers (au Népal on ne mange que deux fois par jour, vers 11H et le soir). Je choisis cette solution, même s’il nous faudra entrer dans la rivière (les mulets y arrivent, un âne peut bien faire la même chose). Tout en haut, au-dessus du précipice, les ouvriers travaillent sans aucune protection (si ce n’est un casque). Avec des barres à mine ils basculent des rochers qui provoquent des éboulis dans la rivière, c’est impressionnant. Ils pourraient basculer eux-aussi d’un simple faux-mouvement.

Une heure plus tard, à l’heure prévue, les ouvriers descendent et nous rejoignent ; l’un d’eux n’a guère plus de 15 ans. Nous partons alors et, sans chaussures, rentrons dans la rivière sur une vingtaine de mètres. Des cailloux retardataires continuent de pleuvoir du ciel, c’est un peu risqué mais nous passons sans problème.

Fillette, Tatopani  Volleyeur, Dobhan  Volleyeur, Dobhan

Et, peu après, nous voilà à Korlabeshi, où j’ai dormi mardi. Pas le temps de nous arrêter, il nous faut passer par deux autres points de travaux avant que les ouvriers ne reprennent ; sinon il faudra prendre la déviation de mardi, celle où j’ai chuté, ou attendre 17H, ce qui serait bien long sans repas. Nous passons le premier point et, par chance (j’ai marché aussi vite que possible), le second juste avant qu’il ne ferme. Mais je commence maintenant à ressentir fatigue et douleurs (j’ai fini par prendre un paracétamol ce matin).

Quel bonheur quand j’aperçois au loin Macchakhola ! Nous y arrivons (moi péniblement) à 13H35 et nous installons à l’hôtel Chumvally (chambre sommaire à moins de 4€ la nuit, douche commune avec eau tiède). C’est là que j’ai si mal déjeuné mardi. Mais, ce midi, le daal bhaat est correct. Je discute un peu avec un jeune Français de Madagascar, vais me doucher et travaille alors que la pluie tombe (une heure). L’après-midi passe vite. Bon diner de macaronis (encore !) et je rejoins ma chambre de bonne heure.

Récapitulatif jour : 5H de marche, dénivelé +440m : +120m/-320m - Cumul : 18H35, dénivelé +2250m : +1200m/-1050m  

Construction d'une piste, sud de Tatopani  Suman dans les éboulis, sud de Tatopani

 

Samedi 10 : Bonne nuit (avec boules Quiès) jusqu’à 5H30, heure à laquelle un groupe de randonneurs canadiens sur le départ fait un raffut pas possible ; les gens qui arrivent tard ou partent tôt pensent toujours qu’ils sont seuls ! Une fois partis impossible de me rendormir mais je feignante sous la couette et bouquine. Aujourd’hui j’ai le temps : en fait, je n’ai toujours pas décidé si je reste ici pour une journée de repos ou si je continue ma descente.

Finalement je vais déjeuner vers 8H et nous quittons Macchakhola à 9H35. Encore des travaux en hauteur ça et là, des éboulements et de la poussière fort désagréable. Et puis les convois de mulets, mais qui ne sont pas gênants ici puisque la piste est large la plupart du temps. Malgré mon entorse, je marche plutôt bien car le sol est assez meuble et nous arrivons à Lapubesi à 11H20. Je tiens le coup même si je n’ai pas trop l’habitude (d’habitude, c’est plutôt mes chevilles qui enflent). Plus j’avance, plus je me dis que j’ai bien fait de renoncer : je n’aurai jamais pu passer ainsi sur le glacier du Manaslu !

C’est toutefois en peinant que j’arrive à Soti Khola à 13H35. J’ai mis 4H au lieu de 3H15 à l’aller, ce n’est pas si mal. Et c’est ici la fin de mon trek, un tout petit trek ! Je suis tout de même triste.

Récapitulatif jour : 4H de marche, dénivelé 470m : +150m/-320m - Cumul final : 22H35, dénivelé +2720m : +1350m/-1370m

A l'hotel Chumvally, Macchakhola  Travaux et éboulements sur la piste de Khanibesi

Nous déjeunons là d’un bon daal bhaat en attendant que le bus pour Arughat Bazaar veuille bien partir. Prévu pour 15H, il démarre à 15H30. Toutes les places assises sont prises et il charge encore du monde sur la piste en très mauvais état ; faut-il qu’il soit solide pour résister à ces trous et ces bosses ! Le conducteur est un homme en chignon et pas moins de trois assistants, des gamins, l’aident ! Il nous faut presque une heure et demie pour atteindre Arughat Bazaar, à 510 m d’altitude (le double du temps qu’en Jeep à l’aller). Là nous rejoignons l’hôtel Third Step, où j’ai une chambre avec salle d’eau et WC moderne (enfin, pouvoir faire ses besoins sans acrobatie !). Le Wifi fonctionne bien et je me mets à jour en plusieurs heures (mais perds, je ne sais pour quelle raison, tous mes podcasts ; que les rechargerai en partie la nuit).

En soirée je suis dévoré par les moustiques, je n’ai pas de bombe pour me protéger. Chowmein correct pour le diner et bouteille de Coca fraiche (si vous saviez le bonheur !). Douche chaude au seau (pommeau cassé). Je pense qu’en quelques jours j’ai perdu 3 ou 4 kg, c’est toujours ça ! Coucher à 23H.

Mulets, sur la piste de Khanibesi  Rizières vers Kokhetar

 

Dimanche 11 : Contrarié par les désagréments passés, je me réveille à 4H et, du coup, me mets sur mon ordinateur. Petit-déjeuner à 6H avant de rejoindre le stand des bus pour Katmandou. J’obtiens, juste derrière le chauffeur, une place où je peux mettre mes jambes, bien qu’une grosse femme soit assise en travers sur le capot intérieur du moteur et me gêne. Il faut dire qu’au Népal, les humains voyagent dans de plus mauvaises conditions que les animaux chez nous ! Bus encore surchargé. Il démarre à 7H, juste à l’heure. Et nous voilà reparti en galère sur la piste défoncée et poussiéreuse. C’est fou !

A 10H35, premier arrêt pour ces dames qui s’éparpillent dans les buissons. Plus tard, des travaux nous bloquent pendant vingt minutes. Et, à 11H25, une demi-heure d’arrêt pour le déjeuner. Bon daal bhaat avec poulet.  

Nous repartons et, 20 mn après, arrivons à Malekhu, à la jonction de la route Katmandou-Pokhara. C’est là que je descends, alors que Suman et Narayan continuent jusqu’à Katmandou. Un quart d’heure plus tard, je suis (très mal) assis dans un bus en direction de Pokhara ; pas de place pour mes jambes que je laisse dans le couloir. Une heure d’assez bonne route me conduit à l’entrée du site de Manakamana, où je descends.

Jeunes filles, près de Lapubesi  Narayan et Suman déjeunent

En contrebas de la route se trouve une télécabine d’une longueur de 2,8 km, construite en 1998. Je l’avais déjà prise en 2010. Le billet A/R pour touristes est à 16 euros, trois fois plus cher que pour les Népalais. Deux énormes panneaux publicitaires posés sur le flanc de la montagne dénaturent le site (Ncell et Citizens Bank) ; les gens ne savent plus quoi inventer pour enlaidir notre monde ! Petite file d’attente pour monter mais, étant seul, je suis favorisé et peux passer devant afin de compléter une cabine. En haut, plusieurs centaines de personnes attendent pour descendre ; normal, c’est dimanche, le jour le plus chargé avec le samedi.

Je me rends de suite, par la rue piétonne qui grimpe, à l’hôtel que je connais, le Sunrise Home. Chambre calme tout en haut, au quatrième, que je dois abandonner presque aussitôt car le Wifi n’y passe pas. Je me retrouve au second, plus bruyant (rue), avec un grand lit mais des toilettes à la turque. Comme souvent au Népal, rien n’est entretenu, c’est dommage ! En semaine la chambre coûte 8 € mais cela triple les vendredis et samedis.

Eau chaude uniquement le matin, je prends donc une douche froide vu la poussière avalée ce matin, puis me repose une partie de l’après-midi alors qu’il pleut.

En fin d’après-midi, tour dans le village sans charme construit en haut de la montagne à 1 300 m d’altitude : des immeubles de trois ou quatre étages, dont le rez-de-chaussée fait boutique (surtout d’articles plus ou moins religieux), alimentation ou restaurant. Beaucoup d’hôtels et de guesthouses, la clientèle étant surtout népalaise ou indienne. 

Manège, Mangaltar  Dans la télécabine, Manakamana

Je suis à priori le seul touriste ici ce soir. Vie ordinaire : de petits groupes discutent sur le bas de porte, dans une cour deux chèvres sont égorgées puis dépecées, des commerçants ferment boutiques puis tout devient presque désert.

Ce que je ne savais pas, c’est que le temple de Manakamana, carré avec deux toits, a été bien endommagé par le tremblement de terre ; il est en reconstruction et caché par des échafaudages qui ont l’air de plaire aux macaques. Quel dommage ! La légende raconte qu’une reine, femme du roi de Gorkha Ram Shah, régnant au XVIIème siècle, possédait des pouvoirs extraordinaires et, à la mort de son mari, commis le Sati (c’est-à-dire qu’elle s’immola par le feu sur le corps de son mari, chose que devrait faire toute femme). Après six mois, elle fut réincarnée en déesse (Manakamana). C’est alors que ce temple fut bâti.

Ma balade m’amène aux deux côtés du village, d’où partent des pistes, l’une rejoignant la route principale, l’autre allant vers Gorkha, à 12 km au nord à vol d’oiseau. Puis je rentre à l’hôtel où je dine d’une thukpa, genre de soupe de pâtes de riz avec petits légumes et bouts de viande. Au lit à 22H.

Temple de Manakamana en reconstruction   Petit macaque, temple de Manakamana

 

Lundi 12 : Bonne nuit. Après le petit-déjeuner à l’hôtel, je pars me promener. Les pèlerins commencent à arriver un peu avant 9H (la télécabine ouvrant à 8H30). C’est fascinant de les voir avec leur panier d’offrandes et quelquefois une poule à la main ou tirant une chèvre, animaux qui seront offerts en sacrifice rituel. Devant le temple la file s’étend de plus en plus loin. Mais les Népalais, tout comme les Indiens, sont capables de rester debout et d’attendre des heures pour aller au temple ; ils sont d’une patience extraordinaire, on dirait que le temps ne compte pas pour eux.

Des prêtres habillés de jaune, orange et rouge, assis sur le sol devant le temple, accueillent ceux qui veulent recevoir une bénédiction et un tika sur le front. Ils m’interpellent, je refuse (un touriste, c’est de l’argent facilement gagné…)

Cloches, Manakamana

J’aime flâner dans la rue principale et regarder les échoppes de nourriture, (presque) tout me fait envie. Un boucher découpe sur un billot les chèvres qui viennent d’être sacrifiées et récupérées par leur propriétaire. Mais je ne réussirai pas à acheter un seul bout de viande ! Deux gamins, Indiens, préparent des samossas (https://youtu.be/Pqvku9aZPcc)

Va-et-vient continuel ! Je finis par m’installer à une terrasse pour boire un Coca et bouquiner, en levant la tête (trop) souvent. J’avais décidé de changer d’hôtel, ayant trouvé hier soir une chambre bien mieux, avec WC occidental, au même prix ; mais j’ai la flemme… surtout pour une nuit…

Tiens, deux touristes, sac au dos, les seuls que je verrai de la journée.

Du mal pour trouver à déjeuner : petits restaurants partout mais il n’y a pas de carte et ils ne comprennent pas ce que je veux. Gros problèmes de langage. Et quand il y a une carte, les plats que je choisis sont indisponibles ! Je me rabats dans un restaurant d’hôtel où je me sustente d’un chowmein (très moyen).

Ganesh et son rat, temple de Manakamana  Poule pour le sacrifice rituel, Manakamana  Prêtre, Manakamana

L’après-midi passe de la même façon : petites balades momentanées dans le village pour ne pas fatiguer mon genou et lecture en terrasse de restaurant. Je vois une petite fête donnée à deux garçonnets, genre de baptême pour les hindous. Un homme m’indique que cette fête s’appelle « chiot » mais impossible de trouver ça sur le Web et même Tej Ram, que j’ai contacté, ne connaît pas ! En tout cas, sur un terrain à côté, à même le sol, de nombreuses personnes préparent un repas, épluchant légumes et sacrifiant deux chèvres.

Avant de rentrer à l’hôtel je dîne de momos. Soirée de travail difficile : nombreuses coupures de courant et Wifi fortement déficient, extrêmement lent. Petite averse.

J’apprends par Facebook le tragique accident d’avion à Katmandou ; c’est bien triste.

Concert de chiens devant l’hôtel, qui s’arrête brusquement : quelqu’un a dû intervenir ! Couché trop tard.

Au temple de Manakamana  Avec le fils du photographe, Manakamana (photomontage)

 

Mardi 13 : Levé pendant la nuit, c’est à ce moment qu’Internet fonctionne. A 6H30, pas d’eau chaude. Et j’apprends qu’il n’y a de l’eau chaude qu’entre 5 et 6H ; ils se foutent de moi, non ? Comme quoi j’aurais dû changer d’hôtel hier… Je vais prendre mon petit-déjeuner dans la rue, samossas et beignets, puis reviens dans ma chambre préparer mon sac. 

A Manakamana  Prêtres, Manakamana

Je quitte l’hôtel à 8H35 et redescends par la télécabine, personne à cette heure-ci (dans ce sens). Vallée dans la brume. En bas, je dois remonter la tripotée d’escaliers jusqu’en haut, pas facile avec mon sac sur le dos et mon foutu genou (qui dégonfle). Je monte dans un bus qui démarre à 9H et s’arrête à 9H40 pour 20 mn (déjeuner du chauffeur). Assez bonne route sauf les 10 km juste avant et à l’entrée de Katmandou : travaux qui durent et embouteillages intempestifs. Nous roulons au pas et arrivons au BusPark à 13H40 (4H40 pour parcourir 120 km !).

Fillette, Manakamana  Jeune Indien confectionnant des samossas, Manakamana  Petite vieille (de mon âge ?), Manakamana

Je déjeune là d’une bonne assiette de chowmein au poulet (1,2 euros !). Je prends ensuite un bus pour Bhaktapur où j’arrive vers 15H45. L’arrêt se trouve près de l’hôpital et de nombreuses petites pharmacies. Dans l’une d’elle, je trouve une genouillère à ma taille, ça m’aidera peut-être à guérir.

Je déjeune là d’une bonne assiette de chowmein au poulet (1,2 euros !). Je prends ensuite un bus pour Bhaktapur où j’arrive vers 15H45. L’arrêt se trouve près de l’hôpital et de nombreuses petites pharmacies. Dans l’une d’elle, je trouve une genouillère à ma taille, ça m’aidera peut-être à guérir.  Sur le chemin de l'école, Manakamana

Sur le trajet de ma guesthouse je fais un stop pour déguster un fameux yaourt de Bhaktapur (je ne m’en lasse pas). A 16H30 je suis dans ma chambre, un peu déçu : aucun des travaux demandés (réparation de la lampe de chevet et changement du pommeau de douche) n’a été fait.

Repos et sortie au restaurant le soir. Au retour, concert d’aboiements ; comment les habitants supportent-ils cela ? Pas d’eau chaude (ni tiède) pour la douche et Internet ne fonctionne pratiquement pas ; où comment perdre un temps infini…

Reconstruction du Durbar Square, Bhaktapur  Le fabricant de yaourt, Bhaktapur


 

 
06/03/18

Au Népal du mardi 27 février au vendredi 27 avril 2018

C’est la huitième fois que je me rends au Népal, l’un de mes pays préférés. Je me pose forcément quelques questions : presque trois ans après les terribles tremblements de terre d’avril 2015, le pays a-t-il été en partie reconstruit, a-t-il retrouvé sa beauté d’antan et le tourisme a-t-il repris normalement ?

Ce qui est sûr, c’est que la stupidité des Indiens qui ont voulu s’immiscer, voire s’imposer, dans la vie politique indienne, le pays s’est tourné vers la Chine (ce qui n’est pas à mon goût). Lors de la période de transition politique actuelle, quelques risques sont à prévoir, notamment des grèves générales pouvant totalement bloquer le pays.

                               

Très courte présentation à jour du Népal (d’après Wikipédia et différentes sources) :

Le Népal est un pays de l'Himalaya, enclavé, bordé au nord par la Chine (région autonome du Tibet) et par l’Inde au sud, à l'ouest et à l'est. Bien qu’assez petit (147 179 km², soit un quart de la France) il a une longueur de 800 km et une largeur d’environ 200 km. Son altitude varie de 60 mètres dans le Teraï à 8 848 mètres avec l'Everest. Cette énorme dénivelée entraîne une grande diversité de paysages et de climats : subtropical dans les plaines du Teraï qui bordent l’Inde au sud ; tempéré dans la région centrale de montagnes basses et de collines ; froid et sec dans la région des hautes montagnes de l'Himalaya. Seulement 20 % de la superficie totale du pays est cultivable et les besoins croissants de la population en chauffage et en riz entraînent une déforestation inquiétante. Katmandou est la capitale et la plus grande ville du Népal, abritant un million et demi d’habitants.

Le Népal fut une monarchie jusqu’en 2007 et devint « un État fédéral, démocratique et républicain » en 2008. Aujourd’hui, la présidente, Bidya Devi Bhandari, est issue du Parti communiste du Népal (marxiste-léniniste unifié) ainsi que le premier ministre, Khadga Prasad Sharma Oli. L’assemblée nationale, élue le 7 février 2018, est composée de 59 membres, dont 39 communistes (le Népal n’est pas près de se relever !)

La population du Népal est de 29 millions d'habitants (2016). La densité de population, rurale à 87 %, est d'environ 197 habitants au km² ; toutefois, la majorité des Népalais vivant dans le Teraï et la vallée de Katmandou, la densité de population est plus importante dans ces zones. Le pays est peuplé de plus de 60 ethnies et castes différentes.

C’est un pays très pauvre avec un revenu moyen par personne de 600 euros par an (en 2016). 68% de la population gagne moins de 2 euros par jour (PNB parmi les 10 pays les plus pauvres du monde). L’espérance de vie est de 70 ans (2015).

La langue officielle est le népalais et la monnaie la roupie népalaise.

Actuellement, le pays survit grâce à l'aide internationale et aux organisations mondiales. L'agriculture est le secteur principal de l'économie, fournissant un emploi à plus de 80 % de la population et comptant pour 40 % du PNB. L'activité industrielle consiste principalement dans le traitement des produits agricoles comme le jute, la canne à sucre, le tabac et les céréales.

L'hindouisme est la religion majoritairement pratiquée. Elle concerne 80 % de la population. Les sacrifices d'animaux sont pratiqués au Népal (en Inde, ils sont sortis de la pratique depuis mille ans, remplacés par des offrandes de riz, de fleurs et de laitages). Le bouddhisme est la deuxième religion en importance. Elle est pratiquée par environ 11 % de la population. Cette religion est surtout présente dans les régions montagneuses du pays. Le Bouddha serait en effet né au village de Kapilavastu, village dont la localisation traditionnelle serait Lumbini au Népal. Le christianisme est très minoritaire (1,4 %) dans la société népalaise où il est toléré depuis peu (levée des restrictions en 1991), mais en forte croissance malgré l’interdiction. La forte croissance du nombre de chrétiens au cours des années 2000-2010 n'a pour l'instant pas fait l'objet de mesures fiables. Certaines sources parlent de 2 millions de chrétiens (soit 6,9 % de la population), mais ces chiffres sont contestés au sein des milieux chrétiens eux-mêmes3,4. Cette croissance très rapide est une source de tensions religieuses importantes (d’après certaines sources, les attaques contre les chrétiens semblent avoir augmenté depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle constitution en septembre 2015. Cette charte ne reconnait que partiellement la liberté religieuse. Celle-ci interdit le prosélytisme. Elle appelle à la protection de l’hindouisme, la religion majoritaire.              

(Pour en savoir un peu plus, voir mon journal de bord de 2013…)

Allez, c’est parti…

(photo Internet)  (photo Internet)  (photo Internet)

 

Au Népal du mardi 27 février au mardi 6 mars 2018 (première semaine) :

Mardi 27 février 2018 : TGV en début d’après-midi de Marseille à Roissy (14H08/18H02), première classe presque au prix de la seconde, et calme pour une fois. Pas de retard !

1H15 de queue au comptoir d’enregistrement d’Air India, où la place que j’ai réservée hier sur l’enregistrement en ligne n’existe pas et rebelote, 30 mn d’attente au contrôle de sécurité. Plein les jambes ! Les passagers aériens sont traités comme de la volaille.

Embarquement dans un Boeing B787 moyennement confortable. Une jeune fille a pris ma place hublot et fait des difficultés pour me la rendre, usant de charme puis de mauvaise volonté (si l’on parlait un peu du harcèlement féminin à l’encontre des beaux gars !). Envol presque à l’heure, à 21H45. Repas très moyen et servi trop tard, vers 23H. Trois heures de sommeil seulement.

 

Mercredi 28 : Petit-déjeuner très moyen aussi. Bel écran individuel mais un seul film en français (déjà vu) et aucune musique occidentale ! Pas de fermetures aux hublots, que l’on peut normalement teinter, mais ça ne marche pas. Plusieurs WC condamnés, longues queues dans l’avion (sans vilain jeu de mots).

Atterrissage à Delhi à 9H45 après 7H30 de vol (décalage horaire de +4H30) et 6 850 km parcourus. Là encore attente au contrôle de sécurité puis longue marche jusqu’à ma porte d’embarquement. Où je m’aperçois que je souffre toujours de mon genou gauche (en général, c’est à gauche que je souffre). Gros problème de cet aéroport : impossible d’avoir de la Wifi gratuite si l’on n’a pas une carte Sim indienne.

Décollage, dans un Airbus A321 d’Air India, à 13H20. Une demi-heure de retard ! Plateau repas correct. De mon hublot, belle vue sur la chaîne de l’Himalaya, qui culmine au-dessus des nuages (chance, je suis du bon côté). Puis survol, sous les nuages, de Katmandou. 

Chaîne de l'Himalaya  Survol de Katmandou

Atterrissage à Katmandou en retard, forcément, à 14H55, après 935 km et 1H20 de vol, (décalage horaire de +0H15, soit + 4H45 avec la France). Il fait 23°.

Là, comme à chaque fois, c’est le calvaire : file d’attente devant les machines, qui plantent de temps en temps, pour faire la demande de visa puis, ticket en main, grosse attente à la caisse pour le paiement (100 US$ pour 3 mois) et autre file pour obtenir le visa sur le passeport. Et encore j’ai de la chance : je suis seul au guichet « visas de transit et visas de 3 mois ». Je n’ai mis qu’une heure alors que les autres mettront peut-être une demi-heure de plus. On dirait qu’on n’aime pas les touristes ici ! Il faudrait vraiment que les Népalais révisent leur système de visa à l’arrivée : ils devraient même, à mon avis, supprimer les visas pour les Occidentaux.

Je récupère mes bagages : mon sac à dos (23 kg avec pas mal de vêtements pour adultes à distribuer) et le sac que Tej Ram m’a confié pour sa famille (avec un peu de casse, une bouteille en verre contenant de petits coquillages ayant cassé).

Dehors m’attendent Wangel, employé de Nepal Trekking et Expeditions avec qui je vais faire mon trek, et Pravin, le guide que j’ai eu trois ou quatre fois et qui le sera encore cette fois. Je règle le montant de mon trek à Wangel.

Puis taxi pour Bhaktapur, où j’investis une nouvelle guesthouse, la précédente ayant changé de propriétaire et augmenté ses tarifs de 50%. La ville me paraît dans le même état où je l‘ai laissée il y a 18 mois : la reconstruction semble au point mort. Chambre à 12 US$ (une dizaine d’euros) ; elle sera peut-être un peu bruyante, surtout que des chiens aux alentours aboient sans arrêt. M’y rejoignent Rajani et Roshani, deux des trois sœurs de Tej Ram. Je repars faire un petit tour en leur compagnie. Puis, après une heure d’ordi, je me couche vers 22H.

Mon avion, aéroport de Katmandou  Wangel et Pravin, aéroport de Katmandou

 

Jeudi 1 mars : C’est aujourd’hui le jour principal d’Holi, appelée aussi fête des couleurs, l’une des fêtes les plus importantes du monde hindou, célébrée à l’équinoxe de printemps depuis l’antiquité. Outre les célébrations religieuses, les petits groupes de musiciens qui fanfaronnent dans la rue, c’est la joie qui règne, joie ponctuée par des jets de poudre de différentes couleurs et de ballons d’eau (les jeunes filles sont particulièrement visées par les adolescents, et les touristes par les enfants (attention aux vêtements, ils resteront tachés à jamais, et aux appareils photos et téléphones). Les pigments qu'ils se jettent ont une signification bien précise : le vert pour l'harmonie, l'orange pour l'optimisme, le bleu pour la vitalité et le rouge pour la joie et l'amour.

Cette fête trouve son origine dans la Vasantotsava, à la fois un sacre du printemps et une célébration de la fertilité. Elle est fêtée notamment dans certaines régions de l'Inde du Nord durant deux jours au cours de la pleine lune du mois de Phalguna qui se situe en février ou mars. Holi est dédiée à Krishna dans le nord de l'Inde et à Kâma dans le sud, tandis qu’au Népal il célèbre la mort de la démone Holika.  Voir ma vidéo : https://youtu.be/vajgXQPnlLc

  

Je ne m’étendrai pas sur ma journée et vais en règle générale essayer de faire court dans le journal de bord de ce voyage et, ce, pour plusieurs raisons : d’abord, j’en ai un peu marre de me prendre la tête et de passer des heures et des heures à tout raconter (ce qui n’intéresse pas grand monde, vous en conviendrez) ; ensuite, Internet est vraiment de mauvaise qualité au Népal et ce qui prendrait cinq minutes en France peut durer des heures ici. Aujourd’hui, par exemple, j’ai passé au moins quatre heures sur mon ordinateur à essayer de me connecter, sans succès ; bien sûr, ma guesthouse affirme que ça ne marche pas bien que depuis hier et qu’il règlera le problème demain (les promesses népalaises…).

    

Balade avec Rajani dans les rues mouvementées où j’essaye, autant que je peux, d’éviter les jets de poudre et, surtout, d’eau ; je m’en sors bien, si mon tee-shirt est trempé par endroit, mes appareils n’ont pas souffert. Il fait beau et je sèche assez vite. Nous nous rendons jusqu’aux champs de la famille, où les parents de Rajani travaillent. Son papa part vendre des oignons au marché, pauvre moyen de subsistance.

Retour en ville, où nous déjeunons rapidement tous les deux dans un restaurant (l’un des seuls ouverts aujourd’hui). Tour au supermarché et balade dans les ruelles. En milieu d’après-midi, nous rentrons chacun chez nous. Glère informatique. A la tombée de la nuit, je me rends chez Rajani où ses parents et sœurs m’accueillent : les Namasté habituels suivis de la bénédiction et remise du tika sur mon front par la maman (poudre rouge, grain de riz et yaourt). Vient ensuite la cérémonie de l’œuf et du poisson séché accompagné d’un verre d’alcool de riz (vous trouverez plus de détails sur mes journaux des précédents voyages. Et nous dinons d’un daal bhaat géant préparé par Rajani, riz accompagné de huit plats de légumes différents. Il est excellent et, en plus, suivi de dahi, ce yaourt de Bhaktapur que j’affectionne tant. Bref, une bonne soirée. Rajani et Roshani me raccompagnent jusqu’à l’hôtel, à 6 ou 7 minutes, vers 21H.

Faimille de Tej Ram, Bhaktapur  Daal bhat chez la famille de Tej Ram, Bhaktapur

 

Vendredi 2 : Réveil au son des cloches, un petit temple assez fréquenté se trouvant juste en bas de la guesthouse, de l’autre côté de la rue. Plaisant à voir, mais plutôt bruyant d’autant plus que deux chiens, à l’intérieur, aboient une bonne partie de la nuit à l’unisson avec certains de leurs confères de race.

A 8H arrivent en moto, de Katmandou, Wangel et Pravin. Mauvaise nouvelle : Pravin est blessé à une jambe et va laisser sa place à un autre guide, qui travaille aussi avec l’agence (dommage, j’aime bien Pravin). Je leur remets mon passeport, ils doivent s’occuper de l’obtention du permis de trek aujourd’hui. Nous parlons un peu de l’itinéraire d’une vingtaine de jours sachant qu’il y aura une semaine supplémentaire si jamais le temps est mauvais et le col, au seizième jour de marche, fermé par la neige et inaccessible (pourvu que non !). Bon, je verrai bien…

Plus tard je pars me balader avec deux amis. Nous déjeunons au restaurant, de riz frit accompagné de bouts de viande (mixed fried rice).

Gamin, Bhaktapur  Dans un temple de Shiva, Bhaktapur  Hier soir chez mes amis, Bhaktapur

Puis je vais me reposer (si l’on peut dire) et bouquiner près d’un pokhari (grand bassin) jonché de petits sacs plastiques, vestiges des batailles d’hier. Il contient cette année des poissons rouges et l’eau est toujours aussi sale (aucun petit baigneur d’ailleurs).

Dahi sur le chemin du retour. Je croise quelques connaissances et des connaissances de connaissances qui me connaissent sans que je les connaisse…

Le Durbar square, la place la plus importante de Bhaktapur, est toujours en pleine reconstruction, pratiquement aucun temple n’étant resté debout lors du tremblement de terre. Et ça fait presque trois ans ! En de nombreux endroits des immeubles ont été reconstruits, ce n’est donc pas au point mort come je le pensais avant-hier. Mais ce n’est qu’une toute petite partie de tout ce qui a été touché, il reste tant à faire !

Alors que je suis rentré depuis un moment à l’hôtel et que la nuit tombe, des éclairs illuminent le ciel et il se met à tomber de petits grêlons qui arrivent à passer sous ma porte (qui donne sur un couloir extérieur). Hallucinant ! Heureusement, ça ne dure pas. Travail toute la soirée.

Reconstruction du Durbar Square, Bhaktapur  Reconstruction du Durbar Square, Bhaktapur

 

Samedi 3 : Je traine au petit matin, Internet rame toujours. Je vais prendre mon petit-déjeuner au boui-boui habituel des années précédentes, curry de pois et beignets. Il fait un temps superbe. Mais je n’ai pas trop la forme, je dois l’avouer : je suis très inquiet pour mon trek qui approche à vitesse grand V.

Balade vers la place Thaumadi, proche de ma guesthouse, où se tient tous les matins de bonne heure et en fin d’après-midi un petit marché maraicher. Cette place, avec ses beaux temples, est très vivante ; mais elle serait bien plus agréable s’il n’y avait pas toute cette circulation de motos.

A Thaumadi, Bhaktapur  Marché de Thaumadi, Bhaktapur

A midi, je vais chez Rajani qui m’a invité à déjeuner : bonne assiette de chowmeins et quelques légumes craquants comme je les aime. Puis nous partons nous promener jusqu’au pokhari où nous avons rendez-vous avec Dipak, un gamin de 17 ans dont j’ai financé les deux dernières années de scolarité. Il passera ses examens finaux dans un mois (Classe 12) et ne continuera pas ses études, il voudrait être peintre en bâtiment. Pourquoi pas ?

Je reste ensuite près du bassin où je fais une petite sieste. Quelques gamins se baignent dans cette eau trouble dans laquelle je ne mettrai pas mes mains. Retour à mon hôtel vers 17H. En soirée je vais diner avec un ami dans un restaurant proche que j’ai l’habitude de fréquenter : momos et pizza.

Marche vers le temple, Bhaktapur  Temple à Thaumadi, Bhaktapur

 

Dimanche 4 : Je prépare mon sac à dos pour le trek, mets quelques affaires (et beaucoup de livres) dans un autre sac que je laisse à l’hôtel et m’en vais vers 9H30 prendre mon petit-déjeuner local. De là, muni de mon sac à dos, je rejoins le terminal de bus à dix minutes. Un taxi pour Katmandou coûte 8 € minimum, le bus 0,20 €. Et puis marcher un peu ne me fait pas de mal. Une heure quinze de route pour parcourir la quinzaine de km entre Bhaktapur et Katmandou ! Circulation difficile et forte pollution.

Arrivé à la station de bus de Thamel (quartier des touristes) il me faut marcher une quinzaine de minutes pour rejoindre la nouvelle boutique (touristique) de mon ami Prayash, avec qui je discute un petit moment. Puis, vers midi, je rejoins mon hôtel habituel à Katmandou, le Blue Diamond. Cet endroit se dégrade d’année en année. D’accord, il n’est pas cher (11 euros) mais la chambre est sale, l’éclairage insuffisant (ampoules manquantes), les draps et la serviette non changés (ce que je fais faire), des prises cassées et le restaurant où je prenais le petit-déjeuner est fermé. Seuls points positifs : le Wifi fonctionne bien et le personnel est aimable. C’est toujours ça !

Petit temple en face de ma guesthouse, Bhaktapur  Courges (pharsi), Thaumadi, Bhaktapur

Quelques mots de plus sur mon trek : un jour de trajet en bus et Jeep, 18 jours de marche et à priori deux jours pour le retour, dans le cas où tout se passe bien et si j’arrive à passer le col de Larkya, à 5 160 m, à la fin du trek (sinon ce sera bien plus long, au moins une semaine de plus). Cela représente plus de 100 heures de marche avec, à priori, un dénivelé total de 18 420 m (9 840 m en montée et 8 580 m en descente). De quoi perdre quelques kilos…

J'espère tenir le coup, moralement et physiquement (moi qui souffle en montant trois étages !), je n’ai pas de compagnon de marche cette fois, seulement le guide et un porteur pour mon sac (limité à 20 kg, mais il doit en faire 17).

Boutique de Prayash, avec sa sœur, Katmandou      Une des rues défoncées de Thamel, Katmandou

Je m’installe puis sors déjeuner au Yak Restaurant avec deux amis (c’est correct) avant de rejoindre en début d’après-midi le bureau de Nepal Trekking & Expeditions où Wangel me présente Suman, qui sera mon guide, un gars d’une bonne quarantaine d’années, trapu, plus petit que moi et pesant 107 kg (me dit-il, 2 de plus que moi et ça m’étonne). Nous discutons du trek et de ses difficultés, révisons les distances en heure (à la hausse, malheureusement), parlons du budget nourriture (revu à la hausse) et de mon équipement. Visiblement, à la fin du trek, il sera impossible de rentrer sur Katmandou en un seul jour (donc une journée de plus).

Une heure plus tard, je m’en vais faire quelques achats, par les rues défoncées, encombrées et polluées du quartier (Dieu, que je n’aime pas Katmandou ! J’avais entendu parler de zone piétonne à Thamel, en fait ce n’est qu’une toute petite partie qui est interdite à la circulation). Je m’achète un gros pull à 20 €, un tee-shirt à longues manches genre thermolactyl (du moins j’espère) et une paire de guêtres à mettre sur mes chaussures basses (et non étanches en cas de neige) ; et aussi des piles de rechange, de petits Snickers et des fruits secs pour la route.

Retour dans ma chambre, travail entrecoupé d’une sortie au restaurant (steak de buffle peu garni et pas très bon, déception).

Région du Manaslu (attention ce tracé orange n'est pas tout à fait le mien)

 

Lundi 5 : Très mauvaise nuit, du bruit jusqu’à 4H du matin, toute une famille qui bavardait à haute voix dans le couloir (incroyable mais vrai). Réveillé plusieurs fois, malgré mes boules Quiès, par des portes qui claquent. Impossible de me rendormir. Je finis par me lever à 5H30. Pas d’eau chaude, je me débarbouille rapidement. A 6H15, je suis à la réception comme demandé mais personne n’est arrivé. Un quart d’heure plus tard, inquiet car nous avons un bus à prendre, j’appelle Wangel, qui devait me réveiller à 6H ; il arrive 5 mn plus tard, seul. Quant à mon guide, Suman, il arrive avec un taxi à 6H45. Je monte avec lui et Wangel me souhaite bonne chance pour le trek. Heureusement, le petit terminal de bus n’est pas loin et le taxi roule bien à cette heure. Là-bas, je fais connaissance avec Naryan, mon porteur, un petit gringalet.

Le temps de petit-déjeuner d’une omelette, de pain et de café et c’est l’heure du départ, à 7H30.

Vieux bus Tata où j’ai beaucoup de mal à mettre mes jambes et où le siège donne la même sensation qu’une planche de bois. Quatre autres touristes sont présents : un jeune couple de Français qui font un an de tour du monde et deux US.

Nous sortons de Katmandou par la route de Pokhara, toujours en travaux et toujours aussi mauvaise, que nous prenons sur 76 km, jusqu’à Malaku. Arrêt d’une demi-heure pour changer un pneu puis nous bifurquons vers le nord. La route devient vite une piste étroite et poussiéreuse. Vers Sassa, un camion est tombé en panne en plein dans un virage et toute la circulation est bloquée plus d’une demi-heure. Plus on avance, plus le bus se remplit. Il commence à être bondé ; une femme est quasiment assise sur mes genoux, alors que je suis déjà dans une position très inconfortable ! En plus, quand nous roulons sur cette piste défoncée (c’est le moins qu’on puisse dire), une poussière épouvantable envahit l’habitacle. Le chauffeur a mis de la musique, à fond bien sûr. Bref, vous l’aurez compris, ce n’est pas un trajet bien agréable. 

Notre bus pour Arughat Bazaar  Panne de camion dans un virage, vers Sassa

Plus loin, à Dadinbessi des travaux nous arrêtent encore une vingtaine de minutes. Et puis, vers 13H30, après Jyamrung, notre bus perd son réservoir de fuel ; il est bien escagassé, impossible de le remonter. Un autre car va venir nous chercher, paraît-il, mais ça risque d’être long (une heure, nous dit-on ; une heure népalaise ?). Du coup, les touristes (dont je fais partie) et leurs accompagnateurs décident de grimper à pied jusqu’à un restaurant à 15 mn de là, tandis que les locaux préfèrent attendre près du bus ; hindous, ils ont plusieurs vies et, donc, tout leur temps.

La grimpette me dégourdit bien les jambes, il fait chaud et j’arrive en haut quelque peu essoufflé (qu’est-ce que ce sera plus tard ?). Un daal bhaat très simple, mais avec des bouts de poulet, me réconforte, je commençais à avoir faim.

Réservoir de notre bus pour Arughat Bazaar  Chemin pour le restaurant, vers Jyamrung

En attendant le prochain bus, je travaille un peu sur mon ordinateur. Je ne sais pas si nous arriverons à destination aujourd’hui : il est déjà 15H30, il reste environ deux heures de bus puis deux heures de Jeep !

Le nouveau bus arrive finalement, peu après, et nous repartons (moins de passagers). Route toujours défoncée mais un peu moins poussiéreuse. Il est 17H30 lorsque nous arrivons enfin à Arughat Bazaar, après avoir parcouru à peine 51 km depuis le croisement (donc, depuis Katmandou, 127 km en 10H !). Nous devons parcourir un km pour aller de l’arrêt de bus jusqu’au départ des Jeep pour Soti Khola et, comme tout va bien aujourd’hui, il se met à pleuvoir. Bien sûr, plus aucun véhicule ne part aujourd’hui, je suis condamné à dormir ici.

Grêle, Arughat Bazaar  Oiseau venu se protéger de la grêle, Arughat Bazaar

300 m avant l’hôtel, la pluie se transforme en grêlons ! Pourtant nous ne sommes qu’à 510 m d’altitude et il fait chaud. Quel accueil ! Suman et moi nous nous réfugions, ainsi qu’un oiseau, dans une boutique auprès d’une charmante villageoise. Le plus gros passé, nous rejoignons l’hôtel Third Step où je prends une chambre avec deux petits lits (pas le choix) mais avec salle d’eau. Une douche fraiche me décrasse bien, j’étais gris de poussière. Mais coupure d’électricité (il y a des jours comme ça !). Je continue alors, dans le noir, mon récit sur mon ordi avant d’aller diner d’une assiette de (bonnes) pâtes qui coûte déjà ici, où pourtant bus et camions arrivent, le double qu’à Bhaktapur ! Le courant revient et l’hôtel m’offre Internet, que j’utilise un bon moment (sans me coucher très tard). Les propriétaires sont charmants ; ce sont des Gurkhas (ou Gurungs) comme les autres habitants de la région et les célèbres soldats de l’armée britannique.

Sur la piste de Macchakhola  Sur la piste de Macchakhola

 

Mardi 6 : Bonne nuit (mais tempête de vent vers 3H du matin), réveil à 6H30 et petit-déjeuner peu après (vous auriez vu la gueule de mes œufs frits, pour être frits ils étaient frits !). A 7H10 nous quittons l’hôtel en Jeep Toyota Landcruiser privatisé pour moi et mes nouveaux amis français (Adriana et William). Piste assez difficile mais peu poussiéreuse, belle vue sur un sommet enneigé. A 8H, nous atteignons Soti Khola, à 700 m d’altitude seulement, où nous aurions dû dormir hier soir.

Je suis prêt, plutôt en forme ce matin pour ce nouveau défi ! 8H15, premiers pas sur la piste où les seuls véhicules autorisés sont les camions et tracteurs utilisés pour le chantier de construction d’une nouvelle piste carrossable plus loin (et qui devrait aller jusqu’à Jagat, puis Samdo je crois). Je marche devant d’un bon pas, armé de mon courage, de ma jeunesse (ah ah) et de mes écouteurs d’iPod. La piste est assez facile, petites descentes et montées, un peu plus dure toutefois sur les galets longeant la rivière Buddhi Gandaki. Nombreux convois de mules, une dizaine à chaque fois, conduits par de jeunes muletiers. Elles transportent nourriture et produits jusqu’aux villages plus en hauteur. Franchissement de plusieurs gués (ruisseaux rejoignant la rivière). Suman et Narayan sont loin derrière moi, je ne sais ce qu’ils font, mais je n’ai pas envie de m’arrêter et me refroidir pour les attendre. Et j’arrive à Macchikhola, où nous devrions dormir, à 11H35. Je ne comprends pas et ne suis pas content : on m’avait parlé de 5H de marche et Suman m’avait même dit dimanche qu’il en faudrait six. Or j’ai mis 3H20 ! Ou je suis un as (et je ne le crois pas) ou on m’a donné des infos complètement erronées…

A Soti Khola  Cascade, sur la piste de Macchakhola  Suman, mon guide

Il me reste à attendre guide et porteur. Ce dernier arrive vers midi et Suman dix minutes plus tard. Ça promet ! Vu le peu de temps que nous avons finalement marché ce matin je voudrais avancer un peu plus avant de déjeuner mais Suman veut absolument déjeuner ici. Ok. Puis j’apprends que la piste pour le prochain village, Khorlabeshi, est coupée entre midi et 17H (dynamitage pour la construction de la route) ; mais nous pouvons prendre un autre sentier, plus difficile, pour rejoindre cette destination en 2H au lieu d’une (il faut absolument, à cause du retour différé, que je gagne une journée sur l’itinéraire prévu). Le repas se fait attendre une heure, je suis excédé (cool, Didier, cool) et, de plus, le riz frit qu’on m’amène n’est ni frit ni chaud (un genre de pâtée pour chien, toutefois mangeable). Il est 13H35 quand nous pouvons repartir, c’est dur après deux heures de pause. D’autant plus qu’il nous faut grimper et grimper dans la montagne, sur l’autre rive de la rivière après avoir passé un pont suspendu, pour redescendre ensuite jusqu’à Khorlabeshi, à 980 m d’altitude, toujours au bord de la rivière. Cette descente est particulièrement éprouvante et assez glissante. Et voilà : le premier jour, à ma première grosse descente, je tombe ; rien de cassé ni foulé heureusement : égratignures à un bras et une cheville et douleur à mon genou gauche, celui pour lequel je craignais. Cette fois Suman, qui m’a affirmé être meilleur marcheur que moi (ce que je crois aisément puisque c’est son métier et qu’il n’a que 39 ans), est avec moi. Un peu de mal pour continuer, je suis maintenant réellement fatigué. A 16H nous sommes rendus et descendons au Sem Jayang Ganesh Hotel où j’ai droit à une chambre sans sanitaire très rudimentaire (deux petits lits et c’est absolument tout, même pas d’éclairage). Pas de crochets où pendre ses affaires, pas de serviette, rien ! (il faut dire qu’elle ne coûte que 4 euros, alors forcément…). Douche aux sanitaires communs, c’est agréable bien que froid). Puis repos sous la couette dans ma chambre : un peu de lecture et je m’endors une petite heure. Avant et après le repas (patates sautées aux œufs, correct), travail sur la grande table commune, le seul endroit où il y ait de la lumière (mais pas de prise ni, évidemment, d’Internet ; même mon téléphone ne passe pas ici). Dispute avec Suman qui veut m’imposer ses heures de déjeuner (vers 11h30) et les étapes alors qu’il était bien convenu que je décidais de tout cela (ça me gonfle, j’espère qu’il ne me laissera pas en plan). Coucher vers 22H.

Récapitulatif de la journée de trek : 5H45 de marche, dénivelé approximatif de +920m : +580m/-300m

Franchissement d'un gué, sur la piste de Macchakhola  Khorlabeshi (980 m)


 
05/02/18

 Retrouvez le journal de bord de mon voyage de deux mois en Inde (décembre 2017-janvier 2018) sur :      http://www.didierfarsy.com/recits/recit180209224840.docx et http://www.didierfarsy.com/recits/recit180216192058.docx


 

 
20/11/17

 Retrouvez le journal de bord de mon voyage d'un mois en Angola (octobre/novembre 2017) sur http://www.didierfarsy.com/recits/recit171123222029.docx