Où suis-je ?

En consultant cette page, vous pourrez savoir dans quel pays je me trouve et avoir ainsi de mes nouvelles. Durant mes voyages, à l'aide de mon petit ordinateur portable, j'essaye de la mettre à jour au moins une fois par semaine…
Vous pouvez aussi m'envoyer un message (cliquez en bas de page sur " N'hésitez pas à me contacter "), cela me fera toujours très plaisir.



11/12/17

L’Inde est grande. Que dis-je : grande ? Majestueuse ! Imaginez : six fois la France, et vingt fois plus d’habitants ! Il faut prendre son temps pour la découvrir. Alors j’y retourne, pour la septième fois, du 8 décembre 2017 au 2 février 2018.

Programme en trois parties :

- deux semaines en Assam sur l’île fluviale de Majuli, sur le Brahmapoutre. Une île hors du temps, celle des fameux moines-danseurs, où je me rends pour la quatrième fois car j’y ai des amis.

- un circuit de 20 jours, seul avec chauffeur et véhicule, dans toute la partie du Rajasthan que je ne connais pas (environ 2 100 km de route et 450 km en train).

- un autre circuit de 18 jours, cette fois en compagnie de trois amis : Isabelle, Laurent et Michèle, avec qui j’ai déjà voyagé en Inde début 2016. Toujours avec véhicule et chauffeur, nous parcourrons le nord de Delhi, principalement le Panjab et l’Himachal Pradesh, mais aussi une partie de l’Uttarakhand (environ 1 900 km de route et 610 km en train).

Donc, pour moi, beaucoup de nouvelles découvertes en perspective.

 

   

*** Mais tout d’abord une courte présentation de l’Inde (d’après Wikipedia et d’autres sources) :

L'Inde est un pays du sud de l'Asie qui occupe la majeure partie du sous-continent indien. C’est le deuxième pays le plus peuplé (1 325 millions d’habitants, 403 habitants/km²) et le septième pays le plus grand du monde (3 287 263 km², soit 6 fois la France). Le pays est depuis 1950 une république parlementaire fédérale, composée de 29 États et 7 territoires. Elle est considérée comme la démocratie la plus peuplée au monde.

L'Inde est un foyer de civilisations parmi les plus anciens du monde, la Civilisation de la vallée de l'Indus s'y est développée dès 5000 av. JC. Le sous-continent indien, présent sur les routes commerciales dès l'antiquité, a abrité de vastes empires.

Le pays a été graduellement annexé par la Compagnie anglaise des Indes avant de passer sous le contrôle du Royaume-Uni au XIXe siècle. L'Inde devient indépendante en 1947 après une lutte marquée par la résistance non-violente du Mahatma Gandhi.

Sur cette carte, vous trouverez l'Assam en rose dans l'extrême mord-est, le Rajasthan en brun clair au nord-ouest, le Panjab (Punjab) en violet pâle au nord, l'Himachal Padesh en bleu juste à côté et l'Uttarakhand en brun foncé en-dessous (Uttaranchal). 

** Religions : L'Inde est la terre de naissance de quatre religions majeures - l'hindouisme, le jaïnisme, le bouddhisme et le sikhisme - alors que le zoroastrisme, le christianisme et l'islam s'y sont implantés durant le premier millénaire. La religion la plus pratiquée en Inde est l'hindouisme (80,7 %). Viennent ensuite l'islam (13,2 %), le christianisme (2,4%), le sikhisme (2 %), le bouddhisme (0,6 %), le jaïnisme (0,4 %), le judaïsme et le zoroastrisme (0,009 %).

** Langues : La constitution indienne reconnaît 23 langues officielles. Il existe aussi beaucoup d'autres langues régionales ainsi qu'un grand nombre de dialectes, soit près de 4 000 langues différentes. Les langues indiennes n'utilisent pas l'alphabet latin mais différents alpha syllabaires, dérivés du Brahmi. Le hindi est la langue officielle de la République d'Inde et la principale langue du nord de l'Inde. Avec ses différents dialectes, il est parlé par 422 millions d'Indiens, soit environ 41% de la population. L'anglais est également reconnu comme langue officielle. 1,5 % des Indiens le parlent, ce qui fait tout de même plus de 15 millions de locuteurs en seconde langue.

** Quelques chiffres : En 2015, l'espérance de vie indienne est de 68 ans, les femmes ont 2,4 enfants en moyenne le taux de natalité est de 2,2 % et le taux de mortalité est de 0,7 %, créant ainsi une augmentation importante de la population à chaque année (1,47 %, soit 20 millions de personnes). A noter aussi que 2,1 millions de personnes sont séropositives.

Les accidents de la route constituent la première cause de mortalité, tuant en moyenne dix-sept personnes chaque heure, soit plus de 150 785 victimes en 2016. Or 80 % des blessés ne reçoivent aucun soin au cours de la première heure, cruciale dans bien des cas. Comme il n'existe pas de service d'aide médicale urgente, ce sont les policiers qui sont les premiers sur les lieux, mais ils ne sont pas préparés au secours d'urgence.

En 2016, le PIB mensuel par habitant est de 120 € (en France il est de 2 600 €).

Aujourd'hui, l'économie indienne est la dixième du monde en PIB nominal et la quatrième en PIB à parité de pouvoir d'achat. L'Inde est considérée comme un nouveau pays industrialisé, cependant certains problèmes comme la pauvreté, l'analphabétisme, la corruption restent très importants.

Comme vous le constatez, cette présentation s’est voulue succincte. Pour en savoir plus il reste le Web, dont le site de Wikipedia dont j’ai tiré la plupart des informations précédentes : http://fr.wikipedia.org/wiki/Inde

Allez, c’est parti…

 

Du vendredi 8 au jeudi 14 décembre 2017 (première semaine) :

Vendredi 8 décembre : Je pars de chez moi sur les chapeaux de roue, en retard. J’ai fait mon sac au dernier moment, j’ai dû oublier des choses ; pas facile de ne pas se charger lorsque l’on va voyager dans des régions chaudes et d’autres froides. Et je n’ai pas terminé tout ce que je devais faire avant mon départ, étant vraiment embêté depuis mon retour d’Angola par ma Bbox Bouygues : plus de téléphone fixe, plus de télé, plus d’Internet ; j’ai finalement résilié mon contrat et rendu ma box, que j’avais échangé la semaine dernière pour rien, hier (cela m’a bien fait perdre deux jours au total).

Métro, bus et aéroport à l’heure finalement. J’enregistre mon sac à dos (18,5 kg) au comptoir de British Airways puis déjeune chez Burger King. Je fais 107 kg et ne suis plus à quelques grammes près. Bientôt je n’arriverai plus à me mouvoir ; il faudrait que je maigrisse bien en Inde, mais j’aime la nourriture indienne et particulièrement leurs pâtisseries bien sucrées.

Pas de queue au contrôle de sécurité et au contrôle des passeports (paraphe), c’est bien.

Envol de Marseille-Provence à l’heure, 14H55, dans un Airbus A320 presque complet. Mais j’ai la chance d’avoir un hublot (réservé hier sur Internet) et une place libre à côté de moi. Boissons et nourriture payantes.

Atterrissage à Londres Heathrow à 15H50 (986 km parcourus). Il fait frisquet. Je retarde ma montre d’une heure, prend le bus pour le terminal 5, passe là-bas le contrôle de sécurité, essaye de faire changer mon siège (pas réussi à avoir un hublot hier, il n’y en a pas de dispo). Plus de deux heures devant moi. Wifi gratuit à l’aéroport.

Le Boeing 777 de British Airways semble un vieil appareil : les places sont étroites et les écrans individuels ridiculement petits. En tout cas, l’avion est complet, beaucoup de familles indiennes avec des enfants en bas-âge (mais qui resteront calmes) et je suis esquiché entre deux personnes dans l’allée du milieu (tous les hublots étaient déjà pris hier lorsque j’ai voulu choisir ma place à l’ouverture du check-in sur Internet !). Le décollage se fait attendre : problème technique puis problème de créneau : nous nous envolons finalement à 19H35 avec 40 mn de retard, rien de dramatique. Les programmes vidéo et musicaux sont restreints et, de plus, mon système fonctionne mal. Plateau repas correct servi vers 21H30. A 22H je m’endors, la tête bien tenue par un appui-tête pratique.

A l'aéroport de Delhi  A l'aéroport de Delhi

 

Samedi 9 : Bien dormi jusqu’à 2H du matin (c’est peu, mais c’est déjà ça). J’avance ma montre de 5H30 pour la mettre à l’heure indienne, il est donc 7H30 et un petit-déjeuner est servi. Atterrissage à Delhi à 8H50, l’heure prévue (durée 7H45 pour 6 698 km). Tout va assez vite : débarquement, immigration, livraison des bagages. Dans le hall m’attends comme prévu Joyesh, un représentant de l’agence avec laquelle je voyagerai 15 jours plus tard. Retrait d’argent et achat d’une carte Sim. Pour cette dernière nous devons aller en taxi à 15 mn de l’aéroport et je prends un forfait 85 jours avec appels nationaux illimités, 100 SMS par jour et 1 GB de data par jour pour 8 euros (c’est donné !).

Un peu de circulation sous le soleil et la pollution atmosphérique. Le taxi est équipé d'un écran vidéo pour les passagers ! Revenu à l’aéroport, je remets à Joyesh le solde de mon futur circuit et lui laisse presque 4 kilos de vêtements et bouquins, que je récupèrerai dans deux semaines car je n’en aurai pas besoin à Majuli.

Puis, resté seul, j’enregistre mon bagage jusqu’à Guwahati, la capitale de l’Assam et mon étape pour le nuit. Et je me mets sur mon ordi… 40 minutes de Wifi gratuit, ça passe vite… Déjeuner de Butter rice with chicken (moins de 3 € le plat). Après quoi je passe le contrôle de sécurité (avec ma bouteille d’eau) et rejoins ma porte d’embarquement tout au bout de l’aéroport. Tout ici est bien propre, beaucoup de personnel d’entretien (halls et toilettes).

A l'aéroport de Delhi  Taxi bien équipé, Delhi

Aujourd’hui, j’écoute du Johnny, en hommage. Souvenirs d’adolescence. Accompagné de ma guitare, je chantais Toute la musique que j’aime, Gabrielle, Les portes du pénitencier puis, plus tard, Marie et bien d’autres.

Embarquement en avance dans le Boeing 737 de Jet Airways. Complet. Fauteuil d’hublot. Visiblement, je suis le seul touriste dans l’avion. Envol de Delhi un peu en retard, vers 17H (je sommeillais). A 17H30, il fait déjà nuit noire (et je vais encore bien plus à l’est ; Guwahati est à 1883 km à l’est de Delhi et Majuli encore 260 km plus loin…). En-cas et boissons.

Atterrissage à Guwahati à 19H03. Le hall de l’aéroport présente une petite exposition de Majuli. Je récupère mon sac à dos alors que le chauffeur de l’hôtel Kings Castle, où je passerai la nuit, à 3 km aéroport, m’appelle ; mais j’ai un peu de mal à le trouver dans la cohue.

Je n‘aime pas trop Guwahati, petite ville bruyante, encombrée et assez sale, d’un million d’habitants (c’est petit pour l’Inde). J’y ai déjà dormi plusieurs fois, les hôtels n’étaient vraiment pas géniaux. Aussi, comme j’ai un autre vol demain matin, ai-je préféré dormir près de l’aéroport.

A 19H45, nous sommes à l’hôtel, quatre maisons en dur à plusieurs chambres que mon chauffeur, qui est en fait le gérant, appelle bungalows. Ma chambre est spacieuse, simple et propre, avec balcon, climatiseur et salle d’eau à l’indienne (c’est à dire que lorsqu’on prend la douche cela inonde tout). Les accessoires de toilettes sont fournis mais pas d’eau chaude (et elle est froide !) Petit bureau, plus table ronde et chaises. Par contre, aucune armoire, grand lit trop dur au mince matelas et décoration à l’européenne. Je sens que des efforts ont été faits, mais avec un résultat médiocre. Wifi gratuit extrêmement lent, je dois finalement utiliser mon téléphone en partage de connexion. 25 € environ avec transferts et petit-déjeuner.

Je travaille jusqu’à minuit (je réserve notamment mes vols pour mon prochain voyage au Népal fin février).

A l'aéroport de Guwahati  A l'aéroport de Guwahati

 

Dimanche 10 : Le jour me réveille vers 6H30, pas assez dormi et mal aux reins (lit peu confortable). Les rideaux ne sont pas du tout occultants, dommage. Nuit calme, l’hôtel étant en retrait. On peut entendre au loin le klaxon presque continu des trains qui passent et de petites déflagrations (champ de tirs ?). Et aussi un avion qui décolle (mais je ne le vois pas). Ciel gris triste. Il fait frais (pas besoin d’utiliser la clim). A 7H30 on m’apporte un seau d’eau chaude (ah, si on m’avait prévenu…). Puis petit-déjeuner copieux en chambre (thé au lait, céréales et lait, toasts, beurre, confiture, biscuits, deux œufs au plat et un œuf dur). Le soleil fait son aparition un peu avant 9H mais le ciel reste gris.

Le chauffeur/gérant me laisse à l’aéroport vers 11H. Beaucoup de monde pour ce trop petit aéroport et queue à l’enregistrement et, surtout, plus de 100 personnes devant moi au contrôle de sécurité. Jet Airways veut me faire payer un supplément car mon bagage fait 16 kg au lieu de 15. Sur mes papiers, il est marqué 23 kg ! Déjà qu’ils ont annulé le vol d’hier (normalement, je devais faire Delhi-Jorhat hier). Finalement l’hôtesse me laisse tranquille (c’est comme ça quand on est trop beau !). Il est midi passé lorsque je rejoins la salle d’embarquement bondée. 

Place hublot vers l’avant dans le Boeing 737-800 pratiquement rempli. Décollage à 12H45. Boîte déjeuner (sandwich, eau et barre céréale). Et, à 13H15, nous atterrissons à Jorhat (distance de 260 km seulement qui prendrait entre 7 et 11H par la route ou le train). Vingt minutes plus tard, avec mon sac à dos, je suis installé dans un rickshaw qui m’emmène pour moins de 7 € jusqu’à l’embarcadère de Nimatighat, avec un court arrêt à un ATM. Pour les courtes distances en agglomération, le rickshaw est moins cher qu’un taxi et bien plus rapide car il se faufile dans les embouteillages. Bonne surprise : le dernier tronçon de route qui était auparavant de sable a été goudronné.

Aéroport de Guwahati  Survol, vers Jorhat

Je descends à l’embarcadère vers 14H30 ; j’ai le temps de ma faire couper les cheveux chez mon coiffeur favori qui me masse aussi la tête. Ce n’est pas donné mais je ne regarde pas à la dépense (le tout pour moins de 0,40 € !).

Le dernier ferry de la journée, arrivé vers 15H, repart avec moi à 15H30. Très peu de passagers par rapport à d’habitude, peut-être parce que c’est dimanche soir. Et me voilà voguant sur le Brahmapoutre vers l’aval ! Pas de chance, comme souvent, le ciel est couvert (pas de belles photos). Je suis le seul touriste. Nous débarquons sur l’île fluviale de Majuli à 16H45, il fait presque nuit et le trajet a coûté la somme mirobolante de 0,20 €.

Un minibus collectif presque vide (seulement 4 passagers) me laisse une demi-heure plus tard, pour 0,40 €, devant le chemin de l’Ygdrasil Bamboo Cottage, où j’ai déjà séjourné à deux reprises. J’ai bien fait de réserver il y a deux mois, tous les bungalows de bambou (dont deux nouveaux) sont occupés. Ne reste plus que le mien, le même que la dernière fois comme je l’avais demandé, où je m’installe. Ici la nuit me coûte, avec le prêt d’une bicyclette, 11€. Evidemment, c’est rudimentaire, mais chaque bungalow a deux lits avec matelas correct, une armoire, une table basse, deux chaises et sa salle d’eau avec eau chaude au robinet. Puis je vais boire un thé au lait avec le jeune patron, Beda ; échange de souvenirs.

Je travaille ensuite comme je peux dans mon bungalow jusqu’à 23H30. Il fait frais ce soir ; pourtant, en ce moment à Majuli, les températures oscillent entre 17° la nuit à 27° le jour. Alors pourquoi cette impression de fraicheur ? Et ces moustiques !

Après le coiffeur, sur le ferry pour Majuli  Ferry, sur le Brahmapoutre, vers Majuli

*** Quelques mots sur Majuli (d’après Wikipedia et d’autres sources) :

Majuli est une île fluviale située sur le Brahmapoutre dans l’État indien de l’Assam, à environ 200 kilomètres à l’est de Guwahati, la plus grande ville de l’État. Cette île couvrait 1 150 km² au début du XXème siècle mais souffre d’une érosion importante. Elle reste toutefois une des plus grandes îles fluviales au monde et la plus grande du sud-est asiatique. Depuis qu'en 1950 un séisme a relevé le niveau du Brahmapoutre, ses crues dévastatrices grignotent l'île à chaque mousson. Près des deux tiers de sa surface ont déjà été engloutis. Elle ne tient plus aujourd'hui que sur 400 km² de terres, dont les rives sont protégées par de maigres échafaudages de bambou et de béton. Depuis 1991, plus de 35 villages ont été emportés. Si cette érosion continue, l’île pourrait avoir disparu dans 15 ou 20 ans.

L’île compte 140 villages et une population de 150 000 personnes, ce qui donne une densité de 300 personnes au km² Le seul moyen de quitter l’île est le ferry et il ne fait le trajet depuis la ville de Jorhat que deux fois par jour.

Majuli est très agricole : rizières et cultures diverses. Comme tous les milieux tropicaux abritant des zones humides, l’île est riche de très nombreuses espèces, dont plusieurs espèces d’oiseaux migrateurs qui viennent y passer leur hiver. On peut y observer par exemple le marabout argala, la grue de Sibérie, le dendrocygne siffleur.

Méconnue des touristes, l'île est tenue pour un lieu saint par les hindouistes Vishnouites qui s’y rendent en pèlerinage dans des monastères (Satras). Les moines des Satras honorent le dieu Vishnu et sa principale incarnation, Krishna, par le chant, la danse et le théâtre. L'Assam comptent plus de six cents de ces monastères, mais c'est sur Majuli (22 Satras) que leurs traditions sont conservées le plus fidèlement, comme dans celui d'Uttar Kamalabari.

Il y a plusieurs villages missings sur l’île. Les Missings (prononcer Mishings), même s’ils sont assez nombreux à Majuli, ne sont pas originaires de l’île ni de la région. Ils sont d’origine mongoloïde et viennent donc du nord. On les reconnaît assez facilement à la forme de leur visage et à leurs yeux bridés. Cette ethnie a la réputation d’être assez instruite.

 

Ile de Majuli 

 

Lundi 11 : Protégé sous ma moustiquaire, indispensable, j’ai bien dormi… jusqu’à 2H30 ! Insomnie, très rare chez moi, et lecture ; le décalage horaire sans doute. J’avais mis mes boules Quiès, donc pas de bruit (hier soir j’entendais les occupants des deux bungalows voisins, au travers des murs de bambou tressé). A 5H30, il fait jour et je finis par me lever. Ciel rouge à l’horizon : le soleil apparaît alors dans un ciel nuageux. Il fait frisquet à cette heure. Les oiseaux chantent, ils sont nombreux ici, sur l’île. Des hommes mènent leurs vaches au pré, des femmes coupent de l’herbe et du foin. La vie champêtre de Majuli.

Hier soir, en connexion avec mon téléphone, j’avais la 4G, c’était formidable ; mais ce matin 3G seulement, moins rapide. A 8H, je rejoins Beda qui me châle sur sa moto jusqu’à Kamalabari, la ville principale de Majuli, à quelques kilomètres. Beaucoup d’animation dans la rue principale, c’est l’Inde. En fait, Beda achète, pour moins de 60 €, un vélo neuf indien qu’il me confiera pour mon séjour, c’est sympa (ses autres vélos étant déjà loués aux occupants des autres bungalows).

Une école, Majuli (Assam)  Vers Kamalabari, Majuli (Assam)

De là, seul et à bicyclette, je rejoins mon satra préféré, Uttar Kamalabari, un monastère hindouiste krishnaïste où j’ai des amis moines musiciens et danseurs. La route principale a été toute refaite, en pavé. Les pavés présentent deux avantages : réparation plus facile et utilisation comme projectiles lors de manifestations, mais aussi un inconvénient : ça vibre en vélo.

Je rencontre en route Mukunda, un jeune moine qui est en train de faire construire, près du monastère, un lodge en bambou pour touristes et pèlerins (9 chambres). Avant d’entrer dans l’enceinte du monastère il faut se déchausser, ce que je fais (facile, je suis en tongs). Bitupon, le « filleul » dont j’ai pris les études en charge, m’attend et m’accueille. Il a bien grandi, 16 ans maintenant (j’étais la dernière fois à Majuli en janvier 2016). Il va passer cet après-midi son examen final d’anglais, qu’il parle mal ; je discute avec lui pour l’entraîner. L‘année scolaire se termine en décembre en Assam.

Au centre du monastère se trouve le namghar, le grand hall de prières, où un pooja (office religieux) a lieu en ce moment. J’y rencontre Upen qui me dit de passer chez lui plus tard. Bholaram, le « grand-père » de Bitupon (en fait le moine qui s’occupe de lui), m’invite à déjeuner d’un dal bhat : riz, pommes de terre et soupe de lentilles. Copieux et bon.

Il n’est pas encore midi lorsque nous partons avec nos vélos, Bitupon et moi, pour son école, gouvernementale (publique), qu’il me fait visiter. Sa salle de classe est assez mal équipée, vieillotte ; mais il y a des tables et des bancs. Son examen dure jusqu’à 15H30, mais il m’a fait promettre de revenir le chercher (en fait, il va au collège tous les jours sauf le dimanche de 12H30 à 15H30).

Dendrocygnes siffleurs, Kamalabari, Majuli (Assam)  Vol de dendrocygnes siffleurs, Kamalabari, Majuli

Je le laisse là et vais me balader dans les environs. Beaucoup de bassins, d’étangs, de cours d’eau, Majuli est une île d’eau. Près d’un pont se baignent des centaines de canards qui dansent par moment sur l’eau ou plongent : ce sont les fameux dendrocygnes siffleurs. Et c’est vrai qu’ils ne coin-coinent pas, ils sifflent. Tout à coup, en plusieurs groupes, ils s’envolent, font un ballet dans le ciel, tournent, à l’ouest, à l’est, se croisent, descendent, remontent ; c’est magnifique, j’en ai fait une courte vidéo :  https://youtu.be/HLjBYlA7l0I.

En me baladant par des chemins, au gré du vent (si l’on peut dire car il n’y en a pas), j’arrive par pur hasard… au monastère ! Du coup, je rejoins Upen qui a maintenant quatre « fils » adoptifs, quel courage ! Il est musicien et chanteur et me fait écouter un CD de chants religieux qu’il a enregistré avec cinq musiciens à Guwahati ; très belle voix, chaude. Assis sur le sol sur une natte (c’est comme ça ici) nous finissons par sommeiller tous les deux.

Je me réveille tout ankylosé et file jusqu’à l’école. Une heure à attendre : je bouquine assis devant une boutique. Bitupon, satisfait de son examen, et Probath (même classe et même monastère) sortent à l’heure prévue et nous nous séparons au début de la rue qui mène chez eux. A 16H, je suis dans mon bungalow et me mets difficilement au travail (grosse fatigue). La nuit arrive. Farandole de moustiques, j’en tue une quantité incroyable (dommage que ça ne se mange pas !). Bien d’autres insectes bizarres aussi. Mes voisins indiens ont mis la musique à tue-tête, Beda leur fait baisser le volume (les touristes indiens sont souvent très bruyants).

 

Corvée de bois, Majuli  Coucher de soleil sur le Brahmapoutre (hier)

 

 


 

 

 

 

 
20/11/17

 Retrouvez le journal de bord de mon voyage d'un mois en Angola (octobre/novembre 2017) sur http://www.didierfarsy.com/recits/recit171123222029.docx