Où suis-je ?

En consultant cette page, vous pourrez savoir dans quel pays je me trouve et avoir ainsi de mes nouvelles. Durant mes voyages, à l'aide de mon petit ordinateur portable, j'essaye de la mettre à jour au moins une fois par semaine…
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11/08/18

Au Costa Rica du samedi 28 juillet au samedi 11 août 2018

Privé de Niolon, je n’avais pas envie de rester à Marseille à cette période. J’ai donc cherché un voyage court et intéressant : ce circuit de Nomade Aventure au Costa Rica est le seul que j’ai trouvé ! Nous serons une dizaine de participants, dont mon amie Michèle de Mâcon à qui je l’avais proposé.

Je connais déjà (un peu) le Costa Rica que j’avais visité par mes propres moyens durant 10 jours en novembre 1997 (que le temps passe !). Cette fois-ci, ce circuit nature m’amènera surtout dans des endroits que je ne connais pas. Tant mieux !

 

 

*** Quelques mots sur le Costa Rica (d’après Wikipédia) :

Le Costa Rica (littéralement « Côte riche » en espagnol), peuplé en 2017 de 4 947 490 d'habitants (97 au km²), est une république constitutionnelle unitaire d'Amérique centrale. La majeure partie de son territoire de 51 100 km² (soit dix fois plus petit que la France) est situé sur l'isthme centraméricain, encadré par la mer des Caraïbes à l'Est et l'océan Pacifique à l'Ouest et au Sud (1 290 km de côtes), bordé au Nord par le Nicaragua et au Sud-Est par le Panama, et qui comprend également l'île Cocos située dans l'océan Pacifique, à plus de 500 kilomètres des côtes du pays. La cordillère de Talamanca culmine à 3 820 m au Cerro Chirripó. 

Notre circuit

 

Le Costa Rica a pour capitale San José (au centre), pour langue officielle l'espagnol et pour monnaie le colón. Il est souvent surnommé « la Suisse de l’Amérique centrale » (beauté naturelle, société civile, pas d’armée…)

Le territoire costaricien est occupé par les Amérindiens dès la Préhistoire avant d'être découvert par Christophe Colomb en 1502. Colonisé par les Espagnols du XVIème siècle au XIXème siècle, le Costa Rica acquiert son indépendance en 1821. Depuis le 1er décembre 1948, le Costa Rica est un pays neutre et est devenu la première nation du monde à avoir constitutionnellement supprimé son armée.

Dès lors, le pays se distingue en Amérique Centrale par son modèle de développement donnant la priorité à l'éducation, à la santé et à la protection de l'environnement. Il est depuis 2012 à la cinquième place de l'indice de performance environnementale grâce à sa politique active de développement des énergies renouvelables (hydraulique, éolienne, géothermique qui lui permettent depuis 2015 de s'éclairer uniquement aux énergies renouvelables) et de protection de ses ressources naturelles (reforestations, moratoire interdisant l'exploitation pétrolière pendant trois ans en 2011).

Le Costa Rica possède une flore et une faune exceptionnelles, puisque 6 % de la biodiversité mondiale s'y trouve (pour un pays qui ne représente que 0,03 % des surfaces émergées). 1,3 % de la faune est endémique du pays. En 2007, l'Institut national de la biodiversité considérait que 160 nouvelles espèces étaient découvertes chaque année au Costa Rica. Plus de 25 % du territoire est occupé par des parcs nationaux (26) et des réserves. Le contexte politique du pays, ainsi que son succès dans le domaine du tourisme, contribuent à préserver cette biodiversité.

L'économie du Costa Rica est dépendante du tourisme (deux millions de visiteurs par an, principale source de revenu), de l'agriculture et de l'industrie high-tech, en particulier pour ses exportations. Le PIB mensuel par habitant est élevé pour la région, entre 660 et 840 € (selon les sources).

Les Ticos (Costaricains) sont chrétiens à 87 %, en très grande majorité catholique.

Bagages préparés. Nouvel ordinateur portable remplaçant le précédent tombé en panne avant mon voyage en Indonésie. Je me suis aussi acheté un programme de dictée/reconnaissance de voix, le Dragon NaturallySpeaking, qui écrit sur Word ce que je lui dicte ; mais je ne sais pas si je vais arriver à m’en servir normalement car il est assez lent ; il faudra que je m’habitue et je ne sais si cela va me faire gagner du temps (c’est le but) ou en perdre.

Et voilà c’est parti…

 

Samedi 28 juillet : J’ai mis mon réveil téléphonique à 4h30, , je dois quitter la maison avant cinq heures pour avoir le premier métro. Et je me réveille 45 minutes avant, c’est un peu tôt ! La journée va être longue…

Je suis à la station de métro à l’avance. Que Marseille est sale à cette heure-ci ! Il fait déjà 26°. Des jeunes squattent les bancs entre les rames et fument. Aucun vigile. Je ne suis pas à l’aise…

Bus pour l’aéroport de Marseille-Provence où je suis bien à l’avance aussi. Hop, embarquement dans un Airbus A320 d’Air France (oui, bizarre, cette compagnie n’a pas encore coulé). Décollage à 7H20, mini-collation, ciel nuageux sur Roissy (ci-dessous) où j’atterris à 8H22. Pas besoin de changer de terminal, c’est bien.

En attendant que ma porte d’embarquement soit affichée, je m’installe confortablement dans un lounge gratuit. Wifi gratuit dans tout l’aéroport. Vers midi, je rejoins la bonne porte, en étant obligé de repasser un contrôle de sécurité et l’immigration. Et, là, je rencontre mon amie Michèle, avec qui j’ai déjà voyagé deux fois en Inde. Mais qu’est-ce que tu fais là, Didou, dis donc ? En fait c’est moi qui lui avais proposé de participer à ce voyage. Quant aux huit autres participants, qui sont-ils ? J’ai réussi à connaître leur prénom, mais pas leur nom ; Nomade Aventure protège l’anonymat mais, moi, je trouve qu’il serait normal de savoir à l’avance avec qui je vais voyager durant deux semaines. Imaginez que je me retrouve avec ma belle-mère ! En plus de Michèle et moi, il y aura donc : Michelle, Claire, Marine, Sarah, Jean-Marc, Frédéric, Christine et Guillaume. Deux Michelle, ça va être pratique ! Quant à notre guide local francophone, il nous attend à San José.

A 13H, nous embarquons dans un Boeing 777-200 d’Air France. J’ai, vers l’avant, près d’un hublot, une place assez confortable (espace supplémentaire pour les jambes, normalement en supplément payant). A côté s’installe Jean-Marc, un Parisien, et plus loin Christine, une Toulousaine qui partagera la chambre de Michèle. Cette dernière est vingt rangées derrières. Quant aux autres, je ne sais pas… L’une des participantes était coincée au comptoir, l’avion étant surbooké à cause d’un vol annulé la veille ! A-t-elle pu monter ?

Longue attente. Décollage à 15H05, avec 1H25 de retard. C’est ça, Air France ! Mais le pire est que le déjeuner ne nous a été servi qu’après 17H, j’avais une faim ! Si j’avais su, j’aurais déjeuné à l’aéroport. Air France se fout vraiment du monde ! (je souris tout seul en écrivant cela plus tard : à Niolon on m’a surnommé le ronchon ; allez comprendre pourquoi !)

Ciel panaméen 

Mon Dieu, que ce voyage est long ! Mal aux fesses, pourvu qu’il ne me vienne pas des escarres ! Ecran personnel de taille moyenne et bon choix de films ; je regarde « D’où viens-tu, Johnny ? », un film raté des années 60, que je n’avais jamais vu, mais j’ai plaisir à revoir Johnny Hallyday, que j’aimais beaucoup. Lecture et écoute de musiques ; je n’arrive malheureusement pas à dormir. Petit plateau servis en guise de repas ; quand je pense qu’il y a 20 ans Air France était réputé pour la qualité de ses menus ! Quelle tristesse !

Enfin, à 18H40 heure locale, nous atterrissons à Panama City (durée du vol : 10H35, décalage horaire de -7H). Là, il nous faut récupérer nos bagages et c’est galère : passer le contrôle de sécurité, passer l’immigration, aller au hall de livraison des bagages, les récupérer, les enregistrer sur notre vol Copa Airlines, repasser l’immigration, repasser le contrôle de sécurité, rejoindre notre hall d’embarquement et attendre… Je m’achète une nouvelle montre bon marché, la mienne ayant lâché. Attente longue, notre avion a du retard mais aucune annonce pour nous informer. Je suis crevé mais n’arrive pas à dormir, il y a plus de 24H que je suis debout.

Embarquement à bord d’un Boeing 727-800. Près de sa porte il est écrit en espagnol : « Copa Airlines, la compagnie la plus fiable d’Amérique Latine » ; pas prétentieux du tout. Nous décollons à 23H40, avec plus de deux heures de retard ! Je m’endors (enfin !) mais le vol est court, atterrissage à 23H40 sur l’aéroport de San José (durée du vol 0H55, décalage horaire de -1H, décalage horaire avec la France de 8H). L’aéroport se situe en fait à Alajuela, à 17 km au nord-ouest de la capitale. Les bagages sont là. Retrait d’argent local, le colon.

A l’extérieur, Fernando, 30 ans, nous attend, c’est notre guide local (local si l’on veut, car il est du Nicaragua !). Nous sommes six, quatre personnes sont absentes : elles ont été refusées à bord à Paris à cause du surbooking d’Air France ! 

Un minibus taxi nous emmène à l’hôtel Pacandé, à 4 km. Alajuela, ville de 295 000 habitants, est située à 950 m d’altitude. Je m’installe dans ma chambre, grand lit mais pas de mobilier, fenêtre sur couloir, salle de bain correcte, me couche à 1H15 et m’endors aussitôt.

                                       

 

Dimanche 29 : Excellente nuit, un peu courte. Réveil à 6H40, petit-déjeuner à 7H avec, entre autres, bon pain et fruits. Pendant ce temps, Fernando nous donne les informations sur le voyage en général, sur notre journée et répond à nos questions. Nous quittons notre hôtel à 8H, ciel couvert (normal en cette saison ici). Notre véhicule pour le séjour est un minibus Mercedes Sprinter de 13 places (dont un strapontin et une mini-place entre chauffeur et passager avant), pas très confortable, et qui sera bien rempli et, à mon avis trop étroit, quand le groupe sera complet demain. Ça va être dur pour moi et mes petites jambes (et je ne suis pas le plus grand !). Nous avons près de 1 000 km plus ou moins de montagne à parcourir… Notre sympathique chauffeur, d’une quarante d’années, s’appelle Dago.

Nous restons ce matin dans la Valle Central, qui s’étend sur 64 km du nord au sud et sur 24 km d’est en ouest, à 1 500 m d’altitude moyenne, et concentre 60 % de la population du pays. On y trouve trois grandes villes : San José, la capitale (350 000 habitants), Alajuela, où nous avons dormi (295 000 habitants) et Cartago (160 000 habitants) ; mais ces chiffres de 2015 sont sous-estimés car l’immigration est très forte en ce moment, notamment à cause des réfugiés du Nicaragua et des latino-américains venant chercher du travail dans ce pays réputé riche.

Petit arrêt dans la montagne à la cascade La Paz, une cascade haute de 31 m et d’un débit extrêmement puissant. Un stand de pâtisserie locale nous fait goûter quelques spécialités. C’est bon (mais cher).

Fernando, Dago et notre minibus  Cascade de la Paz

Nous rejoignons ensuite Cinchona, un établissement situé en hauteur en face de la cascade San Fernando (que l’on aperçoit par moment derrière la brume). Nous y goûtons le café à la chaussette (un genre de chaussette servant de filtre) ; mais le café n’est pas mon truc.

Ici, c’est le royaume des oiseaux. Sur des perchoirs, des bananes et papayes bien mures attirent de nombreuses espèces, c’est fascinant. Moi qui aime tant les oiseaux (à part les pigeons et les tourterelles) ! Moi qui n’ai jamais pris mon envol ! Plusieurs espèces de colibris, mon oiseau préféré, si difficile à prendre car il bouge tout le temps, même quand il volète sur place. Et puis des merles fauves (oiseau national du Costa Rica), des toucans verts avec leur bec immense, des euphonies (jaune et noir), des tangaras écarlates (noir et rouge), des tangaras bleus etc…

Je pourrais rester là des heures à les observer et à essayer de les prendre en photo. Mais le groupe m’attend…

Colibris, Cinchona  Toucan vert, Cinchona

Plus loin, arrêt impromptu sur le bord de la route : s’y balade un coati mâle, mammifère à long museau et longue queue, assez peu craintif. Je n’en avais jamais vu jusqu’à présent. Comme quoi, même à 53 ans, on fait encore des découvertes !

Puis nous longeons de longs champs d’ananas et une plantation de canne à sucre.

Au loin, le volcan Arenal culmine à 1 720 m. C’est un cône parfait mais son sommet est caché par les nuages. C’est le plus jeune volcan du pays, 7 000 ans seulement, et il est toujours en activité ; à cette âge-là on est en pleine forme !

La route est assez bonne et les paysages assez changeants. Petite averse, ça commence.

Coati mâle, vers Cinchona  Champ d'ananas

Nous arrivons à midi à l’Ecocentro Danaus, dans le parc national du volcan Arenal. Il ne pleut plus. Là, courte balade à la découverte de la flore : beaucoup de plantes épiphytes (notamment des orchidées), grands arbres, lianes… Quelques animaux : des processions de fourmis coupe-feuille, de jolis papillons dans un papillonarium, des basilics verts (longs lézards), deux paresseux en haut d’arbres, des écureuils noirs, un petit caïman, un savacou huppé et, surtout, quelques grenouilles blue-jean (minuscules grenouilles venimeuses rouges aux membres bleus). Sympa.

Maracas, Ecocentro Danaus  Basilic, Ecocentro Danaus  Paresseux, Ecocentro Danaus  

Nous repartons et déjeunons correctement dans un restaurant de La Fortuna ; pour moi, un casado de porc correct. Au Costa Rica, la nourriture n’est pas très diversifiée, à base de riz, haricots noirs, salade et bananes plantains.

Grenouille blue-jean (Dendrobatidae), Ecocentro Danaus  Casado de porc

**Biodiversité au Costa Rica (d’après « Le livre de Pierre -Costa Rica ») :

Le Costa Rica, doté d’un patrimoine naturel riche et concentré sur un territoire tout petit, est un véritable réservoir de la diversité biologique : le pays abrite 6 % de la biodiversité mondiale pour une superficie qui représente seulement 0,03 % de la surface terrestre et concentre 615 espèces par 10 000 km². La biodiversité du Costa Rica est donc unique au monde. On y dénombre près de 500 000 espèces animales et végétales, dont 10 000 espèces de plantes, 15 000 espèces de papillons, 800 espèces d’oiseaux et 1 500 types d’orchidées.

La forêt primaire représente 10% du territoire. Les parcs nationaux, zones protégées du Costa Rica, constituent 30 % du
territoire, un véritable record au niveau mondial. Au total, 50 % des terres sont des zones protégées ou en cours de reforestation. Le pays est d’ailleurs reconnu pour ses actions et ses initiatives en faveur de la préservation de l’environnement, parmi lesquelles la mise en place d’un système national de zones protégées.

Broméliacée, Ecocentro Danaus  Euphonies, Cinchona

Quelques exemples d’animaux peu communs en Europe que l’on peut rencontrer ici :

- les mammifères : jaguars (très difficiles à voir), pumas, paresseux, singes hurleurs, singes araignées, singes titi, capucins moines, salimiris (ou singes-écureuils), coatis (appelés pizotes), agoutis, raton-laveurs, tayra (martres à tête grise), opossum, tapirs, fourmiliers à collier, vampires communs (chauves-souris) etc…

- les reptiles : salamandres, iguanes, basilics verts ou bruns, basilic Jésus-Christ (nommé ainsi grâce à son étonnante capacité à courir sur l’eau), serpents fer de lance (appelés terciopelos ; parmi les plus dangereux du monde), serpents à sonnettes, serpents marins, vipères de Schlegel, serpents-liane verts, boas, crocodiles, caïmans, cinq espèces de tortues marines, etc…

- les grenouilles, l’un des emblèmes de la région : il y en a de toutes les tailles et de toutes les couleurs, certaines étant venimeuses)

- les oiseaux : quetzals resplendissants (spectaculaires oiseaux), aras rouges, aras verts, aras macaos, spatules roses, toucans, pélicans bruns, aigles harpies, grands hoccos, colibris (50 espèces), trogons, motmots, perruches, milans à queue fourchue, tyrans, pélicans, frégates, zopilotes (urubus noirs), jabirus (rares) etc…

- les insectes : scorpions, tarentules, mygales, fourmis coupe-feuille (ou champignonnistes), moustiques etc…

- les poissons : requins marteaux, requins taureaux, barracudas etc…

Ça fait envie, non ? Tranquillisez-vous : le plus grand danger naturel au Costa Rica est de recevoir une noix de coco sur la tête ou de prendre un gros coup de soleil !

Morpho Peleides, Ecocentro Danaus  Volcan Arenal

Une grosse averse nous retarde un peu pour quitter le restaurant. Nous gagnons le Mystico Arenal Hanging Bridges Park, au pied du volcan Arenal toujours dans les nuages. Entrée chère (26 US$). Des glissements de terrain viennent d’avoir lieu et quelques sentiers sont fermés, cela raccourcit la balade mais ne l’empêche pas. Cela dit, comme il pleut, cette promenade ne présente pas un grand intérêt : si nous voyons arbres et plantes dans la végétation exubérante de cette forêt tropicale humide, nous n’apercevons aucun animal (sauf un coati sur le parking au retour). Quelques ponts suspendus, mais ridicules en comparaison de ceux du Népal).

Encore deux heures de route en direction de Bijagua, au nord-ouest du pays. Je me suis installé à l’avant près du chauffeur, j’étais vraiment trop mal derrière. Arrivés vers 18H30 aux alentours du volcan Tenorio (1 916m) nous nous installons à la Posada Río Celeste, tenue par une famille. Nous avons parcouru environ 240 km aujourd’hui. Il fait bon ici, pas trop chaud. Ma chambre est toute boisée mais très mal isolée acoustiquement et je ne peux décemment pas utiliser mon système de dictée. Je récupère, pour travailler, la table du couloir. L’éclairage n’est pas très puissant mais je dispose d’un grand lit et d’une moustiquaire. Nombreuses averses en soirée et durant la nuit ; bruit sur le toit de tôle ondulée.

Repas correct, puis sur mon ordi jusqu’à 22H45.

Savacou huppé, Ecocentro Danaus  La Pura Vida en Costa Rica

 

Lundi 30 : Mauvaise nuit, nombreux réveils certainement due au décalage horaire, puis plusieurs crampes douloureuses aux jambes et pieds. Je finis par me lever à 4H30. Je continue mon journal de bord.

Petit-déjeuner très complet à 7H. Nous faisons connaissances avec Michelle de Paris et Sarah, Claire et Marine, trois Messines de 26-27 ans, toutes les quatre arrivées vers minuit. C’est bien le surbooking qui les avait empêchées d’embarquer à Roissy, c’est incroyable ! Michelle n’a vraiment pas de chance : sa valise est partie aux États-Unis.

Après de nombreuses hésitations à cause du mauvais temps, le groupe part vers 8H15 pour trois heures de balade. Moi je n’hésite pas : je n’y vais pas, vraiment pas envie. En bon Marseillais j’ai horreur de la pluie. J’en profite pour finir de mettre à jour mon journal et pour répondre à mon courrier.

Vers 11H30, mes compagnons reviennent plutôt contents de leur balade, même s’ils n’ont pas vu d’animaux. Ils ont eu de la chance, une seule averse à la redescente. Mais, dès leur retour, c’est le déluge ici !

Ecureuil multicolore, Ecocentro Danaus  Jardin, Posada Rio Celeste La Amistad

Nous quittons les lieux après un copieux déjeuner. Une mauvaise route étroite puis la Panamericana et enfin une route côtière nous amènent en deux heures et une centaine de kilomètres jusqu’à la péninsule de Nicoya, sur la côte pacifique. Avant d’y arriver, arrêt dans un complexe touristique où nous pouvons observer des alouates (singes hurleurs) et de magnifiques aras macao multicolores.

Notre chauffeur manque de peu d’écraser un crotale (serpent à sonnette) Puis nous arrivons au village de pêcheurs de Costa Pajaros où nous embarquons, vers 16H30, sur une lancha, une grande barque à moteur, tandis que nos bagages restent à bord du minibus (nous n’avons pris que le nécessaire pour une nuit). Et nous voilà, au bout d’une demi-heure, à Pocana, sur l’île de Chira. Attablé au seul bar du coin, nous attendons le coucher de soleil, actuellement derrière les nuages. Et, vers 18H, il apparaît (enfin !). C’est superbe : le ciel et la mer prennent des teintes orangées puis mauves.

Amazone à nuque d'or, Posada Rio Celeste La Amistad  Alouate (singe hurleur), route de la péninsule de Nicoya  Aras macao, route de la péninsule de Nicoya

Un taxi-minibus nous conduit ensuite jusqu’à la Posada La Amistad, située en hauteur dans la campagne. Il est 18H30. Je m’installe dans un bungalow de bois qui comporte deux chambres. La mienne a un grand et un petit lit, un sol de bois très bruyant, une moustiquaire de fenêtre trouée, un ventilateur efficace, une salle de bain sans eau chaude et, pour la première fois, une table et une chaise (comme quoi, dans la vie, on ne peut pas tout avoir en même temps !).

A 19H30, Liliana, notre hôtesse, nous parle de l’action qu’ont menée une dizaine de femmes depuis l’an 2 000, époque de crise économique où cette île de 3 000 habitants était complètement délaissée par le gouvernement, pour améliorer les conditions de vie des îliens. Avec l’aide d’associations partenaires locales et étrangères, du ministère de l’écologie et, aujourd’hui, du gouvernement, plusieurs programmes ont été menés ; entre autres : construction de cet écolodge en vue d’attirer des touristes, protection de la mangrove, création d’une école et d’un dispensaire.

Le diner qui suit est correct (délicieuses pâtes aux crevettes). Puis, dans ma chambre, je mets à jour mon journal de bord avant de me coucher à… 21H15. Environ 100 km parcourus ce jour.

Crotale (serpent à sonnette), route de la péninsule de Nicoya  Coucher de soleil, île de Chira

 

Mardi 31 : Nuit calme (je mets toutes les nuits des boules Quiès). Je suis levé avant 5H. Pas de Wifi ici, mais je l’aurai ce soir. A 6H, petit-déjeuner correct que je complète avec quelques termites vivantes prises à même la termitière ; c’est Fernando qui m’initie et j’avoue que c’est très bon, craquant avec un petit goût de noisette. J’en reprends…

Une heure plus tard, le même taxi-minibus qu’hier nous conduit jusqu’au village de San Antonio où la lancha nous attend et nous balade dans la mangrove du golfe de Nicoya. Fernando nous explique qu’il existe trois sortes de mangroves de palétuviers : la rouge, la plus importante car elle abrite sous ses racines surélevées les nids de crevettes ; la noire, avec des racines extérieures pointues sortant de la vase ; et la blanche, avec ses racines enterrées sous la vase.

Nous apercevons plusieurs espèces d’oiseaux : spatules roses, aigles pêcheurs, frégates, hérons blancs, pélicans, mais aussi un crocodile au loin et… des gardes-côtes.

Il fait assez beau, quelques nuages seulement, et la balade est très agréable. La lancha se dirige ensuite vers le continent et nous débarque à 8H40 à Costa Pajaros (le programme Nomade Aventure était erroné). 

Spatule rose, île de Chira  Frégate (mâle), île de Chira

La lancha nous débarque à Costa Pajaros (côte des oiseaux) où nous attend Dago avec un nouveau minibus, un bus même, un Toyota 18 places, sans compter les 6 strapontins ; au moins nous ne serons pas serrés ! Dago est parti le chercher hier soir à Alajuela, à deux heures d’ici, pour revenir ce matin. Il est 8H40.

Nous roulons presque deux heures jusqu’à la rivière de Tarcoles. Là, nous faisons un arrêt à une boutique-bar où je déguste un délicieux jus de corossol. Nous passons à pied le pont qui surplombe la rivière ; en bas, une bonne quinzaine de crocodiles américains se dorent au soleil tandis que d’autres se laissent entraîner par les eaux.

Rivière de Tarcoles  Crocodiles américains, rivière de Tarcoles

Le bus nous récupère et nous roulons encore un peu par une route plutôt jolie et en bon état. Arrêt de bonne heure pour déjeuner dans une cafétéria servant une nourriture locale correcte.

À 13h15 nous arrivons à Quepos, une ville de villégiature côtière, sur le Pacifique. Comme toute la région, elle est principalement fréquentée par des États-Uniens (comme Fernando, j’appelle ainsi les habitants des États-Unis). Là, Michèle la parisienne fait quelques achats en attendant de recevoir sa valise (ce soir peut-être, ou demain matin). Quepos, fort moche, ne présente a priori aucun intérêt si ce n’est la plage qui la borde. Christine s’y fait mordre par un chat en essayant de le caresser ; il faut le faire, non ?

Iguane ctenosaura, parc national Manuel Antonio  Crabe de mangrove, parc national Manuel Antonio

Nous continuons ensuite jusqu’à l’entrée du parc national Manuel Antonio. Il est bourré d’États-Uniens venus là pour ses animaux et ses deux plages (comme nous, en fait). Le ticket me paraît élevé (15 US$). Le parc est bien aménagé, très longue passerelle, et nous apercevons quelques animaux : un chevreuil, de nombreux singes capucin très dégourdis, un agouti, deux iguanes ctenosaura (à l’allure de dinosaure), et un paresseux à deux doigts, perché bien haut dans son guarumo (arbre à feuilles hallucinogènes dont les paresseux se nourrissent). A noter qu’il existe aussi une autre espèce de paresseux, celui à trois doigts. Bien sûr, beaucoup de crabes de mangrove, rouges écarlates.

Nous avons de la chance : il fait beau (du moins il ne fait pas mauvais). Arrivés à la seconde plage tous mes compagnons, sauf Fernando, vont se baigner dans une eau environ 30°. Si je n’y vais pas, c’est que j’estime qu’il n’est pas encore temps de montrer mon corps d’athlète. Beaucoup de vagues. Le parc ferme à 15h30 au niveau des entrées, mais laisse heureusement du temps aux visiteurs pour sortir. Demi-tour et voilà qu’il se met à pleuvoir. Vite, ma cape de pluie !

Agouti, parc national Manuel Antonio  Plage, parc national Manuel Antonio

Nous embarquons dans notre bus et roulons encore près de 45 minutes. Et nous voilà, à 17H15, à l’auberge de Coope Silencio, située sur une petite colline dans le village éponyme. Coope Silencio est une communauté née de la lutte paysanne pour la terre. C'est un des modèles d'autogestion parmi les coopératives existantes au Costa Rica et qui occupe aujourd'hui un rôle de premier plan dans la conservation des ressources autour du parc. Nous avons parcouru 200 km environ aujourd’hui.

J’occupe tout seul, pour deux nuits, un très grand bungalow à deux niveaux avec un grand lit et six petits lits. C’est sommaire mais tout à fait correct. Petite piscine à l’extérieur dont je profite pour me rafraîchir, la pluie s’étend arrêtée en cours de route. Puis, dans ma chambre, je visionne mes photos du jour. Pas de chance : juste en contrebas de ma chambre se trouve une église évangélique, et ça crie, et ça hurle dans le micro, et ça chante faux pendant plus d’une heure (cette façon de faire des évangéliques m’est insupportable ; la discrétion n’est pas leur fort, bien au contraire).

A 19h30 je rejoins la salle à manger pour le repas du soir. Là encore c’est très bruyant, un groupe d’autochtones buvant en écoutant de la musique. Fernando leur demande même de faire silence un moment afin qu’il puisse nous donner les consignes pour demain. Le Wi-fi n’étant accessible qu’ici, j’y travaille jusqu’à 22H (beaucoup de recherche) puis rejoins ma chambre où je continue mon journal de bord jusqu’à 22h45.

Singe capucin, parc national Manuel Antonio  Paresseux à deux doigts dans un guarumo, parc national Manuel Antonio

 

Mercredi 1 août : Nuit plutôt bonne. Je me lève à 5H30 et continue mon journal (c’est très long à faire). Pendant le petit-déjeuner arrive une camionnette : c’est la valise de Michèle la Parisienne ! Enfin !

Départ à 8H. Le ciel est partiellement couvert. Le bus nous laisse une demi-heure plus tard devant un pont suspendu que nous traversons à pied. Puis un chemin grimpe dans la montagne. Nombreuses sensitives sur le bas-côté (vous savez, cette plante dont les feuilles se rétractent lorsqu’on la touche).

Basilic Jésus-Christ, Los Campesinos  Salimiri (singe-écureuil), Los Campesinos

Plus haut, traversée d’un ruisseau. Un basilic Jésus-Christ (celui qui peut marcher sur l’eau) se cache dans les fougères. De nombreuses fourmis coupe-feuille travaillent, travaillent, travaillent, chacune portant un petit bout de feuille qui servira d’engrais à leur champignonnière (voir ma vidéo https://youtu.be/TOLrVy93l-A). Des papillons colorés volètent de plantes en plantes. Tout est vert, exubérant. La pluie a du bon. Un carambolier nous offre ses fruits (que je n’aime pas) et un roucouyer ses graines rouges ; cet arbre s’appelle aussi roucou ou arbre rouge-à-lèvres car sa graine servait de rouge-à-lèvres aux femmes autochtones. Nous avons aussi la chance d’apercevoir des salimiris, appelés aussi singe-écureuil, jouant et mangeant dans les arbres. Pas très sympas : pour nous faire comprendre qu’on les gêne, ils nous pissent dessus  et nous lancent des fruits !

Ça grimpe toujours. Quelques petites descentes aussi. Je suis trempé de transpiration, l’humidité est permanente. Et nous voilà arrivé à Los Campesinos, un tout petit village qui vit du tourisme et de la culture de la vanille. Un chemin pentu descend à une cascade et un bassin très peu profond où mes compagnons se baignent. Nous remontons et prenons un très long pont suspendu très étroit qui arrive à une seconde cascade, plus haute, et à un bassin un peu plus profond.

Retraversée du pont suspendu et déjeuner dans le seul restaurant du coin. Copieux et bon. Sur le chemin de retour, visite d’une petite exploitation de vanille dont le patron nous donne quelques explications, notamment que la vanille ne se pollinise pas, tout est fait à la main ; et que le prix de vente de la vanille est en forte augmentation cette année (4 € les deux gousses !). 

Pont suspendu, Los Campesinos  Cascade basse, Los Campesinos  Eucalyptus, Los Campesinos

Redescente jusqu’au bus et retour à la coopérative où nous arrivons peu après 15H. Petite lessive, vingt minutes de piscine pour me délasser, puis ordinateur. Pluie durant près de deux heures. Plus tard, conférence d’une heure sur la coopérative qui s’est spécialisée dans l’huile de palme pour l’exportation (j’ai du mal à suivre). Ils ont même leur propre monnaie (afin qu’elle ne soit pas dépensée ailleurs) et joue aussi aujourd’hui la carte du tourisme dans le village et les environs.

Repas correct. Groupe très sympa et intéressant, d’un bon niveau intellectuel, j’apprécie. Avec mon amie Michèle et Christine (institutrice) nous sommes les plus vieux (tous trois de 1955, un bon cru). Les trois plus jeunes sont des filles de 26 et 27 ans (deux instits et une prof d’espagnol).

Je suis à jour et, la fatigue aidant (beaucoup), je suis au lit à 21H15 et m’endors de suite.

Vanille, Los Campesinos  En ranchero, Los Campesinos  Orchidée San Miguel, Los Campesinos

 

Jeudi 2 : Je me lève à 5H, reposé après une excellente nuit. Je sors un peu plus tard faire des photos : c’est l’heure des oiseaux. Beaucoup de perruches très bruyantes, des urubus noirs, des tyrans quiquivi à ventre jaune, des papillons, un écureuil noir et même une cigale attendant la fin de l’été. Belle vue sur la palmeraie (photo ci-dessous).

La palmeraie, Coope Silencio

Petit-déjeuner dès 6H30 puis chargement du bus et départ à pied pour visiter rapidement le village de Coope Silencio, mignon et très bien tenu. Le bus nous récupère pour nous laisser 2 km plus loin devant une palmeraie. Un ouvrier nous montre comment récolter les noix de palme à huile (dur travail) et nous recevons quelques explications sur cette culture.

A Coope Silencio  Noix de palme à huile, Coope Silencio

Nous repartons vers 8H15. Stop à une station d’essence puis arrêt d’une demi-heure au bord de la vilaine plage d’El Dominical, réputée pour le surf. Route de montagne jusqu’à l’entrée des cascades Nauyaca. Il est 10H et il nous reste alors 4 km à parcourir à pied sur une piste souvent boueuse. Il fait beau heureusement. Une heure et demie plus tard, chaussures boueuses, nous sommes arrivés à la cascade haute, superbe et spectaculaire. La cascade basse et à quelques minutes, surplombant un grand bassin et située dans un écrin magnifique. Je fais partie des baigneurs, l’eau à 20° est bien rafraichissante après cette marche. Nous ne sommes pas seuls : une soixantaine de randonneurs sont présents sur le site.

Plage d'El Dominical  Cascade haute de Nauyaca

Nous repartons après le pique-nique, à 13H. Pas de chance : la pluie se met à tomber et le retour est assez désagréable. Plaisir d’apercevoir une minuscule grenouille noire et verte (dendrobate doré), difficilement photographiable. Mais c’est trempé de transpiration sous ma cape de pluie que j’arrive au bus. J’ai peur que l’humidité n’ait endommagé mon appareil photo. Le bus n’est plus qu’un grand étendage d’affaires trempées.

Dendrobate doré, chemin de la cascade Nauyaca  Heliconius Hecale, Coope Silencio

Route de montagne dans la cordillère de Talamanca, toujours sous la pluie ; le pare-brise s’embue continuellement, pas facile pour Dago. Enfin, à 16H30, nous sommes à destination, au Cerro de la Muerte, à 2 800 m d’altitude. Nous avons parcouru 135 km aujourd’hui et nous installons au refuge de montagne Mirador de Quetzale : ce sont de mignons petits chalets très rustiques. Il pleut toujours.

Une douche chaude me fait du bien, mais le chauffage d’appoint promis sur le programme est aux abonnés absents (et je n’arriverai pas à en obtenir un). Non seulement il fait froid mais je ne sais pas comment mes affaires trempées vont pouvoir sécher. Installé sur une petite table c’est entouré d’une couverture que je travaille sur mon ordi jusqu’à 19H. Je rejoins alors la salle à manger. Ici il y a un poêle à bois, c’est un peu mieux. Bon repas. Puis Wifi dans la salle à manger. Je pars me coucher vers 21H. Mon Dieu qu’il fait froid !

Procession de fourmis coupe-feuille

 

Vendredi 3 : Que j’ai mal dormi ! Je me lève à 5H et rejoins la salle à manger où le garçon allume le poêle. Ah, c’est mieux ! Je suis le premier ici, Fernando me rejoint peu après. Il fait presque beau.

Sur la terrasse, des colibris volètent et je les observe un bon moment. Que je les aime ! L’un d’eux se pose sur ma main. Tout léger ! Photos difficiles. Cet endroit est très chouette, magnifique jardin et belle vue sur les montagnes en face.

Colibri, hôtel Mirador de Quetzale, Cerro la Muerte  Colibri, hôtel Mirador de Quetzale, Cerro la Muerte

Le groupe rassemblé, après un café, à 6H30, nous partons en balade dans la forêt tropicale humide adjacente à la recherche du quetzal, ce magnifique oiseau coloré de plus en plus rare. Le chemin est assez bon malgré un peu de boue. Un guide local nous précède parmi les chênes de montagne et autres arbres majestueux. Petites cascades mais aucun animal, aucun oiseau, aucune grenouille. Pas de quetzal, nous ne voyons que deux anciens nids. Je suis un peu déçu. Retour à l’hôtel vers 8H pour un bon petit déjeuner et départ une heure plus tard.

Vue depuis l'hôtel Mirador de Quetzale, Cerro la Muerte  Balade dans la forêt tropicale humide, Cerro la Muerte

Route de montagne sinueuse et assez encombrée jusqu’à Cartago que nous atteignons vers 10H30. Cartago, 160 000 habitants, était l’ancienne capitale du Costa Rica jusqu’en 1823. En 1841 et 1910, de violents tremblements de terre ont détruit presque entièrement le patrimoine historique de la ville. Hier et aujourd’hui sont deux jours de fête nationale, pèlerinage de plusieurs milliers de personnes pour demander des faveurs à la Vierge de Notre-Dame des Anges.

Au marché, Cartago  Eglise (1870-1910), Cartago

Nous visitons le marché très coloré avec ses dizaines de fruits et légumes locaux, puis les ruines de l’église construite à partir de 1870 et détruite par le tremblement de terre de 1910 et aujourd’hui transformée en jardin public.

Nous poursuivons par les rues bordées de spectateurs parmi les pimpons des véhicules de police et de pompier (tout ça pour moi, c’est trop !) jusqu’à la basilique Notre-Dame des Anges. Elle fut construite à partir de 1912, suite à la destruction de l’ancienne, à l’endroit où a été trouvé en 1635 une statue en pierre de Notre-Dame des Anges, à laquelle la population a très vite attribué des nombreux miracles. Magnifique bâtiment intérieur, j’aime beaucoup ses proportions et sa simplicité (mais je le trouve laid à l’extérieur). Les pèlerins arrivent là en se déplaçant à genou. Salle réservée aux ex-voto.

Basilique de Los Angeles, Cartago  Pèlerinage de Notre-Dame-des-Anges, Cartago

De retour dans la rue, défilé de tracteurs décorés remplis de légumes et fruits, de bœufs de toutes tailles tirant des charrettes, de cavaliers. C’est très chouette et nous avons beaucoup de chance de passer là juste aujourd’hui (c’est le hasard). Avec Michèle, nous prenons nombre de photos et nous égarons. Fernando nous retrouve un quart d’heure plus tard et nous pouvons reprendre la route. Il est déjà midi et demie.

Pèlerinage de Notre-Dame-des-Anges, Cartago  Pèlerinage de Notre-Dame-des-Anges, Cartago

Route tortueuse vers la côte caraïbe, encombrée de camions et semi-remorques qui nous ralentissent. Plantations de café et de canne à sucre. Une heure plus tard, arrêt au restaurant El Clon, un bel endroit consacré au rail (une ligne de chemin de fer passait ici avant) où le service est parfait, la serveuse bien mignonne et les plats délicieux et copieux. J’ai choisi un churrasco de porc et dois payer un supplément car cela dépasse le budget de 6 € alloué pour le repas. 

Plantation de café, vers Cartago  Mon churrasco de porc, restaurant El Clon

Route encombrée pour arriver vers 16H dans une petite réserve privée à Siquirres, Las Tilapias Chito y Pocho. Un endroit superbe avec quelques bungalows (dommage que nous ne dormions pas ici !) Balade d’une petite heure en bateau sur un bras d’eau où nous avons la chance d’apercevoir un paresseux, deux gros iguanes verts, plusieurs oiseaux (savacou huppé, jacana du Mexique, bihoreau violacé), des canards et quelques tortues d’eau (mais pas de petites grenouilles).

C’est Chito (Gilberto Sheden) qui nous conduit, un homme sympathique qui est très connu au Costa Rica et même dans le monde entier (journaux, télévision). Il y a 20 ans, alors qu’il était pêcheur, il avait soigné et sauvé un crocodile de 445 kg et de 4,5 m de long, Pocho. Celui-ci lui en avait été reconnaissant et ne l’avait plus quitté jusqu’à sa mort en 2011. Chito, surnommé par les médias « le Tarzan tico », avait alors monté un spectacle avec Pocho. Il mettait notamment sa tête entre les mâchoires du crocodile (en espérant que ce dernier n’éternue pas). Je ne sais s’il lui lavait une à une ses 64 dents avant ! Pour ceux qui lisent l’espagnol : http://www.absurddiari.com/s/llegir.php?llegir=llegir&ref=7331

Savacou huppé, balade en bateau dans la réserve de Siquirres  Paresseux, balade en bateau dans la réserve de Siquirres

Continuation jusqu’à Cahuita, une petite ville de 8 300 habitants située sur la côte caraïbe, près de la frontière du Panama. Embouteillages à cause de travaux sur la route et de plusieurs ponts étroits ; du coup, nous n’arrivons qu’à 19H45, à la nuit (232 km parcourus ce jour). L’hôtel du groupe (La casa de las flores) n’ayant pas assez de chambres disponibles, je loge juste à côté, au Marfi Inn (Nomade Aventure m’avait prévenu et ça ne me dérange pas). J’ai un grand studio pour handicapé (Nomade me connaît bien) avec cuisine équipée (dont je ne me servirai pas) et climatisation, très utile, dans la chambre. Le wifi fonctionne bien. Seuls problèmes : toute la salle de bain est à hauteur d’handicapé (douche, miroir…) et je n’ai absolument aucune vue dans le studio, les mini-fenêtres étant situés à 1,70 m de hauteur (et j’aime avoir de la vue et de la lumière !) ; pour cette nuit, cela a peu d’importance, mais je dois reloger ici après-demain. Ce soir, le diner n’est pas inclus au programme, mais je n’ai vraiment pas faim, trop fatigué ; je ne sortirai pas. Mais cela ne m’empêchera pas de « travailler » jusqu’à minuit, sans avoir terminé mon journal de bord (pris plus de 200 photos aujourd’hui, je n’en conserve qu’un tiers).

Iguane vert, balade en bateau dans la réserve de Siquirres  Bihoreau violacé (juvénile), balade en bateau dans la réserve de Siquirres

 

Samedi 4 : Bonne nuit mais réveil dès 5H, ce qui me permet de me mettre à jour. A 7H30, tout seul dans la salle de restaurant, je déjeune. C’est copieux : œufs au plat, charcuterie, pain grillé, beurre, confiture, fruits, gâteau, chocolat et jus de fruit. Parfait !

Je libère mon studio, laisse mon gros sac à dos à l’accueil et rejoins mes compagnons à 8H. Nous partons en bus jusqu’à la rive du rio Sixa Ola. Ou presque… 50 minutes de route et mauvaise piste (35 km). De l’autre côté du fleuve nous apercevons, perdu, un grand supermarché. Il est au Panama, on peut y accéder, sans contrôle, par un pont et les Ticos vont y faire leurs courses (électroménagers, informatique, vêtements, nourriture…) car c’est détaxé et souvent moitié prix qu’au Costa Rica. Nous n’y allons pas et continuons notre route jusqu’à Bambu un cul-de-sac où se trouve un gué qu’il est impossible de traverser en bus. C’est là que nous faisons nos adieux à Dago : ce sympathique chauffeur, souriant et expérimenté, retourne à Alajuela et nous ne le reverrons pas. Nous continuerons désormais avec les transports locaux.

Supermarché en territoire panaméen  Sur la Sixaola avec les Bribris

Traversée du bras de rivière à pied, guidé par un jeune indien Bribri, puis courte marche jusqu’au rio Sixaola oùnous attendent trois autres Bribris et deux canots à moteur. Un couple d’Australiens nous rejoint, nous mettons nos gilets de sauvetages, mettons nos petits sacs à dos dans des sacs poubelles et embarquons. Il est 9H30. Un peu plus d’une heure de navigation en montée, quelquefois difficile dans les rapides (peu de fond), d’abord sur le Sixaola puis sur le rio Yorkin et nous voilà arrivé au village éponyme : Yorkin, où habitent environ 250 bribris.

Rio Yorkin, territoire bribri  Les Bribris, Yorkin

Les Bribris sont les autochtones de cette région de Talamanca. Ils vivent le long de la côte Caraïbe, dans les montagnes et au nord du Panama. Ils ont leur propre langage et vivent principalement de l’agriculture (cacao, bananes, canne à sucre). Il ne serait aujourd’hui plus que 12 000 (24 communautés). Ils vivent en clans familiaux (beaucoup d’enfants par famille) et sont chrétiens pour la plupart, bien qu’ayant gardé leur foi en un dieu de la Terre (animisme). Les shamans ont toujours une place importante au sein de la communauté.

Myriam et Fernando, Yorkin  Yael et le hamac, Yorkin

Nous voilà donc à Yorkin, à la frontière panaméenne, où nous débarquons en face de l’école communale (fermée aujourd’hui mais accueillant une cinquantaine d’écoliers). Ici vivent 70 familles, toutes plus ou moins unies. Les Bribris sont plutôt petits de taille, trapus et costauds. Ce sont des Amérindiens, donc d’origine asiatique, avec les yeux bridés, les cheveux noirs et peu de poils. De plus ils sont vraiment très ouverts, souriants et sympathiques, en tout cas dans la communauté (matriarcale) qui nous accueille.

Dans la salle à manger, à côté de la cuisine où s’activent des femmes et un jeune homme, nous faisons d’abord connaissance avec quelques autochtones autour d’un café.

Nous allons ensuite nous installer un peu plus loin dans une grande maison de bois très aérée avec trois salles de bain communes. Chaque chambre a quatre lits (deux fois deux lits superposés) assez larges et équipés de matelas, draps, oreiller et moustiquaire. J’ai ma chambre individuelle, c’est parfait. Pas d’électricité ici, l’installation solaire étant hors d’usage et les fonds manquants pour la réparer.

Notre écolodge, Yorkin  Cuisine bribri, Yorkin

Retour à la salle à manger où Myriam nous parle de la vie locale. Avec ses sœurs et amies, elle a initié un projet il y a une vingtaine d’années, dans une période difficile (les cacaotiers qui les faisaient vivre mourant de maladie) afin de pouvoir continuer à vivre ici en gagnant un peu d’argent. Outre le fait de conserver et réactiver les traditions bribris qui se perdaient, elles ont décidé d’accueillir des touristes écolos en mal de nature et de produire un peu d’artisanat local. Tout cela fut très mal vu de la part des hommes du village, dont certains sont partis (les femmes, à la maison !).

Le projet a mis du temps à démarrer, évidemment. Il a été aidé par une association américaine et des volontaires étrangers et, aujourd’hui, entre 1 200 et 1 500 touristes sont accueillis chaque année, ce qui est pas mal. Le gouvernement local a pris aussi en charge la construction et le fonctionnement d’une école communale, d’un collège et d’un centre de soins où un médecin vient deux fois par mois. Et puis, après maintes tergiversations, les Bribris ont finalement accepté la construction d’une piste il y a quelques mois, toujours pas en fonctionnement à cause de deux éboulements (si j’ai bien compris). Fort intéressant. 

A Yorkin  Artisanat local, Yorkin

Après un déjeuner tout à fait correct (du vrai poulet de ferme), nous partons en promenade avec un habitant qui nous montre les différentes plantes médicinales qui croissent un peu partout. Visite rapide du petit collège, accueillant normalement 35 élèves. Rencontre de jeunes Bribris à cheval et chargés, rejoignant une autre communauté dans la montagne. Nous continuons jusqu’à la rivière Skuy (le coin est très arrosé !), traversée par un pont de bois suspendu. Là, petit endroit où nous pouvons nous baigner. La fraicheur de l’eau est bien agréable. J’en profite pour laver mes chaussures, chaussettes et short car je suis tombé en chemin dans un passage boueux (mes compagnons croyaient que j’avais fait exprès !) ; j’étais dans un état ! Bref, après la baignade, c’est entièrement mouillé que je suis revenu à notre maison. Vu l’humidité régnante (plus de 95 %) il y a peu de chance que cela sèche. Pas vu d’animaux (à part les insectes) !

Bribris à cheval, Yorkin  Pont sur le rio Skuy, Yorkin

Marlon, jeune homme Bribri aux cheveux longs, nous initie ensuite à la confection des panneaux de palmes pour les toitures (elles tiennent dix ans) puis au tir à l’arc (pas si facile !). Bonne rigolade.

Entonces (un mot espagnol sans cesse employé par les gens d’ici), dans la salle à manger, démonstration de fabrication du cacao : ouverture des coques, pilage des graines, tamisage pour retirer les bouts de coques de la graine pilée, confection de jus de cacao puis, le moment que tout le monde attendait, dégustation (avec de la banane, un régal). Temps libre, diner simple (ici, presque tout est bio), courte soirée (certains jouent aux cartes ou aux dominos, jeux visiblement prisés ici). Pas mal de bestioles. Discussion animée et amusante (politico-économique) ; Frédéric est particulièrement déchaîné (et tout en finesse). Nous ne traînons pas, tout le monde va se coucher peu après 20H. J’aime bien cette atmosphère de bout du monde. En tout cas, j’ai passé une très bonne journée. Une fois n’est pas coutume : nous n’avons pas eu de pluie !

Jean-Marc et Marlon, Yorkin  Michèle et le chocolat, Yorkin 

 

Dimanche 5 : Bonne nuit, mais j’ai eu un peu froid au petit matin ; une couverture aurait été la bienvenue. Réveil à 5H, lever une heure plus tard. Ciel uniformément gris : il pleuvine. Mes vêtements n’ont pas séché ; aussi, quelle idée a eu Nomade Aventure de nous demander d’amener des vêtements en coton, qui ne sèchent jamais !

Petit-déjeuner de galettes et beignets de maïs (galettes plus cuites que nos panisses provençales). 

Cours de bribri avec Janina et Fernando, Yorkin  Mante à capuchon, Yorkin

Puis cours de bribri avec Janina, une jeune fille : Bê skena ? (comment allez-vous ?) Yê skena bueaê bueaê (je vais très bien). Yê kiê Didier (je m’appelle Didier) (y soy muy intelligente).                                          

Alors que la pluie a cessé, le groupe part en promenade pour voir les cultures de canne à sucre. Vu le temps, je préfère rester pour écrire mon journal de bord. Et puis j’ai déjà tant visité de plantations de canne ! Vu la pluie qui se remet à tomber, j’ai bien fait de m’abstenir, ce sont des petits canards que je risque de voir revenir tout à l’heure (après avoir quitté la canne). Justement, à 10H45, ils reviennent, ravis (mais certains un peu boueux) et, ô merveille des merveilles, Michèle m’a ramené une petite bouteille d’un délicieux jus de canne mélangé avec du fruit de la passion et du citron.

Retour de marche, Yorkin  Chenille de papillon, Yorkin

Nous déjeunons dès midi, plat unique mais très bon, puis faisons nos adieux à cette gentille population. Quelques dernières photos : fruits d’arbre à pain, chenille de papillon, plant de narangilles…

A 13H15 nous sommes dans nos deux barques et commençons notre redescente du fleuve, bien plus rapide dans ce sens. Il nous faut à peine 45 minutes pour arriver à Bambu. Là nous attend un taxi-minibus. Mauvaise piste puis bonne route nous conduisent à Cahuita en moins d’une heure (35 km).

Vers 15H30 me voici de nouveau dans mon studio pour handicapé, je n’ai pas pu avoir un des autres studios, occupés. Je travaille un peu puis rejoins mes compagnons dans l’hôtel d’à côté qui a une minuscule piscine qui me rafraichit bien. A 17H, nous partons à pied pour une surprise. Traversée du village bien tranquille. Nous longeons la côte : peu de plage et vagues puissantes.

A Cahuita  Côte caraïbe, Cahuita

La piste nous mène en 25 mn jusqu’à un joli lodge : ce sont de petits bungalows répartis dans un jardin luxuriant. Une belle piscine agrémente le lieu. Fernando y tombe tout habillé (mais ce n’est pas la surprise) ; c’est la troisième fois qu’il tombe aujourd’hui. Espérons que son téléphone n’ait pas trop souffert ! Il le dit que les chambres ici sont meilleur marché que dans nos hôtels respectifs, car le lieu est plus éloigné du centre. L’endroit est charmant et j’ai un peu de mal à comprendre pourquoi nous ne résidons pas ici !

La nuit tombe. Et la surprise alors ? Une employée fouille dans les feuilles d’arbre. Serpent arboricole ? Chauve-souris ? Iguane ? Oiseau ? C’est Fernando qui trouve : c’est une toute petite grenouille qu’il rapporte dans sa main, une rainette aux yeux rouges, qui a aussi le bout des pattes rouges et des dessins bleus et jaunes sous le corps. Magnifique ! Troisième espèce de grenouilles que je peux voir (sur une quarantaine). Je suis vraiment heureux. Plus que 37…

Nous nous installons ensuite dans un bar, je n’aime pas ça mais mes compagnons insistent. La boisson alcoolisée que j’ai demandée n’étant pas dispo, j’y vois un signe et préfère rentrer tout seul à l’hôtel (l’alcool m’est normalement interdit, en plus je dis des bêtises lorsque je bois, ce qui n’arrive jamais autrement). Bon, même sobre je me perds et fais un grand détour avant de demander ma route. Sur mon ordi jusqu’à 22H30.

Rainette aux yeux rouges (Agalychnis callidryas), Cahuita  Rencontre à Cahuita

 

Lundi 6 : Réveil à 5H15, bien trop tôt. Mal de reins (j’étais mal installé dans le taxi hier après-midi). Il pleuviote. Excellent petit-déjeuner à mon hôtel puis, avec mon sac à dos, je rejoins mes compagnons à côté à 8H.

La pluie s’est arrêtée et nous partons alors à pied visiter le parc national de Cahuita qui longe la mer des Caraïbes. Balade de trois heures aller-retour durant laquelle nous pouvons observer quatre iguanes verts (dont un blessé à l’œil), un trogon échelette (oiseau rouge et bleu), un paresseux, un basilic vert, de nombreux singes capucins dont deux pas sympathiques du tout (agressifs, quand ils montrent leurs dents, ça fait peur !), deux alouates (singes hurleurs) et quelques insectes et crabes. Mais ni grenouilles, ni serpents.

Paresseux à deux griffes, parc national de Cahuita  Trogon échelette, parc national de Cahuita

Jus de fraise et déjeuner de bonne heure chez Ricky’s : je choisis un ceviche de poisson et crevettes, bon mais ridiculement petit ; heureusement, Michèle n’aime pas le sien et me le donne.

Retour à l’hôtel où nous faisons nos adieux à Fernando qui retourne à San José d’où il repartira demain pour chez lui, au Nicaragua. Quant à nous, nous embarquons dans un taxi-minibus étroit, les bagages posés sur le toit et à peine attachés. Heureusement, il ne pleut pas ! Nous n’allons toutefois qu’à une demi-heure et 20 km de là, juste après le village touristique de Puerto Viejo de Talamanca, près de la plage de Coclès.

Singes capucins, parc national de Cahuita  Basilic vert, parc national de Cahuita

Nous voilà à l’hôtel Tierra de Sueños pour trois nuits. J’y occupe un joli bungalow rustique avec une terrasse et un hamac, mais trop proche des autres bungalows situés à quelques mètres (pas d’intimité). De plus, pas de Wifi, sauf à l’accueil, et cela m’ennuie beaucoup. Contrairement à ce qui était annoncé sur le programme, il n’y a pas grand-chose à faire ici, où nous sommes à 7 km du centre-ville. D’après le patron de l’hôtel, le snorkeling n’a aucun intérêt ici (moi qui me balade depuis le début du voyage avec mes palmes, mon masque et mon appareil photo sous-marin dans mon sac !). Je vais faire un tour à la mer, à 19 mn à pied : plage de sable étroite mais peu de fonds et beaucoup de vagues. Bref, je suis très déçu : je serais beaucoup mieux chez moi et à moindre coût.

Le soir, nous allons diner ensemble. Tout est cher ici et le service très long : une heure et demie pour avoir une grande pizza, bonne il est vrai, à 22 euros ! Nous rentrons sous le tonnerre, juste avant la pluie. Puis je m’installe jusqu’à 22H30 à la réception. Ah, ces moustiques !

Mon bungalow, hôtel Tierra de Sueños, Puerto Viejo de Talamanca  Plage de Coclès, Puerto Viejo de Talamanca

 

Mardi 7 : Réveil vers 6H, nuit très calme. Il fait beau. Quelques oiseaux chantent mais je n’aperçois que des tyrans quiquivi. Tiens, l’agouti se promène mais, installé dans le hamac, je n’ai pas mon appareil photo sous la main.

Excellent et copieux petit-déjeuner à 8H. Puis le groupe s’en va à pied au centre-ville (7 km). Vu la chaleur et mon âge avancé, je préfère rester au lodge et continuer mes recherches sur la faune et la flore costaricaine. Une jeune employée tica, Maria, me fait faire le tour du jardin du lodge et me présente toutes les sortes de fleurs (dont une se mange) et de plantes. Beaucoup de jeunes filles rôdent par ici ; non, ce n’est pas pour moi : outre le personnel, elles sont 5 volontaires qui travaillent environ 5 heures par jour et 5 jours par semaine contre le gite et le couvert.

Ouf, je reste sur Internet jusqu’à 14H et il me manque toujours une quinzaine de noms de plantes et fleurs !

Bananes rouges décoratives, hôtel Tierra de Sueños, Puerto Viejo de Talamanca  Plante grimpante, Puerto Viejo de Talamanca  

Heliconia rostrata, hôtel Tierra de Sueños, Puerto Viejo de Talamanca

Je bouquine ensuite dans mon hamac puis me rends à 15H au restaurant argentin La Botanica, qui se trouve sur la route juste à côté de mon lodge. Il est tenu, comme c’est bizarre, par un Argentin. Mais la serveuse est afro-caribéenne, comme la plupart des gens vivant sur la côté caraïbe (descendants d’esclaves venant des Caraïbes). Je prends le plat du jour, bon marché (4 €) : morceaux de poulet panés, bananes plantin frites et pommes de terre en tranches frites ; j’apprécie.

Je vais ensuite à la plage où je me balade, prends quelques photos (dont un faucon) et bouquine au calme. Toujours beaucoup de vagues et très peu de baigneurs. A la tombée de la nuit, retour dans mon bungalow. Ah, s’il y avait une piscine, ce serait le bonheur !

Je ne vais pas diner ce soir et passe encore beaucoup de temps sur mon ordinateur à la réception à chercher le nom des fleurs ; il m’en manque sept. Puis je mets à jour mon journal de bord. Les moustiques sont voraces ce soir, malgré mon répulsif. Retour dans mon bungalow vers 21H45 où je bouquine encore avant de m’endormir.

Poulet/frites, restaurant La Botanica, Puerto Viejo de Talamanca  Faucon, Puerto Viejo de Talamanca

 

Mercredi 8 : Je me lève à 5H30, il pleuvine. Ce sont des rugissements d’animaux qui m’ont réveillé ; un jaguar ? Non, ce sont des singes hurleurs (alouates) que je n’aperçois pas. Comme hier matin, copieux petit-déjeuner. Nous ne sommes que sept, trois jeunes étant partis plus tôt faire une excursion de rafting.

A 9H, nous partons à six, à pied, jusqu’au Jaguar Centro de Rescato que nous atteignons en vingt minutes. Il s’agit d’un refuge animalier, orphelinat et clinique pour toutes sortes d’animaux protégés. Certains, une fois soignés ou élevés, peuvent être relâchés dans la nature sous certaines conditions.

Plusieurs dizaines de volontaires (bénévoles) de nombreux pays travaillent ici et le centre ne reçoit aucune aide gouvernementale. L’entrée coûte 20 US$ (une donation en fait) et donne droit à une visite guidée en anglais d’un peu plus d’une heure et demie.

Paresseux à trois doigts, Jaguar centro de recate, Puerto Viejo de Talamanca  Ara de Buffon, Jaguar centro de recate, Puerto Viejo de Talamanca  Singe araignée, Jaguar centro de recate, Puerto Viejo de Talamanca

Cecilia, notre guide argentine, nous donne pas mal d’explications et anecdotes sur les résidents ; elle parle beaucoup (c’est une femme…). Il fait chaud (33° avec 83 % d’humidité, je ruisselle). Nous pouvons voir au fil de notre visite, en liberté ou dans des enclos :

- quelques serpents dans des cages, entre autres : serpents corail, crotales (serpents à sonnette), serpents léopard

- des perroquets : amazones à lores rouges, aras de Buffon, perroquets verts du Costa Rica, aras Macao, amazones vertes

- des singes : alouates (singe hurleur), singes capucins, saïmiris (singes-écureuils) et singes araignées

- beaucoup de paresseux à deux ou trois doigts, dont de nombreux bébés

- des mammifères divers : un pécari (famille des porcs), une biche à queue blanche, un agouti, deux margay (chats-tigres)

et puis deux ou trois crocodiles, mais ni jaguar, ni grenouilles.

Ce qui est certain, c’est que cette visite m’a vraiment beaucoup plus.

Serpent corail, Jaguar centro de recate, Puerto Viejo de Talamanca  Pécari, Jaguar centro de recate, Puerto Viejo de Talamanca

Retour au lodge vers 11H45. Installation sur mon hamac, nu, et lecture. J’aperçois enfin un groupe de singes hurleurs sur les arbres, juste en face. Ils hurlent par moment, en fait chaque fois que Marine passe sur le chemin de son bungalow (un hasard ?). Un couple d’agoutis se promène lais fuit dès que je prends mon appareil photo. Des oiseaux sifflent, sans doute des tyrans quiquivi.

Bébé alouate (singe hurleur), Jaguar centro de recate, Puerto Viejo de Talamanca  Margay (chat-tigre), Jaguar centro de recate, Puerto Viejo de Talamanca

Bonne douche froide dans l’après-midi pour faire baisser la température de mon corps. A 16H, je vais prendre mon déjeuner/diner à côté, au restaurant La Botanica : un steak, qui n’est malheureusement pas argentin comme le patron, avec une bonne garniture de salades, bananes et pommes de terre.

De retour, lecture puis, extrêmement mal installé près de la réception (table basse, fauteuil en bois fort inconfortable et peu de lumière) et attaqué par de petits moustiques voraces (je sais que j’ai bon goût), ordinateur de 18H30 à 23H10 (énormément de recherches sur les plantes et animaux). Peu après, il se met à pleuvoir.

Bébés paresseux à trois doigts, Jaguar centro de recate, Puerto Viejo de Talamanca  Alouates (singes hurleurs), hôtel Tierra de Sueños, Puerto Viejo de Talamanca

 

Jeudi 9 : Des singes hurleurs me réveillent, malgré mes boules Quiiès, avant 5H du matin ; ça me rappelle ce satané (c’est le mot) appel à la prière des pays musulmans. Il tombe quelques gouttes. Préparation de mon sac ; nous quittons ce lodge ce matin, enfin !

Franchement, je ne comprends pas pourquoi Nomade aventure l’a choisi, si ce n’est pour son prix. Certes, on peut lui trouver un certain charme (7 bungalows en bois répartis dans un jardin et nous sommes les seuls clients), mais il ne me convient pas du tout car je préfère le pratique à l’esthétique. Outre la promiscuité dont j’ai déjà parlé (mon bungalow est coincé entre deux autres qui se trouvent à moins de quatre mètres) et donc le manque d’intimité, le mien est intérieurement petit et très mal équipé : en fait, il n’y a rien à part un lit, une moustiquaire, des étagères, une petite table basse (j’ai dû prendre une chaise à la salle à manger et c’est très difficile de travailler comme ça), un petit coffre-fort et un ventilateur de plafond à une seule vitesse. Comme il n’y a pas de vitres aux fenêtres, tout est très humide, rien ne sèche. La lumière est très insuffisante. La petite salle de bain est correcte toutefois et la terrasse couverte plutôt agréable avec son hamac (elle mériterait aussi un ventilateur). Pas d’eau potable (eau filtrée dispo à la salle à manger). Les petits-déjeuners sont plutôt bien (pour qui aime le riz) mais ne sont servis qu’à partir de 8H. Pas de restaurant. L’ensemble est propre et bien entretenu.

Ce lodge est situé à 7 km du centre-ville, en bord de route (peu passante heureusement), qu’il faut traverser pour se rendre à la plage en dix minutes (pour atteindre la mer, autrement il faut beaucoup plus de temps pour trouver une plage où l’on puisse un peu se tremper sans risque). Pas de piscine, ce qui est aberrant compte-tenu de la chaleur ! Peu d’activités intéressantes pour moi qui ne suis pas un surfer (trop de vagues et pas de snorkeling). L’endroit est envahi de « volontaires » plutôt babacools (une dizaine ?), donc forcément un peu bruyant la journée ; il est d’ailleurs difficile de savoir qui fait partie du personnel ou non. Et, pour couronner le tout, comme je le disais hier soir, le Wifi n’est accessible que près de la réception dans un endroit extrêmement inconfortable et peu éclairé là encore. Bref, je suis non seulement dévoré par les minuscules moustiques malgré mon répulsif, mais j’ai les reins cassés et le cul en biberine (expression marseillaise). Voilà mon point de vue, qui n’est peut-être pas partagé par les autres.

Tyrans quiquivi, Coope Silencio  Plage de Coclès, Puerto Viejo de Talamanca

C’était mon moment d’énervement, d’incompréhension et de désespoir… La prochaine fois, je demanderai le nom des hôtels avant de m’inscrire. Finir un séjour comme ça me fout en rogne ; je serai tellement mieux chez moi (je sais, je me répète…). Je suis fracas (autre expression marseillaise) et il ne me reste qu’à espérer que le véhicule qui nous ramènera ce matin à San José sera confortable ! (car ce voyage est quand même chérot !)

Nous avons réussi à avoir notre petit-déjeuner à 7H ce matin et, à 8H, un bus arrive pour nous récupérer. Surprise : c’est Dago ! Le temps de tout charger, nous prenons la route. Ce bus est moins confortable que l’ancien, les genoux touchent le dossier de devant, mais qu’y faire ? Nous remontons au nord-ouest, vers San José, la capitale. Enormément de circulation, beaucoup de lents poids-lourds et quelques gouttes de pluie.

Iguanes verts, parc national de Cahuita  Supermarché sur la route de San José

Nous passons un supermarché « Super Negro » ; pourrions-nous appeler un magasin de ce nom en France ? Au bord de la route, beaucoup de vendeurs de ramboutans, ce délicieux fruit proche du litchi. 1,5 € le kg, ce n’est vraiment pas cher ! Plusieurs panneaux « Pipa » : est-ce un secteur pour les péripatéticiennes ? Non, pas du tout : ici, la pipa est une noix de coco. Dix minutes d’arrêt à mi-chemin. Et de nouveau les bouchons (travaux notamment). Enfin, à 13H20, Dago nous dépose devant notre hôtel de San José. 5 heures pour faire 228 km !

L’hôtel Palm House Inn est très bien situé, en plein centre-ville, mais n’est pas très grand, les chambres non plus. La mienne, située juste derrière la réception, dont j’entends parfaitement le téléphone, a deux petits lits, une petite fenêtre, un petit bureau, un petit ventilateur de plafond, une petite salle de bain et une seule petite prise de courant, à côté de la petite télévision (le bureau étant à trois mètres de là !). Bon Wifi, c’est déjà ça !

La cathédrale, San José  Le théâtre national, San José

Je sors vers 15H pour faire un petit tour dans le quartier. Pas grand-chose à voir : la cathédrale, le théâtre national (à moitié recouvert de bâches), la place de la Culture, la place de la Démocraties… Un gros orage éclate et je me réfugie dans un Burger King où je déjeune (enfin de la bonne viande !). Puis je flâne dans une rue commerçante, c’est le temps des soldes. Beaucoup de restaurants, de commerce de vêtements et chaussures, de coiffeurs. Pizzas géantes. Pâtisseries.

Retour dans ma chambre à 17H. Deux heures plus tard, nous sortons pour diner tous les dix au restaurant Nuestra Tierra. Dernière soirée ensemble. Guitariste à belle voix interprétant des chansons cubaines, mexicaines et autres. Bons plats à prix corrects. A 21H, je suis rentré et termine mon journal de bord du jour. Je fais aussi le check in de mes vols de demain ; j’ai de la chance, j’ai encore été surclassé gratuitement par Air France sur un siège plus spacieux pour les jambes. Comme à l’aller, je voyagerai de Panama City à Roissy à côté de Jean-Marc.

Déluge, San José  Dernière soirée, restaurant Nuestra Tierra, San José

 

Vendredi 10 : Pas bien dormi dans mon petit lit, obligé de me réveiller à chaque fois pour me retourner ; il faudrait que je change de format ! Levé à 5H30. Je continue mes recherches de plantes sur Internet. Ah, si je connaissais un botaniste (faites-moi signe si vous en connaissez un, svp) !

Petit-déjeuner frugal : j’ai demandé un troisième toast, qui m’a été refusé. Tout est petit petit ici ! Je ne garderai pas un bon souvenir de ces derniers jours, dommage !

Grosse discussion entre nous : trois personnes du groupe se sont rendues-compte qu’elles s’étaient faites voler de l’argent dans leur valise, des sommes assez conséquentes (jusqu’à 50 €) et pensent que cela s’est produit au lodge de Puerto Viejo, mais sans certitude. Du coup, je vérifie mon argent : il ne me manque que 12 US$, ça va…

Un véhicule doit venir nous chercher à 9H30 pour nous conduire à l’aéroport, situé à 18 km. A 9H, c’est Dago qui arrive ! Je ne suis pas prêt ! Nous partons 20 mn plus tard en traversant un vieux quartier de la ville. Ça roule mal, quels embouteillages ! Dago nous laisse à l’aéroport à 10H15. Nous avons le temps… Adieu, Dago !

Mon déjeuner/diner d'avant-hier à Puerto Viejo de Talamanca  Ça c'est de la pizza !, San José

Cet aéroport n’est pas très grand. Peu de monde devant nous au comptoir d’enregistrement de Copa Ailines mais ça dure, ça dure. Et puis nous apprenons que le vol est surbooké ! Nous sommes six présents, les quatre personnes qui avaient été refusées sur notre vol à l’aller ayant été redirigées, en compensation, sur un vol Air France direct jusqu’à Roissy, en fin d’après-midi. Deux d’entre nous arrivent à avoir une carte d’enregistrement puis, une demi-heure plus tard deux autres. Il ne reste plus que Christine et moi, on nous demande de patienter. Deux heures debout, c’est fou !

Finalement, alors que nos quatre compagnons ont déjà embarqué sur le vol de 12H46, nous obtenons une place sur le suivant, à 15H13 (c’est précis ici !). Et, comme je n’aurai plus le temps de récupérer mon bagage à Panama City pour le réenregistrer sur Air France, celui est enregistré jusqu’à Marseille (pourvu que… ; je croise les doigts). 

Centre national de la culture, San José  Aéroport, San José

Je me suis fait remettre sans difficulté deux bons de 21 US$ pour que nous puissions déjeuner, ce que nous faisons après avoir passé l’immigration et les contrôles de sécurité. Pour moi bonne assiette de riz et poulet chez Teriyaki Experience (un fastfood chinois ?). Il ne nous reste plus qu’à patienter (Wifi gratuit mais lent).

Ça y est, nous embarquons ! Nous avons des places jointes mais des familles ont leurs enfants parsemés dans l’avion et nous leur laissons nos sièges. C’est la pagaille générale ! Nous allons plus au fond et sommes séparés, pas grave.

Perruche, Coope Silencio  Caladium cœur de Jésus, Puerto Viejo de Talamanca

Le Boeing B737-700 de la Copa Airlines, « la compagnie la plus fiable d’Amérique Latine », est non simplement complet, mais les hôtesses s’aperçoivent qu’il y a une personne en trop ! Au micro, elles proposent un dédommagement de 300 $ pour le passager qui serait d’accord pour prendre un vol deux heures plus tard. Puis 500 $. A 600 $, un monsieur se lève et quitte l’avion sous les applaudissements. Et, bien sûr, nos avons pris du retard. Décollage à 15H35. Nous atteignons de suite les nuages. Adios Costa Rica ! Adios, los Ticos !

Vol sans problème. Atterrissage à Panama City à 17H45 heure locale (durée 1H10, décalage horaire de +1H). A la descente de l’avion, aucune indication, pas de comptoir de transit. A force de demander, nous trouvons un guichet Air France qui nous délivre nos cartes d’embarquement. Et nos quatre autres compagnons sont là. De nouveau rassemblés !

La nuit tombe et nous attendons notre vol. Embarquement dans un Boeing 777-200 et décollage à l’heure, à 20H. Je suis assis à côté de Jean-Marc, regarde une vidéo, dine un peu plus tard puis dors environ 4H dans une position inconfortable.

Envol, San José  Survol de la région de San José

 

Samedi 11 : Atterrissage à Roissy à 13H (durée 10H, décalage horaire de +7H). Petit train pour me rendre au terminal 2F et aurevoir aux survivants du groupe, je suis le seul à voler sur Marseille. Un peu d’Internet en attendant mon vol.

L'Airbus 1321 d'Air France décolle en retard, à 15H45 et atterrit à Marseille-Provence à 16H50. Mon bagage est là. Bus, métro. J'arrive chez moi vers 18H15. Un peu fatigué. Et content d'être rentré.

Ballerine orchidée, hôtel Tierra de Sueños, Puerto Viejo de Talamanca  Héliconia, hôtel Tierra de Sueños, Puerto Viejo de Talamanca  Cigale, Coope Silencio